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Oust à Brocéliande

Publié le 15 août 2026

Malestroit. Dans le bief du canal qui se vide, les poissons suffoquent

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Un gros poisson en train d’agoniser… C’est le triste spectacle qui suscitait des réactions émues ce samedi matin 15 août de la part des promeneurs à l’écluse de Malestroit. Un peu plus loin, nous avons pu repérer un autre poisson mort. Le faible niveau d’eau du canal conjugué aux chaleurs extrêmes que nous venons de connaître ces derniers jours (proches de 40 degrés) pourrait expliquer ce phénomène. La situation du bief de Malestroit suscite de nombreuses réactions. Depuis plusieurs semaines, il se vide jour après jour. Pour beaucoup, il faut voir là, la conséquence de la réalisation de passe à poisson à l’écluse de Foveno mais aussi à celle de Beaumont, comme nous l’avons expliqué dans un récent article (lire en cliquant ici).

Pour Pierre Jan, le président des pêcheurs malestroyens, il ne fait aucun doute que la passe à poisson de Foveno a été mal conçue, ce qui provoque l’assèchement du bief. Depuis un mois, le niveau d’eau a baissé d’environ 70 centimètres, rendant la navigation impossible. Ce qui surprend, c’est le fait qu’en amont ou en aval, le niveau du canal est « normal ». D’où les soupçons qui pèsent sur l’impact des passes à poissons.

Nous avons interrogé la région qui est gestionnaire des canaux de Bretagne (voir en cliquant ici), mais celle-ci ne nous a toujours pas répondu. Un silence déplorable puisqu’il laisse place à toutes les supputations, alors qu’il serait intéressant d’avoir les explications techniques concernant ce problème et plus largement d’avoir l’éclairage de la Région sur le dossier des passe à poissons (coût, intérêt écologique, évaluation du nombre de migrateurs les empruntant…). Pierre Jan s’étonne également de ne pas obtenir de réponse de la Région à laquelle nous renouvelons notre demande d’explications…

A Malestroit en tous cas, l’affaire fait grand bruit puisqu’un niveau d’eau aussi bas relève de l’inédit et interpelle les habitants et les touristes. Vendredi soir, des groupes venaient même tout spécialement constater cet étrange et inquiétant phénomène. Et ce samedi matin, la découverte de ce poisson en train de suffoquer ajoute à l’émotion collective. Reste à espérer qu’aucune autre mortalité piscicole ne soit constatée ces prochains jours…

14 commentaires "Malestroit. Dans le bief du canal qui se vide, les poissons suffoquent"

  1. bonjour, en allant au marché ce matin j ai constaté que les bureaux des voies navigables de la Region sont à Malestroit dans la même cour que les atelier des services techniques De la ville. Il serait peut-être judicieux d’aller leur demander des explications directement chez eux.

    1. Bonjour, Pour votre information, la communication est totalement verrouillée au niveau de la Région et ses agents n’ont pas le droit de parler à la presse. Toute demande doit passer par le service communication. C’est la procédure que nous respectons.

  2. Bonsoir,juste un petit rappel,ce n’est pas aux agents de la région de répondre au questionnement justifié concernant le rôle dramatique de cette passe à poissons,mais bien aux conseillers régionaux qui ont voté ces implantations, Mr Molac devrait nous éclairer sur ce problème.Si vous arrivez à le joindre,il faudrait lui poser deux questions ;a t’il voté ces crédits pour la construction des passes à poissons?et est ce que le marché contracté suite à l appel d offre est globale sur l ensemble du canal ou pas ? Si c’est le cas , nous aurons une passe à poissons près du déversoir, à Malestroit et si vous êtes curieux de la chose, déplacez vous à Foveno, vous jugerez par vous-même de l’ esthétisme de cette réalisation, dépêchez vous car la région risque de bloquer son accès, à bon entendeur,salut.

  3. Bonjour tout le monde,

    Combien de commentaires vont suciter ce nouvel article sur la passe à poisson ? Allons nous battre ici le record de la trentaine de réactions de l’article précèdent sur le sujet ? 🙂

    Certains ont apparemment de vieux comptes à régler avec cette passe.
    Décidément cette passe à poissons ne passe pas.

    Le manque d’eau, essentiellement du à la sécheresse faut-il le rappeler, est effectivement important et inédit en aval de l’écluse de Malestroit. Si les niveaux sont un peu moins catastrophiques en aval d’autres écluses, la situation générale du canal n’est guère reluisante sur l’ensemble de son parcours. Je peux comprendre que cela suscite à Malestroit des émotions et que cela interroge.

    Des paramètres inédits qui n’auraient pas été pris en compte lors de la conception des ouvrages ? Possible. D’autres problèmes qui ne nous sont pas perceptibles ? Possible également. Il faut comprendre que la gestion de niveaux d’eau est une chose complexe et que les techniciens qui en sont chargés doivent prendre en compte des considérations qui peuvent vous échapper : eau potable, monde aquatique, vie économique et j’en passe… Quoiqu’il en soit la région donnera peut-être des réponses mais très probablement une fois le bashing et la polémique retombés. Quand au pauvre conseillé régional Molac, même s’il a participé au vote du budget des passes à poissons du canal, il faut tout de même admettre qu’il n’y est vraiment pour rien dans cette histoire.

    Les poissons meurent par un manque d’oxygène dans l’eau occasionné par les fortes chaleurs, les faibles niveaux et l’absence de courant. La responsabilité de cette passe à poissons est sans doute toute relative au regard des canicules à répétition de cette été. D’autres poissons que les deux individus cités dans l’article vont très probablement mourir des conséquences de la sécheresse dans le canal et ailleurs.

    Un peu de mesure, de bonne foi et d’humilité seraient de bon aloi. Arrêtez de chercher et de vouloir trouver des coupables à tout prix. Nous sommes tous responsables de n’avoir pas pris au sérieux 30 ans de rapports du GIEC et de n’avoir rien entrepris depuis ce temps.

    Comme disait Aristote et René : « il faut savoir raison garder ».

    Bon été et restez au frais.

  4. L’inflation de commentaires me rappelle le projet de lycée public à Ploërmel.
    Si je reconnais la vivacité de la démocratie, je me désole de la nature de l’opinion publique locale. Tous ces enjeux devraient faire consensus car ils sont universel.
    Salut et fraternité

  5. Salutations

    Je rejoins tout a fait les pertinentes remarques de Citoyen républicain. Merci à toi citoyen.

    Le consensus est un équilibre que nous devrions toutes et tous rechercher pour intégrer les intérêts de toutes et de tous et bâtir des solutions communes dans l’intérêt général. Il est cependant parfois compliqué d’élargir la réflexion et de ne pas voir uniquement les choses par le petit bout de la lorgnette ; éducation, intérêts particuliers, difficultés à modifier nos habitudes enfin bref tout simplement la nature humaine nous entrave bien souvent dans cette recherche… perseverons.

    Salut fraternel.

  6. probleme rencontré sur d autres ouvrages de passe a poissons en France, faites les recherches sur le net : les silures se servent des passes a poissons comme terrain de chasse… et donc déciment les especes en migration …qui ne migraient plus avant les passes… et qui se font maintenant bouffer par le prédateur au abords des passes… ca va pas etre possible de gagner sur tous les terrains …

  7. Cher poisson affamé,

    Le silure glane (Silurus glanis) est effectivement une espèce à problème et pourrait à lui seul alimenter ici une petite controverse. Son aire de répartition naturelle est située, pour faire simple, entre l’Oural à l’Est et les bassins versants du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut à l’Ouest. Disparu pendant un temps de l’Est de la France, sa seule aire naturelle de répartition dans le pays, il a été réintroduit sur l’ensemble du territoire à partir du XIXème siècle, mais surtout à partir de la seconde moitié du XXe siècle pour la pêche de loisir. Présent aujourd’hui dans de nombreux cours d’eau ou il était autrefois absent, on lui y reconnaît un rôle dans la diminution des stocks de poissons migrateurs. Pour cette raison, une consultation publique est en cours pour préparer un décret visant à lui donner le statut « d’espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques ». Voilà pour la petite présentation du silure vorace et de son actualité.

    Concernant les passes à poissons qui servent de terrain de chasse au silure, c’est en partie vrai et c’est effectivement des polémiques qui circulent sur le net véhiculées par les « anti-passes ». Pour tempérer cette accusation il faut rappeler que tous les ouvrages constituant un seuil sur les cours d’eau (barrages écluses…) empêchent la circulation piscicole. Tous les poissons carnassiers (et pas seulement le silure) en profitent pour se nourrir et se placent en aval direct de l’ouvrage où les espèces migratrices coincées stagnent. Le problème pour les poissons migrateurs ne réside pas tant dans le silure (qui ne fait que profiter d’une opportunité de nourriture facile d’accès), mais dans la présence d’un barrage. Les passes à poissons sont peut être des opportunités de plus pour les prédateurs mais les barrages en sont les principales. La passe permet à une partie des migrateurs de réaliser leur cycle biologique et d’échapper ainsi aux prédateurs attirés par la présence de l’obstacle (barrages, écluses, seuils, etc…).

    Ne vous en déplaise, si la présence exogène du silure est effectivement un problème, les passes à poissons atténuent la prédation des grands carnassiers en permettant aux migrateurs de circuler et de s’échapper. Mais libre à vous bien sûr de penser le contraire et d’alimenter la polémique.

    Après les anti-vacs, les climato-septiques, les anti-ci et les anti-ça, j’ai été amusé de croiser ici des anti-passes promptent au « c’est la faute aux écolos… aux gardes-pêches… à la police de l’eau, aux techniciens, aux ingénieurs, au député local… et j’en passe (à poissons).
    Je sais que je n’ai pas convaincu les plus empêtrés dans leurs certitudes mais ce n’est pas grave. J’aurais essayé. Malgré la gravité de la situation cela m’aura fait sourire.

    Fraternellement.

  8. On est bien d’accord mon cher. Il est très bien dit dans l’étude que vous citez que 2 poissons sur 3 échappent au vilain silure dans les passes à poissons. C’est plutôt pas mal non ? C’est plus que le verre à moitié plein.

    Le problème n’est pas la passe à poissons mais bel et bien la présence du silure, une espèce exogène introduite pour le plaisir des pêcheurs et déstabilisante pour le milieu.

    De plus si vous lisez attentivement les documents que vous avez mis aimablement à notre disposition, sans ne retenir que ce qui vous arrange, vous constaterez que l’étude en question été réalisée à Golfech dans la Garonne, une rivière avec une réalité biologique et une présence du silure bien différente. Dans l’Oust et le canal le silure n’est présent pour l’instant que ponctuellement à des endroits localisés dans les zones plus profondes ou à proximité des confluences et des rivières. Les carnassiers présents ici sont surtout le brochet et le sandre, des poissons tout à fait androgènes et bien insérés dans la chaîne alimentaire de nos milieux naturels bretons.

  9. Bonjour citoyenes, bonjour citoyens,

    Pour celles et ceux qui voulaient des nouvelles de la région Bretagne, vous trouverez ci-dessous un lien pour accéder à son dernier communiqué de presse daté du 10 août sur l’état de ses canaux (ne serais-je pas en train de faire un peu le boulot de la presse sur ce coup là 😉 ? ) pour la navigation.

    https://www.bretagne.bzh/app/uploads/238-CP-secheresse-navigation.pdf

    Sa lecture vous permettra de sortir un peu de Malestroit et de sa passe à poissons. Ce sera l’occasion de dézoomer et de prendre un peu de recul. Vous y apprendrez que la situation est grave sur l’ensemble des canaux du Morbihan et du Finistère et particulièrement sur l’Oust canalisée pour l’ensemble des écluses comprises entre Malestroit et Redon, le bassin versant étant actuellement en état d’alerte « sécheresse renforcée ».

    Il me semble pas que notre passe à poissons soit responsable de l’état de sécheresse du bassin versant mais ces éléments à décharge factuels ne convaincrerons probablement pas les plus coriaces opposants à ces ouvrages nécessaires à la bonne santé biologique et piscicoles de nos canaux. Les choses sont souvent plus complexes qu’on ne crois. Pour appréhender un début d’explication à ces phénomènes complexes je vous invite à abandonner le petit bout de la lorgnette pour avoir un regard critique sur les polémiques et les explications un peu trop faciles sans pour autant sombrer dans le complotisme. C’est exigeant mais si on ne vous donne pas les bonnes informations aller les chercher et creuser un peu. Prenez un peu de hauteur sur les choses.

    Salutations fraternelles et citoyennes.

  10. Amis de la nature, pêcheurs ,
    Aller voir le ruisseau de Guidecourt à foucherel (saint laurent sur oust) et le ruisseau des harches à la Souricaie (Ruffiac) ,les poissons en amont ne suffoquent plus malheureusement.
    les deux ruisseaux sont asséchés et vraiment à sec. Il reste juste un trou d’eau à la souricaie ou des poissons survivent !!!. il faut vraiment espérer une pluie
    Au pont de fourcherel , il y a un panneau SMGBO qui affiche la restauration des milieux aquatiques et l’on apperçois des personnes qui nettoient les rives du ruisseau.

    1. Cher ami de la nature,

      Merci pour votre commentaire pertinent et plein de bon sens.

      Effectivement beaucoup de petits cours d’eau des têtes de bassins versants sont à sec. Rappelons que ce sont eux qui alimentent rivières et fleuves. C’est bien connu, le petits ruisseaux font les grandes rivières.

      Selon les services chargés de surveiller mensuellement l’écoulement des petits cours d’eau en France, 1 373 cours d’eau étaient touchés au 1er août 2026. C’est une situation exceptionnelle jamais observée jusqu’ici à cette période et deux fois plus dégradée que celle observée l’année passée à la même période avec 43 % de ruptures d’écoulement et d’assecs dépassant ainsi la sécheresse de 2022.

      Évidemment ces conditions exceptionnelles diminuent fortement la disponibilité de la ressource en eau mais affectent également directement les milieux aquatiques et la biodiversité qui en dépend.

      Déficit de pluies + fortes chaleurs = sécheresse.

      Sécheresse => pas d’eau dans les ruisseaux.

      Pas d’eau dans les ruisseaux => pas d’eau non plus dans les rivières et dans les fleuves.

      Mais rassurez vous, les pluies des derniers jours ont déjà permis une augmentation des débits et une remontée des niveaux d’eau dans l’Oust et ailleurs. En aval de l’écluse de Malestroit, le niveau d’eau minimum observé le 31 août était de -0,156 m NGF alors que le niveau minimum observé pour le mois d’août avait été de -0,744 m le 13 août. La situation est donc en train de s’améliorer doucement et les poissons vont pouvoir respirer.

      Sources :
      https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau

      https://www.hydro.eaufrance.fr/stationhydro/J840231001/series

      Salutations citoyennes et fraternelles.

  11. En attendant ce désastre, personne n’a eu l’idée d’une pêche électrique pour sauver les truites et les autres poissons qui étaient encore présents dans les ruisseaux avant la sécheresse totale . on préfére refaire des ruisseaux qui sont à secs , cela est trés couteux et de plus il n’y a plus de truites sauvages dans les ruisseaux ni de végétation aquatique.

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