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Oust à Brocéliande

Publié le 2 juin 2017

Malestroit. Médecins : enquête sur la grande embrouille

Bruno Gicquello, à droite, et Jean-Paul Lembelembé, mardi soir au conseil

« Si les choses se passent comme prévu, à la fin de l’année on devrait avoir les 5 médecins qu’il nous faut… ». C’était la perspective affirmée par le premier adjoint de Malestroit, Jean-Paul Lembelembe lors du conseil municipal du 16 février dernier. Ce spécialiste des questions médicales de la ville de Malestroit avait même détaillé le planning des opérations : l’installation d’un médecin dès le mois d’avril et l’arrivée « d’un jeune couple de médecins très intéressé » pour effectuer des remplacements en avril-mai puis s’installer. Donc, deux médecins déjà en place, auxquels s’ajoutent un nouveau médecin, plus un couple de jeunes remplaçant, ça fait bien cinq. Comme parfois il arrive que la mémoire défaille, nous diffusons ci-dessous la vidéo de ce conseil municipal au cours duquel le premier adjoint avait fait cette déclaration. Il avait d’ailleurs expliqué que cette situation lui posait problèmes puisque du coup, vu l’affluence de candidatures, il ne pouvait plus proposer de places dans la maison de santé…

C’est en fait un tout autre schéma qui se dessine et qui est bien moins réjouissant. Alors, autant vous le dire tout de suite, la recherche de la vérité est un peu compliquée à Malestroit où l’exécutif a du mal à répondre clairement aux questions qu’on lui pose. On va essayer de reprendre point par point le cheminement d’un dossier qui tourne sinon au fiasco, au moins à la farce.

Lors du dernier conseil municipal, une élue pensant sous doute permettre au premier adjoint de valoriser son action au service de la ville, lui demande de faire le point sur le dossier des médecins. « C’est juste le sujet que je ne voulais pas aborder », murmure alors Jean-Paul Lembelembe. « Nous aurons dès le début (ndlr de la maison de santé), les deux médecins déjà en place, un jeune couple dont je vous avais déjà parlé qui a rencontré les médecins de Malestroit, mais aussi ceux du secteur et qui va effectuer des remplacements… » (à réécouter en intégralité dans la vidéo du dernier conseil à partir d’1h49, en cliquant ici). Ce jour-là donc, on ne parle plus de l’arrivée d’une femme-médecin supplémentaire.

Le lendemain nous interrogeons Bruno Gicquello sur cette omission qui nous déclare « Nous n’avons plus aucune nouvelle d’elle depuis deux mois, donc nous considérons qu’elle ne vient plus ». Et Bruno Gicquello avance comme solution potentielle le prolongement de l’opération « cabinet de médecins retraités » au delà de sa fin annoncée au 31 août. Rassurant, il affirme que la mairie croule sous les demandes d’installation de nouveaux médecins

En raison de nouvelles informations qui nous parviennent, nous recontactons Bruno Gicquello il y a quelques jours pour lui demander de refaire un point précis de la situation. Car le jeune couple de médecins effectue bien des remplacements, mais pas du tout sur la ville de Malestroit. L’un d’entre eux assurera celui du médecin de Pleucadeuc cet été. On comprend mieux l’inflexion dans le discours de l’exécutif malestroyen qui parle désormais du secteur de Malestroit. Et puis surtout, Bruno Gicquello affirme que la femme-médecin dont on parle depuis des mois et qui n’était plus attendue il y a quelques semaines aurait repris contact avec les services de la mairie. « C’est un dossier qui est toujours d’actualité.., affirme Bruno Gicquello. Elle est toujours intéressée pour venir à Malestroit. Dès qu’elle le peut elle s’installera dans la maison de santé ». Mais pourquoi tant de retard? « C’est l’administration, c’est pas simple! ».

Enfin, c’est surtout un dossier qui prend des allures de serpent de mer…

« La maison de santé aurait du être faite il y a 5-6 ans »

Le  docteur Loïc Hervé, qui est à l’origine de l’opération médecins-retraités fait des bonds. « Nous ne connaissons pas cette candidate, elle n’a jamais rencontré les médecins en place… », s’insurge-t-il.

Quand au jeune couple dont l’arrivée était annoncée dès le mois d’avril-mai par le premier-adjoint, son installation à Malestroit ne serait pas prévue avant juillet 2018, nous explique Loïc Hervé.

Au cours de notre entretien téléphonique, Bruno Gicquello concède que « pour avoir 5 médecins à Malestroit, il va bien falloir deux ans ». Une situation qui selon lui incombe à d’autres. « On a pris dix ans de retard dans le dossier de la maison de santé. Celle-ci aurait du être faite il y a 5-6 ans. A l’époque on savait qu’il y aurait des problèmes, on les connaissait et ils n’ont pas été assez anticipés. Nous, on reprend le bébé, on va y arriver, mais il faut du temps… », ajoute-t-il.

Donc la rentrée prochaine ressemblera à s’y méprendre à celle de l’année dernière. On est sur que Malestroit aura toujours ses deux médecins en poste, mais c’est tout. Mais il restera le dispositif provisoire des médeins-retraités. Lors d’une conférence de presse, en février dernier, la CPAM et l’ARS avaient confirmé leur accord pour que cette solution soit prolongée de deux fois trois mois, c’est à dire jusqu’au 31 août prochain. « Mais ça n’ira pas au-delà », avaient affirmé les deux organismes. Aujourd’hui, Bruno Gicquello se déclare certain que le dispositif sera prolongé aussi longtemps que nécessaire et en tous cas au moins jusqu’à la fin de l’année en cas de problème « mais dès que nous aurons ne serait-ce qu’un méedecin en place, ce dispositif sera immédiatement levé », souligne-t-il.

Nous avons évidemment posé la question du prolongement de l’expérience à la CPAM du Morbihan dont les plus importants responsables avaient fait le déplacement de Malestroit. « On ne souhaite pas communiquer sur le sujet pour l’instant. Il faut laisser faire les choses…. », nous a-t-on répondu. Les administrés apprécieront cette communication qui leur permet de… ne rien savoir sur ce que sera leur environnement médical à l’automne.

Voici donc ce que nous pouvions écrire sur le sujet pour l’instant. Nous avons voulu vous faire partager les difficultés d’accéder à la vérité à Malestroit où les déclarations intempestives et les effets de manche ont de plus en plus des allures d’écran de fumée. Et encore, nous avons d’autres informations sur cette affaire du désert médical malestroyen, mais il va nous falloir un peu de temps pour les éclaircir, pardon, « pour les recouper », comme diraient les experts journalistiques locaux.

Dans tout ça, il y a quand même une bonne nouvelle : les médecins se sont déjà installés dans la maison de santé qui devrait être inaugurée après le deuxième tour des élections législatives, le 19 juin.

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