Publié le 7 août 2026
Malestroit. Mais pourquoi le bief se vide-t-il aussi vite?
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Alors que le niveau du canal à Malestroit baisse de 2 à 3 cm par jour, des habitants s’interrogent sur le rôle de la passe à poissons de Foveno. Nous sommes allés constater son fonctionnement et avons interrogé la Région Bretagne. Pour l’instant, la question reste sans réponse et les spéculations vont bon train.
Le sujet alimente les conversations à Malestroit : pourquoi le niveau du canal baisse-t-il aussi rapidement ? La sécheresse et la canicule expliquent évidemment une partie du phénomène. Mais les habitants du secteur, les touristes de passage s’étonnent de la vitesse à laquelle l’eau disparaît.
La navigation est d’ailleurs interdite depuis plus d’une semaine sur cette portion du canal, alors que des mesures d’interdiction plus généralisées sur les canaux bretons ne devraient intervenir que dans les prochaines heures.
Un constat donne la mesure du phénomène : à Malestroit, le niveau baisse actuellement d’environ 2 à 3 cm par jour et il ne reste plus qu’une soixantaine de centimètres d’eau. Si cette baisse devait se poursuivre au même rythme, cette hauteur pourrait théoriquement disparaître en trois semaines.
Quel rôle joue la passe à poissons

Une hypothèse circule avec insistance en ville : la passe à poissons aménagée il y a trois ans au niveau de l’écluse de Foveno pourrait-elle contribuer à cette baisse ?
« Il s’est passé la même chose l’année dernière. La prise d’eau de la passe est au niveau du lit de la rivière, alors toute l’eau part par là et tout le bief va se vider, c’est inexorable », nous explique un Malestroyen.
Nous sommes allés voir sur place. Le constat est facile à faire : malgré le niveau particulièrement bas du bief, de l’eau continue d’entrer dans la passe à poissons et ressort avec un débit bien visible en aval de l’ouvrage. Nos photos et notre vidéo permettent de visualiser cet écoulement. Mais suffit-il à expliquer, ou au moins à accentuer, la baisse de 2 à 3 cm par jour constatée actuellement ? C’est précisément la question à laquelle seule une expertise technique peut répondre.
« Pourquoi est-ce qu’ils ne font pas un barrage au niveau de l’entrée de la passe pour retenir l’eau ? », s’interroge un promeneur, également inquiet pour la survie des poissons. Pour l’instant, aucune mortalité n’est visible.
La Région Bretagne interrogée
Contactée jeudi en début d’après-midi, la Région Bretagne, gestionnaire du canal, nous a indiqué que notre question avait été transmise au technicien compétent. Ce vendredi après-midi, au moment où nous publions cet article, nous n’avons pas encore obtenu sa réponse. Nous la publierons dès qu’elle nous parviendra. Elle sera très utile pour comprendre et expliquer ce phénomène.


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39 commentaires "Malestroit. Mais pourquoi le bief se vide-t-il aussi vite?"
passe a poissons dédiée pour les poissons migrateurs, une obligation de l Etat , de l’Europe et des écologistes, et des gardes pêche.
interdiction de fermer les passes meme en plein été sous peine de tres forte amende, et tant pis pour le tourisme fluvial… c est les poissons qui commandent et qui ont le pouvoir !
Et sans eau il restera encore des poissons ?
L’écologie responsable des sécheresses ? La chaleur atrophie la réflexion et dilate la connerie. Jusqu’où faut-il aller dans l’urgence climatique pour que vous compreniez que cela vient de l’hyper consommation !!!
Les continuités écologiques comme les passes à poisson sont là pour la biodiversité, la protéger des atteintes anthropiques et non pour les humains seulement. Que l’on vide toutes les piscines de France pour remettre en nature un volume nécessaire d’eau !!!
In a le droit d’être idiot ,mais pas top quand même
c est un point de vue cher Chevrier, mais moins d eau retenue dans le canal = eau se rechauffe encore plus vite = herbes invasives qui vont encore plus se developper … et encore plus étouffer les poissons… donc ne prenez pas les avis contraires pour des demeurés
C’est exactement ça. Peu d’eau, asphyxie du milieu.
Ils imaginent dans leurs bureaux un petit monde bucolique avec une jolie petite rivière aux eaux limpides, peuplée de saumons. La blague…
Les espèces naturelles cohabitent péniblement avec les humains au travers de corridors écologiques. Les activités humaines depuis des siècles sont des entraves aux corridors écologiques, à la circulations des espèces et au brassage génétique. Les études scientifiques montrent qu’ils faut pour préserver la biodiversité restaurer les circulations et les corridors écologiques, et les passes à poisson en font partie. Alors après, vous pouvez incriminer les ingénieurs, les écolos, les bureaucrates, Bruxelles, tous ceux qui malgré leur expertise, leur formation et leur expérience semblent en savoir moins que votre ressenti, cependant le constat est clair, et vous le faîtes vous même, la biodiversité régresse, se dégrade et disparaît. L’eau baisse car l’activité humaine, économique ou de loisir pompe la ressource et ne laisse rien aux rivières. Et les passes à poissons, utiles à la réhabilitation des corridors écologiques et à la biodiversité n’y sont pour rien, quoique vous en pensiez.
Après, les canicules à répétition devraient nous faire réfléchir au lien entre consommation, prédation des ressources et catastrophes environnementales… mais on en voit les limites… les spectacles de désolation sont partagés par tous mais ne doivent pas contrarier les consommateurs que nous sommes. Nous sommes des enfants qui refusons les frustrations. Nous allons bientôt casser notre jouet de colère… On aura du mal à le recoller.
Il faut savoir raison garder ( Aristode)
Le climat, un grand voyage dans le temps, la nature en a toujours fait à sa tête, dérèglement climatique, réchauffement, hausse des températures, la planète est ainsi faite, on parle de réchauffement climatique ou de dérèglement climatique, la pollution en serait la cause, on a du mal à comprendre !! sur une période de 537 ans ce phénomène était déjà présent. Époque où l’industrie démarrait et l’automobile n’était pas encore née, les changements climatiques étaient mis sur le dos du temps qui était déréglé, on ne se posait pas de question. Aujourd’hui on désigne un coupable idéal, on nous culpabilise, ça sent le prétexte pour nous faire payer des taxes, ou accepter de dépenser plus pour polluer moins en nous dirigeant vers le (le tout électrique, voiture, chaudière etc etc), le hic notre capacité de fabrication d ‘énergie électrique est insuffisante, de plus pour faire les nouvelles générations de batteries on est prêt à bousiller la terre !!! Une pollution du sol quand on rejette celle du ciel c’est un paradoxe.
Avons nous oublié le fonctionnement de notre planète depuis des millions d’années
La Terre a traversé plusieurs dizaines d’ères glaciaires, c’est-à-dire des périodes de froid total où la majorité du globe était soumise à des températures très basses et à une glaciation très étendue. Ces périodes ont été entrecoupées de périodes plus chaudes, permettant à la faune et la flore de se développer de nouveau à chaque fois.
Au cours de son histoire, la Terre a ainsi connu 5 grandes Périodes glaciaires :
La glaciation : Huronienne, Précambrienne, Ordovicienne, Permo-carbonifère.
La glaciation actuelle a duré 35 Ma, la sortie du dernier âge glaciaire aura été bénéfique aux humains en facilitant le développement de l’agriculture et de la civilisation naissante.
Les volcans en détiennent une bonne part de co2, depuis des milliers d’années, comme l’étaient nos bêtes préhistoriques très nombreuses et qui émettaient aussi beaucoup de co2, les grands incendies génèrent aussi du co2.
Premièrement : La Terre autour du Soleil, qui varie de presque circulaire à elliptique sur un cycle de 96’000 ans, deuxièmement, il y a l’inclinaison de la Terre, c’est la raison pour laquelle nous avons des saisons. L’axe incliné de rotation de la Terre signifie qu’un hémisphère se penche toujours loin du Soleil (provoquant l’hiver) tandis que l’autre se penche vers le Soleil (provoquant l’été).
L’angle de cette inclinaison varie sur un cycle d’environ 41’000 ans, faisant dès lors varier la rigueur des saisons. Si l’axe est plus droit, alors les étés seront moins chauds et l’hiver sera un peu moins froid.
La Terre était alors bien plus chaude qu’actuellement, l’atmosphère a joué le rôle d’une couverture chauffante, la différence entre l’énergie reçue du Soleil et celle renvoyée vers l’espace par les continents, les océans et l’atmosphère.
Voilà c’est comme ça que notre vaisseau terre carbure depuis des millions d’années, avec parfois quelques dérèglements.
Les pollutions ont bon dos, celles qui ont découlé de l’usage de la bombe nucléaire à Hiroshima et Nagasaki, les essais nucléaires en Polynésie Française, radioactivité, contamination de la chaîne alimentaire, impacts pour la santé, nappes phréatiques, terres agricoles, impacts sur la faune, la flore et la nature en général.
Une destruction d’environ 20 000 bâtiments civils représenterait près de 2,4 millions de tonnes de CO₂., une consommation colossale de carburant par les avions, navires et véhicules militaires, estimée entre 150 et 270 millions de litres en deux semaines, soit plus de 500 000 tonnes d’émissions de co2.
Les incendies de dépôts de carburant, à titre d’exemple pour 2,5 et 5,9 millions de barils de pétrole qui ont brûlé, c’est environ 1,88 million de tonnes d’équivalent CO2.
S’ajoute l’impact de l’arsenal militaire, missiles, drones, bombes, leur utilisation massive a généré des dizaines de milliers de tonnes d’émissions supplémentaires. Actuellement avec l’Ukraine et la Russie, l’Iran, le Liban, Israël, l’impact est colossal.
C’est quand même un peu facile entre autre de pointer du doigt les automobilistes comme pollueurs ?.
Seule certitude l’ activité humaine et la surpopulation ne peuvent qu’ aggraver la situation, mais arrêtons de nous faire avaler des couleuvres.
Je vous invite à parcourir le rapport de l’Assemblée nationale visant à « garantir l’intégrité de l’information sur le changement climatique face à la désinformation climatique et aux ingérences étrangères ». Peut-être pourrait-il vous éclairer un peu sur ce qu’est le climato-scepticisme (voire sur les théories du complot « tout ça c’est rien que pour nous faire payer des impôts »).
N’y aurait-il pas quelque paradoxe à écrire « c’est à cause des bombes et de la guerre et pas à cause des voitures »? Tout cela relève de la même dynamique: toujours plus vite, plus loin, plus fort; dans une course à la performance effrénée et sans limites. Et, comble du hasard, cette belle société thermo-industrielle se base sur les énergies fossiles (dont l’extraction et l’usage tuent le vivant à peu feu, voire à très grand feu bouillonnant depuis quelques décennies).
En fait cher Roger, ne seriez-vous pas le premier des écologistes en prônant ainsi l’arrêt de telles pratiques guerrières démesurées et néfastes au vivant?
Les passes à poissons sont une connerie monumentale dictée par des bureaucrates, et des équipements qui coûtent chers. Et qui effectivement vide les biefs en période de sécheresse.
Le principal poisson migrateur qui remonte nos cours d’eau depuis toujours est l’anguille. Vous croyez que l’anguille a attendu les passes à poissons pour remonter l’Oust. Gamin, je pêchais dans l’Aff une rivière qui comptait de nombreux petits barrages et biefs pour les moulins à eau. Ça n’a jamais empêché l’anguille de remonter. D’ailleurs, pour aller dans les étangs et mare elle n’a même pas besoin de cours d’eau direct. J’en ai vu ramper dans l’herbe pour atteindre leur objectif.
Le saumon, la truite…vu la qualité de l’eau depuis des décennies… ça fait bien longtemps qu’il n’y en a plus. Et ils ne reviendront jamais, vu les sécheresse annuelle.
Mais que voulez vous, on est gouverné par des gens qui n’ont jamais tenu un poisson vivant dans leurs mains… à si, leur poisson d’aquarium…
vous avez raison Plo ,nous sommes gouvernés par des jeunes ingégnieurs qui ne connaissent pas du tout la nature ni le terrain mais qui savent faire de l’informatique dans un bureau avec des niveaux d’édutes trés couteuses.
En hiver les barrages sont ouverts en grands en période de pluie (on ne garde pas l’eau en réserve) et l’été la même chose avec des passes à poissons .
éffectivement, avant les poissons remontaient trés bien par les déversoirs et il n’y avaient pas de passes à poissons.
aujourd’hui il n’y a presque plus de truites ,l’amproies, aloses et d’anguilles dans le canal (du à la pollution)
Réponse à Malestroyen !
C’est amusant de voir certains opposer les « ingénieurs de bureau » aux gens qui connaissent prétendument mieux le terrain.
À vrai dire, les ingénieurs de bureau ont au moins une circonstance atténuante : ils travaillent avec des études, des données et des compétences techniques. Certains membres de conseils municipaux, eux, semblent parfois vouloir tout maîtriser — technique, environnement, hydraulique et finances — sans toujours prendre la peine de vérifier l’ensemble des paramètres.
Et lorsqu’on se souvient de certaines propositions, comme celle d’étaler un emprunt de 3 millions d’euros sur 70 ans, on peut effectivement se demander qui, du bureau d’études ou du conseil municipal, est le plus éloigné des réalités du terrain…
La différence, finalement, c’est que l’ingénieur est généralement payé pour étudier avant de conclure. L’élu, lui, devrait au minimum avoir la même prudence
réponse à Lalame;
je m’escuse mais je connais trés bien le canal depuis 50 ans je le vois tout les jours et je suis pêcheur et amis de la nature.
il y a 30 ans il n’y avait pas de saumon c’est faut il faut pas révé !!!mais des truites de mer c’est sur je suis témoin elles étaient assez nombreuses.
il faut surtout un respect du niveau des bassins j’ai jamais vu le bief malestroit foveno si bas en Aout.
il faut garder l’eau hiver sans inondé les maisons évidemment. et porter une attention aux affluents aux ruisseaux:
des harches ruffiac caro, de guidecourt saint laurent et la rigole de malestroit qui sont aujourd’hui presque à sec du au niveau du canal ce qui est logique et des sources de réserve de l’eau
vous parler des conseillers municipaux je vois pas le rapport je suis désolé avec le canal expliquez vous sinon?
Salut les spécialistes,
Et ben … Ingénieurs, élus, écolos et j’en passe, en prennent tous pour leur grade avec cette histoire de passe à poisson.
L’article n’était pas dénué d’humour et vos commentaires m’amusent beaucoup.
Ce qui me fait moins rire c’est de constater encore une fois la défiance envers la science et la confusion des esprits.
Petits rappels utiles : une opinion et un ressenti ne sont pas des informations et la technicité et l’ingénierie utilisent très généralement une méthode appelée scientifique qui utilise des données mesurables et faits vérifiables.
Je terminerai par quelques citations :
« Keskeucé ? ! »
« Bretzel liquide ! »
« Vazyléon ! »
« époque opaque ! »
« Tout finit en purée. »
Et bien sûr …
« Ce qui me tue dans la vie, c’est la mort. »
Bon été caniculaire à tous.
cher concombre masqué , la police de l eau peut verbaliser des particuliers pour arrosage illegal ou nettoyage de facades interdits en periode de secheresse …. et cette meme police de l eau s autorise elle meme a vider le canal en empechant toute fermeture de passe a poissons pour garder de l eau et faire remonter les niveaux …cherchez donc l erreur avant de nous donner des lecons , tout est fait pour alimenter la defiance avec des exemples pareils !
Cher poisson tout puissant, vous mélangez tout ! Entre des usages humains superflus soumis à contrôles et un écoulement nécessaire au reste du vivant, il y a une nuance. Vous, malgré votre pseudo, n’êtes pas l’intégralité du vivant, vous en êtes même une petite partie. Les végétaux, les animaux n’ont pas de piscines à remplir, de pick-up à laver, de façades à décrasse, de pelouse à arroser…. ils espèrent juste survivre
…Au même moment où l’on disserte doctement sur le sort des poissons, on apprend ce matin qu’un des pins corses de la digue, vieux d’environ 170 ans, vient de s’effondrer.
Et ce n’est pas un poisson.
C’est pourtant bien une partie du patrimoine paysager de Malestroit qui disparaît.
Après le clocher de la Madeleine, dont la dégradation avait été signalée avant qu’il ne finisse par s’écrouler, voilà maintenant un arbre remarquable qui disparaît à son tour.
Et pendant ce temps, on peut toujours expliquer doctement que la priorité absolue serait de sauver les poissons de la passe.
J’aurais plutôt envie que l’on se demande comment protéger tout ce qui fait le caractère de ce village : ses bâtiments remarquables, ses arbres anciens, ses paysages, son patrimoine et, évidemment, ses poissons — sans dénaturer les uns ni passer les autres par pertes et profits.
Chers amis bonjour,
Déciment vous continuez de me faire rire et je vois que les indécrotables s’accrochent à leurs convictions .
Cher Poisson tout puissant, comme le disait Roger (et Aristote) il faut effectivement raison garder. Il me semble que le donneur de leçon n’est pas celui qui vous accusez. On s’attaque à la police maintenant ! C’est vrai qu’ils avaient été (à demis mots) épargnés jusqu’ici. Pour rappel la police de l’eau est composée de techniciens qui connaissent très bien leur affaire. Vous devriez les contacter pour leur poser vos questions. Vous auriez très probablement des explications factuelles et des réponses argumentées. C’est une institution publique et si vous avez du mal à trouver leur adresse, je peux vous indiquer comment les joindre si vous le voulez.
Cher ornitho, merci pour votre commentaire. On doit faire un peu partie de la même famille.
Cher Lalame, si effectivement la sécheresse a dû un peu précipité les choses. Cependant à la lecture de l’article concernant la chute de ce pauvre pin laricio, il semble que le vénérable était arrivé au bout de sa longue vie. Comme il était corse il avait apparemment pris son temps pour se donner un peu plus chaque jour des airs de tour de Pise. Il me semble que 170 ans était un âge donnant à ce viel arbre le droit de tirez sa révérence… même si je vous le concède la sécheresse à très certainement donné le coup de grâce. Tous les arbres souffrent par ces fortes chaleurs et d’autres arbres tomberont un peu plus ailleurs des suites des canicules à répétition.
Comme je vous le disais « Ce qui me tue dans la vie, c’est la mort. ».
Et pour finir avec le sourire
« Mercadet Poissonière ! »
Au plaisir de lire vos futurs commentaires.
Un botaniste amoureux de la nature et des hommes.
Pour revenir sur le « drame » du pin corse laricio, celui-ci a justement une longévité remarquable : il peut vivre jusqu’à 500 ou 600 ans. Si l’on ramène ses 600 ans à l’âge canonique de 100 ans pour un homme, notre pin, avec ses quelque 170 ans, n’en aurait eu que 28 sur cette même échelle.
Autrement dit, il était encore bien loin d’être un vieillard.
Il avait d’ailleurs été planté par des sachants, et certainement pas par hasard.
Alors, lorsqu’un arbre de cet âge, qui faisait partie du paysage et du patrimoine de Malestroit, disparaît, on peut tout de même se demander si tout a été fait, au fil des dernières années, pour le préserver et anticiper son effondrement .
Car négliger un tel patrimoine végétal — qui, contrairement aux poissons, ne se remplace pas en quelques saisons — serait tout de même une curieuse conception de la préservation du patrimoine.
Et puisque nous sommes dans les « passes à poissons » et autres grandes leçons de préservation de la nature, il serait peut-être bon de se souvenir que protéger le patrimoine, c’est aussi protéger les arbres qui font le paysage, tout comme les murs qui font la ville.
Le patrimoine, aussi respectable soit-il, les paysages et l’architecture ne sont que des « constructions » intellectuelles, culturelles et sont inscrites dans un temps bien défini dont la biodiversité se fiche, surtout face aux urgences climatiques. Priorisons nos actions sans anthropométrisme avant qu’il ne soit trop tard.
Concernant le pin laricio, on peut faire l’hypothèse que contrairement au saule, il goûte peu sur le long terme avoir les pieds dans l’eau, d’où sa fin de vie précipitée. Son biotope est en Corse, entre Vizavonne et Bavella, sur les hauteurs, au sec.
Anthropométrisme, oups
Anthropocentrisme, fichu correcteur !
Chers amis bonsoir,
Merci cher ornitho. Je vois effectivement que notre cher Lalame a du mal à se détacher de l’anthropocentrisme (quel mot difficile décidément)… Mais bon reconnaissons que ce n’est pas facile de s’en défaire. Un peu d’indulgence.
Cher Lalame je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que tout patrimoine tant naturel que culturel mérite d’être protégé. Je vous garanti que votre serviteur est un ardent défenseur de la nature mais aussi des vielles pierres. Ce qui n’est d’ailleurs pas antagonique mais parfois difficile à défendre fasse à des tenants de l’un ou de l’autre des ces deux patrimoines… mais passons car ceci est une autre histoire.
Revenons à notre laricio si vous le voulez bien. Je prend le risque ici d’être un peu trop professoral mais il faut tout même vous donner les bonnes informations sur l’écologie de notre Pinus nigra corsicana. C’est son petit nom pour nous les botanistes. Il nous indique que nous sommes en présence d’un arbre du genre pinus (pin) de l’espèce nigra (noir) et de la sous-espèce corsicana (de corse). Cela a de l’importance car ça nous dit que nous sommes en présence d’une sous-espèce endémique qui ne pousse spontanémentet naturellement qu’en Corse.
Et oui si vous tapez dans un moteur de recherche ou encore mieux dans une IA « longévité du pin laricio », la machine vous répondra 500 à 600 ans… Oui c’est vrai vous avez raison mon Lalame mais j’ajouterai… dans ses conditions naturelles et endémiques de vie qui comme on vient de le voir se situent en Corse, et je précise à une altitude comprise entre 900 et 1300 m d’altitude, sur un sol plutôt granitique et acide et dans un climat méditerranéen avec surtout pas trop d’humidité. A Malestroit il me semble qu’il va falloir attendre un rehaussement important du massif armoricain avant d’approcher les 900 m. Pour le sol granitique et acide, ça pas de problème nous l’avons à Malestroit car le granit de Lanvaux n’est pas très loin. Par contre pour le climat méditerranéen avec peu d’humidité on y est pas du tout . A part les fortes chaleurs actuelles notre corsicana a du connaître un climat plutôt humide le long des ses 170 printemps. D’ailleurs il me semble que le secteur était inondé cet hiver et ça… ça n’a pas du être très bon pour notre U Lariciu (c’est son petit nom en corse). Un autre fléau pour les pins laricio en Bretagne… les fortes populations de chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) qui affaiblit l’arbre en mangeant ses aiguilles mais je ne peux vous dire si notre vénérable en abritait. Enfin bref les facteurs limitants présents font qu’on s’accorde à donner une espérance de vie à Pinus nigra corsicana en Bretagne de 100 à 150 ans. Et oui je sais c’est moins que 500 mais il faut accepter mon cher Lalame que notre Pin à eu la chance d’avoir une belle de 170 ans ce qui est remarquable pour un corse sorti de son milieu naturel.
Sur ce je vais vous laisser car il est l’heure de dormir. On pourra reprendre si vous le souhaitez la discussion sur le pin laricio de Malestroit mais dans les commentaires de l’article qui lui est dédiée. Rappelons le, nous partons ici normalement d’une passe à poissons.
PS : le informations données sur Pinus nigra corsicana sont documentées et je peux vous donner mes sources si vous le souhaitez.
Sur ce je vous quitte avec le sourire avec deux proverbes corses.
« À fà a barba à i sumeri si perde savone è tempu »
que je tempere aussitôt par :
« Patti chjari, amici cari ».
Je veux bien entendre que la biodiversité se fiche de nos constructions intellectuelles et culturelles. Mais réduire le patrimoine à de simples « constructions intellectuelles » me paraît tout de même un peu court.
Une pyramide d’Égypte, Notre-Dame de Paris, l’église multiséculaire de la Madeleine, le moulin centenaire de l’île Notre-Dame, la chapelle Sainte-Anne, les vieux ponts de Malestroit ou les pins corses de la digue ne sont pas de simples constructions intellectuelles : ce sont des traces matérielles de notre histoire, de notre culture et de notre rapport au vivant.
Et pourquoi faudrait-il opposer la protection de la biodiversité à celle du patrimoine ?
Un arbre remarquable est un morceau d’histoire vivante. Une vieille pierre est un morceau d’histoire construite. Un paysage est souvent le résultat de siècles d’interactions entre l’homme et la nature.
Quant au pin laricio, peut-être effectivement que son biotope naturel n’est pas celui d’une digue humide. C’est justement une raison supplémentaire pour se demander comment un arbre qui a vécu 170 ans dans cet environnement a pu être préservé aussi longtemps… et si tout a vraiment été fait pour qu’il continue à vivre ?
Il ne s’agit pas d’anthropomorphisme ni de choisir entre les poissons, les arbres et les vieilles pierres.
Il s’agit simplement de comprendre que la vie est un tout : la biodiversité, les paysages, les arbres, les rivières, les bâtiments, les ponts et la mémoire des lieux.
Et si l’on commence à considérer que tout ce qui a été construit par l’homme n’est qu’une « construction intellectuelle » dont l’urgence climatique nous autoriserait à faire abstraction, on risque surtout de finir par ne plus savoir ce que nous cherchons précisément à transmettre aux générations suivantes. Même le fichu correcteur ne s’y trompe pas !
Tout à fait d’accord avec vous sur le patrimoine mon cher Lalame.
Mais pourquoi vouloir absolument trouver un coupable ?
Le patrimoine naturel est vivant et donc mortel. Pour résumer ce que je pense de cette histoire c’est que notre laricio est malheureusement mort de sa belle mort probablement un peu accéléré par une conjonction de phénomènes météo extrêmes… Pluies abondante de l’hiver, innondations, sécheresses estivale qui s’en suit et on peut peut-être ajouter les chenilles processionnaires (à vérifier cependant pour ce point).
Allez on laisse un peu tranquille ingénieurs, élus, police de l’eau et tous les autres et on se détend 🙂
balade en velo et constat : les niveaux d eau sont a l etiage sur les deversoirs en amont de malestroit , ( a la née, montertelot etc… et cela jusqu a josselin et meme plus haut , et donc des deversoirs sans passes a poissons geantes ! donc l homme a concu le canal pour retenir l eau le plus longtemps possible l été dans les biefs ! il est donc factuel et evident qu il faut boucher ses nouvelles passes a poissons geantes l été ( et quand le poisson ne migre pas) pour faire remonter les niveaux a Malestroit … la science ne pourra pas prouver le contraire.. c est mecanique…
« science sans conscience n’est que ruine de l’âme » Rabelais
Comment faisait l’Oust avant les écluses des humains ? Ça aussi, c’est factuel. On pense que la technique, les transformations de l’environnement par l’humain sont synonymes de progrès. Mais ici, ce sont surtout des entraves à la circulation des espèces (Corridors écologiques). Retenir l’eau artificiellement, c’est contraindre encore une fois la nature à notre service, et ça demande un effort car oui, c’est contre intuitif. Comment remettre de l’eau dans les écosystèmes ? En limitant la/nos consommation(s) surperflue(s) : Industries (135 litres pour 1 œuf, 2500 litres pour un hamburger, 5400 litres pour un jean et 450 000 litres pour une voiture neuve), irrigation, piscines (La France est le 2ème pays au monde en nombre par habitant), les stades de foot, les golfs… On ne fait pas la différence entre ce qui est nécessaire et le superflu, or en période de crise, il faut agir pour le nécessaire (Le vivant, la biodiversité). Mais on voit que le constat certes partagé des crises ne doit par contrarier nos schémas intellectuels, nos habitudes et notre consommation. Il serait bien d’inverser le modèle consommateur-citoyen en citoyen-consommateur, passer un instant du « Je » au « Nous ».
Salut la compagnie,
Et oui mon cher passeur d’eau, pour avoir de l’eau dans le canal il faut tout fermer. C’est une évidence que même un enfant de 5 ans pourrait comprendre… Mais ça pose plusieurs problèmes pour la biodiversité de la rivière.
la canal a été conçu pour retenir l’eau. Pourquoi ? Pas pour les poissons bien sûr mais pour la navigation et ce a une époque où le trafic de péniches était important ce qui permettait alors aux poissons de passer à l’occasion. Aujourd’hui avec un trafic fluvial anecdotique, les écluses sont le plus généralement fermées (ça devrait satisfaire un certain nombre de personnes ici) et les poissons ne passent plus et donc disparaissent (et c’est le problème). Pour avoir du poisson il faut de l’eau bien sûr mais il faut aussi et surtout qu’ils puissent circuler pour se nourrir, se reproduire et garantir des populations sur tout le linéaire de l’Oust qui comme le dit très bien notre ami ornitho, est une rivière qui se débrouillait très bien toute seule avant la création du canal. Le canal de Napo III est aujourd’hui un remarquable patrimoine culturel à préserver bien sûr mais encombrants pour garantir une bonne santé des populations piscicoles. Sans eau pas de poissons, sans circulation possible pas de poissons… Pas facile hein ?
Conclusion… Il faut des passes à poissons… CQFD.
Je ne sais pas si je vous ai convaincu… J’aurais essayé en tout cas.
Bonne journée à tout le monde.
Cher Concombre masqué,
Je vous accorde volontiers le raisonnement : sans eau, pas de poissons et sans circulation, pas de poissons. Mais de là à conclure que passe à poissons = CQFD, il reste peut-être quelques méandres à parcourir.
Une passe à poissons, surtout lorsqu’elle prend la forme d’un affreux gros ouvrage de béton façon « art brut », règle peut-être un problème — celui de la circulation piscicole — mais au risque d’en créer un autre : transformer un paysage bucolique en décor de béton….pour l’éternité .
Les poissons, eux, n’ont pas attendu nos ingénieurs pour savoir circuler. Il existe des solutions plus naturelles : restaurer ou révéler des frayères, recréer des cheminements sinueux entre rivière et canal, redonner de la continuité aux milieux… bref, faire davantage confiance aux poissons et un peu moins au béton.
Après tout, si l’objectif est aussi de restaurer la rivière, autant éviter de lui coller un blockhaus au milieu du paysage.
La biodiversité mérite mieux que de choisir entre un poisson qui ne passe plus et un paysage qui ne ressemble plus à rien.
J’inviterais même plutôt les pêcheurs et les poissons à retrouver ou à recréer ces fameuses frayères. Qui sait ? Même les saumons disparus pourraient trouver l’idée bonne.
non pas convaincu, prouvez moi quelle espèce de poissons migre a cette periode de l année avec ces niveaux bas et la chaleur de l eau , le poisson est comme l humain, il limite ces efforts lors de forte chaleur et reste le plus au fond possible au frais…dans l attente de votre analyse. merci a vous
Rebonjour… Et en direct de Malestroit s’il vous plaît,
Et oui, il fallait que j’aille sur place en passant par la passe à poissons de l’écluse du Favéno pour voir sur place et conclure.
Mauvaise nouvelle, il n’y pas beaucoup d’eau dans le canal. A qui la faute ? Bien évidemment à la sécheresse, et peu à la passe à poissons… C’est une évidence. La situation va commencer à devenir critique si le manque de pluie perdure.
Bonnes nouvelles, il y a encore suffisamment d’eau (pour combien de temps ?) pour certains usages encore possibles et pour les poissons. La passe à poissons fonctionne à merveille et permet la circulation de la faune piscicole.
Rapidement pour le Pin laricio…
Les chenilles processionnaires n’y sont pour rien (pas de nids dans l’arbre et dans ces congénaires voisins). Les coupables ? La maturité de l’arbre et probablement les crues hivernales suivies très rapidement de la sécheresse estivale brutale. Il faisait partie en effet d’un remarquable ensemble de Pins Corses très probablement protégés (je ne suis pas allé vérifié) au PLU de la commune comme éléments du paysage à conservé. Cet ensemble le mérite effectivement mais ces arbres, matures sous nos latitudes bretonnes, arrivent probablement en fin de vie… Le diagnostic de l’ONF à venir et annoncé par M. le Maire sera intéressant notamment sur ce point (document public donc consultable).
Voilà j’en ai fini.
Bon été à tout le monde… Et restés au frais.
Un botaniste et technicien retraité des espaces naturels ayant eu à gérer des niveaux d’eau.
Chers amis commentateurs,
31 commentaires pour une histoire de niveau d’eau !!! honnêtement, il faut arrêter de polémiquer sur une passe à poisson , une sécheresse malheureusement présente et un bief qui se vide à vitesse grand V,
Juste un point de vue : il n’y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre quand ferment les passes à poisson le peu d’eau encore présente reste en réserve dans les biéfs et surtout sachant que l’imigration des poissons n’a pas lieu en été.
Bien cordialement à tous et bon mois d’Août .
En réponse à Malestroyen :
Malestroyen , L’ARCOM de Malestroit a parlé.
31 commentaires, c’est désormais une « polémique » : il est donc temps de refermer le ban et de passer à autre chose.
Merci donc pour ce rappel à l’ordre, qui nous évitera sans doute de nous attarder sur des sujets aussi secondaires que la gestion de l’eau, les poissons, le patrimoine ou l’état de notre environnement.
La discussion est close. Circulez, il n’y a plus rien à commenter.
Cher malestroyen,
Vous nous invitez à cesser de polémiquer pour nous ranger derrière votre point de vue ? Faut-il y souscrire en plus ?
Vous retrouverez toutes les informations utiles sur Bretagne Grands Migrateurs.
Bonne lecture à tous
une chose m interpelle… vous etes défenseur de la nature et plutot contre ce qui peut barrer le passage au poissons et contre les actions de l Homme sur la nature , mais actuellement il ne pleut pas une goutte, l Oust naturel ne deverse plus au moulin de Malestroit ,les écluses sont fermées, et pourtant malgré une baisse de niveau enorme du bief de malestroit (a cause de la passe a poissons de Foveno grande ouverte) ce bief n est toujours pas a sec … aucun affluent ne l alimente… c est donc bien l Homme qui doit bien l alimenter a minima par les vannes d écluses pour sauver vos poissons, donc l Homme sait faire des choses bien
Cher saumon, ou saumon très cher selon les arrivages
Quand l’action des humains est réfléchie et prend en compte toutes les variables, y compris écologiques favorisant la biodiversité et pas uniquement des intérêts économiques anthropocentrés (ouf, c’est passé), alors oui, je suis d’accord. Je vais même plus loin, des espaces « naturels » comme la Brière ou les Grands Causses ne le seraient plus si les humains n’ouvraient pas les espaces. La végétation se refermerait et il y aurait moins de biodiv’ , alors qu’entretenus, ils sont riches d’espèces… qui sont libres de circuler sans entraves, avec des corridors écologiques efficaces, compris et respectés.
Salutations
bonsoir
je me permet de répondre monsieur ornitho.
merci pour le site Bretagne grands migrateurs que je ne connaissait pas , j’invite tous les pêcheurs à le regarder il est vraiment trés intérréssent, conclusion au barrage d’arzal seulement 3 saumons de l’atlantique et 0 truite de mer on été vue avec les caméras en 2025 sauf erreur de ma part… c’est vraiment bien triste…..le probléme de malestroit n’est pas cela mais bien le biéf qui se vide à cause d’une passe à poisson ouverte à foveno avec une sécheresse importante et malheureusement les premiers poissons suffoquent déja (voir l’article pays gallo)
Bonjour à toutes et à tous.
Après un terrible été pour beaucoup de cours d’eau de France et de Navarre, la situation s’améliore doucement avec les dernières précipitations.
De nombreux petits cours d’eau des têtes de bassins versants ont subi cet été une période d’assec. Ce sont eux qui alimentent les rivières et les fleuves et tout le monde le sait, les petits ruisseaux font les grandes rivières.
1 373 cours d’eau manquaient d’eau au 1er août 2026. Une situation exceptionnelle avec 43 % de ruptures d’écoulement et d’assecs.
Les dernières pluies permettent déjà des débits plus importants avev une hausse des niveaux d’eau dans de nombreux cours d’eau. En aval de l’écluse de Malestroit, le niveau d’eau minimum observé le 31 août était de -0,156 m NGF alors que le niveau minimum du mois d’août était de -0,744 m enregistré le 13 août. La situation était alors très dégradée jusqu’à Redon mais ce minimum observé à Malestroit était bien inférieur à ceux observés tant en amont qu’en aval.
Les choses sont donc en train de s’améliorer mais ce niveau minimum en aval de l’écluse de Malestroit pose tout de même question. Les services de la région ont été interrogés à ce sujet. La publication par la presse de la réponse de la région permettra de mieux comprendre cette situation particulière à Malestroit.
Sources :
https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau
https://www.hydro.eaufrance.fr/stationhydro/J840231001/series
Salutations.
passe a poissons de foveno mal dimensionnée et qui avale plus d eau qu il n’en rentre , ca parait evident ..