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Oust à Brocéliande

Publié le 28 septembre 2016

Malestroit. Crise médicale : un mois pour réussir

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C’est une course contre la montre qui est donc engagée à Malestroit pour faire face au départ inattendu d’un des trois derniers médecins en activité à Malestroit. L’Agence régionale de santé (ARS) a confirmé ce mercredi matin au préfet du Morbihan la faisabilité du projet élaboré par la municipalité de Malestroit. Il s’agit d’avoir recours à des médecins, jeunes retraités du secteur de Malestroit qui reprendraient du service. Ils sont 5 à avoir répondu positivement à l’appel de l’un de leurs deux collègues encore en activité. Chacun d’entre eux assurerait une journée de permanence, c’est à dire qu’il y aurait l’équivalent d’un médecin à temps plein toute la semaine. Il s’agit d’une solution provisoire, destinée à attendre l’ouverture de la maison médicale, prévue en mars-avril. « La limite ce n’est pas l’ouverture de la maison de santé, c’est l’arrivée d’un nouveau médecin », rectifie le préfet Raymond Le Deun.

Car ce dernier qui visitait aujourd’hui la ville de Malestroit s’est longuement entretenu avec les médecins retraités. Il leur a confirmé que l’ARS était favorable à cette solution dans la mesure où elle a déjà été mise en oeuvre ailleurs en France. Mais les médecins ont soulevé un certain nombre de points qui posent problèmes. Car si l’ARS est d’accord, encore faut-il obtenir le feu vert de l’Ordre des médecins et résoudre les difficultés liées au fonctionnement de cette structure. Car les médecins se disent prêt à assurer la transition mais par leurs actes médicaux (consultations, prescriptions…), mais ne veulent pas entendre parler de l’intendance (local, matériel, secrétariat…) ni même d’être amenés à cotiser aux caisses professionnelles (retraites, URSSAF…). L’un d’entre eux a précisé qu’il ne signerait pas une ordonnance à son nom, mais au nom d’une structure juridique qui reste donc à définir.

Un consultant qui travaille actuellement sur le projet santé du pôle de Malestroit et qui apporte son expertise sur le problème actuel du remplacement d’un médecin, présent ce matin à cette réunion, a souligné que « si le projet n’était pas mis en oeuvre dans les 30 jours, il n’y aurait pas de projet ». La conclusion de cette rencontre très animée est bien que la mairie va essayer d’organiser une réunion de l’ensemble des parties concernées dans les tous prochains jours, mettant autour de la table des représentants de l’ARS, de l’ordre des médecins et des caisses concernées pour tenter de répondre à toutes ces questions. L’un des objectifs et non des moindres sera sans doute d’obtenir une accélération des procédures administratives.

On peut imaginer que tout le monde va mettre du sien dans ce dossier pour qu’il aboutisse, mais rien n’est encore gagné. « On se lance dans une longue aventure… », murmurait l’un des médecins à sa sortie de la réunion.

Dossier vidéo à suivre

Ne manquez le dossier vidéo que nous venons de diffuser sur notre Web télé. Vous pourrez suivre comme si vous y étiez la réunion et les échanges très intéressants qui ont eu lieu entre le préfet du Morbihan, le maire de Malestroit et les médecins retraités.

Vous y entendrez aussi le gros coup de gueule poussé par l’un des deux derniers médecins en poste à Malestroit, le docteur Loïc Hervé. CLIQUEZ ICI

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4 commentaires "Malestroit. Crise médicale : un mois pour réussir"

  1. Je suis entièrement en accord avec les propos avancés par le Docteur Hervé. Même si Malestroit se trouve confronté à un manque brutal et réel de médecin généraliste ; il ne s’agit pas d’une crise locale de pénurie de médecin. Le problème est bien plus large.
    Ce n’est pas nouveau et les pouvoirs publics au plus haut lieu doivent en débattre. La réaction de ce praticien est très bien fondée. J’attends avec impatience que des mesures concrètes puissent être trouvées pour qu’enfin, notre médecine puisse mériter les espoirs que l’on attend d’elle.
    Les jeunes médecins en « fin d’études » ne pourraient t-ils pas rejoindre leurs confrères plus aînés pour ainsi faire leur premiers pas ?
    Ces jeunes médecins ne pourraient-ils pas se faire « chaperonnés ».
    Il ne s’agit pas de « patienter » devant ce qui pourrait être la plus grave crise sanitaire jamais connue en France…
    Un très grand merci à ces « médecins retraités depuis peu » qui ont su eux, se mettre d’accord pour palier à ce manque et apporter ainsi leur aide qui je l’espère ne sera que temporaire…

  2. Un médecin par jour, je suis très sceptique ! Imaginez : Le lundi le Dr X est présent et prescrit une radio. Le patient la passe le mardi et le radiologue découvre quelque chose de bizarre et veut en parler au médecin prescripteur. Est ce que le médecin du mardi qui n’a pas vu le patient va prendre ses responsabilités ou faudra t’il attendre le lundi suivant ? Je suppose que les pharmaciens, les infirmiers vont apprécier ce système en cas d’erreur sur l’ordonnance : impossible de joindre le médecin prescripteur avant la semaine suivante !!! Et je doute de l’implication du médecin qui vient un jour par semaine . Je me pose une question : ils ne veulent pas s’occuper d’intendance ni payer de cotisations, donc ce sera 25 euros NET par consultation pour eux ? ils seront salariés de la structure juridique mise en place ? C’est bien joué ! Je comprends que les 1500 patients du Dr Despierre soient inquiets, qui va les recevoir demain ? Les autres cabinets aux alentours sont débordés. Comme dit le Dr Hervé c’est une urgence sanitaire, mais la solution proposée c’est le cachet d’antalgique qui masque la maladie.

    1. A Celtica ,
      Docteur Diafoireux ( référence à Thomas Diafoirus médecin de la célèbre comédie de Molière  » le médecin imaginaire »
      Je suis l’un des médecins volontaires disposés à aider les confrères malestroyens et la population
      malestroyenne , en cette situation de crise .
      Non nous ne sommes pas vénaux à la recherche d’un quelconque profit ( référence au 25 euros nets
      c’est bien joué ) Notre démarche est bien une démarche de solidarité avant tout , mais que nous soyons rémunérés pourquoi pas ? De quelle façon , nous n’en avons pas discuté ? Nous n’avons pas parlé
      de « gros sous  » mais des contraintes administratives que nous avons supportées pendant la longue durée
      de notre exercice professionel Nous n’en voulons pas
      Le temps pris pour satisfaire ces contraintes administratives nous empêcherait , ma chère Celticà,
      de se consacrer totalement à toi et à ta situation médicale et pourrait ainsi nous faire commettre
       » des erreurs médicales  » heureusement corrigées par de bienveillants pharmaciens et infirmières
      Quant à la rupture de la continuité des soins que tu évoques , elle est inévitable mais je te rappelle
      que nous sommes en situation de crise et nous nous adaptons J’aurais bien une solution pour toi
      Celtica , je vais te proposer ce que j’ai vécu comme médecin généraliste durant 20 ans dans un bourg rural
      de Normandie : une garde 24 heures sur 24 et 1 dimanche sur 3 ! C’était le bon temps pour les malades
      pour les médecins ??
      Voilà ma chère Celtica , en espérant que tu n’auras pas été choquéepar letutoiement (mais j’ai senti
      pour l’expliquer )que nous étions très proches l’un de l’autre
      En espérant que nous nous verrons lors d’une consultation prochaine
      si le projet se réalise !
      Ton médecin préféré Docteur Diafoireux

      1. Merci aux médecins retraités de donner de leur temps, je pense que l’on est loin des questions financières et d’enrichissement personnel !!!
        Merci aussi au Docteur Hervé pour sa prise de position car c’est effectivement tout un territoire rural qui est en danger.
        Sur Ploermel, les médecins ne prennent plus de nouveaux patients et orientent sur un médecin d’origine roumaine, nouvellement arrivé sur le Roc St André . Que dire de l’absence de médecins spécialistes ! Pour ceux qui sont mobiles, possibilité de se rendre sur Vannes pour espérer avoir un RDV rapide avec un ophtalmologue par exemple.
        Messieurs nos élus, plutôt que vous battre pendant des années autour d’un projet piscine, du musée… concentrez-vous à l’offre de soins à apporter à l’ensemble du territoire et travaillez ensemble en bonne intelligence. C’est à vous de faire remonter les difficultés auprès des pouvoirs publics, pas à un malheureux « médecin de campagne ».

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