Ploërmel. Hôpital de jour: une fermeture provisoire qui inquiète

Ils ont mis leur inquiétude en chanson. Ce jeudi matin, la mobilisation était forte devant les portes de l’hôpital de jour de Ploërmel. Infirmiers, aides-soignants, syndicalistes venus de l’ensemble du secteur couvert par l’EPSM (Etablissement public de santé mental) de Saint-Avé) manifestent contre la menace de fermeture de l’établissement Ploërmelais.

Le déclencheur de ce mouvement, c’est l’annonce par l’équipe médicale qu’elle ne pourrait plus être présente à Ploërmel à partir du 8 juillet. L’absence de médecins vide cette structure de sa raison d’être et sous-entend sa fermeture. Et ça, le personnel ne le veut pas au nom tout simplement des malades qui sont reçus là. Rien qu’à Ploërmel, ce sont près d’une centaine de patients par semaine qui sont accueillis, venant de tout le pays de Ploërmel et au-delà. Car le CMPS (centre médico psychologique de secteur de Ploërmel) regroupe aussi des antennes situées par exemple à Malestroit ou Questembert. Au total ce sont des centaines de personnes qui sont soignées là pour des troubles psychologiques. Pas le choix, il n’y a aucun psychiatre du secteur libéral sur ce territoire géographique. La fermeture de l’unité de Ploërmel créerait une sorte de vide laissant ces patients sans solutions médicale. Ou alors, de se rendre à Saint-Avé. Une aberration médicale et financière, selon le personnel. « Délocaliser les patients sur Saint-Avé, c’est au moins 50 minutes de trajet pour ceux qui habitent à Guer, Mauron…/…Un soin en hôpital de jour, c’est un voire deux, trois allers/retours par semaine », détaille Céline Lagrange, déléguée CGT de l’EPSM de Saint-Avé. Et un trajet entre Ploërmel et Saint-Avé en taxi médical, c’est 160 euros, une dépense qui serait supportée par la sécurité sociale. Le personnel a formulé d’autres solutions qui permettraient de maintenir l’activité de la structure pendant l’été: le recours à la visio-conférence ou bien encore la possibilité de transporter les malades en mini-bus…

Ce mouvement est organisé alors que ce vendredi un conseil de surveillance doit se tenir. Pour l’instant, la fermeture n’est pas actée.  Le directeur de l’EPSM aurait fait savoir dans la matinée au député Paul Molac, qui est venu rencontrer les manifestants ce jeudi matin, que « les difficultés d’effectifs médical nous contraignent à étudier la possibilité du transfert d’activité de Ploërmel vers Saint-Avé pendant une partie de la période estivale » et lui aurait affirmé « qu’il ne s’agit en aucun cas d’un projet de fermeture définitive ».

Mais les syndicalistes et le personnel sont inquiets car ils ont en mémoire un scénario similaire qui s’est produit il y a quelques années à Pontivy. Et puis, derrière cette affaire, se pose la question de la désertification médicale du secteur de Ploërmel, sujet qui revient de façon récurrente et pas seulement pour des raisons financières. Le territoire de Ploërmel n’attire pas les praticiens, comparé au littoral. Le constat est encore fait avec les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’hôpital de jour de Ploërmel.

Pour exprimer leur colère et leurs inquiétudes, le personnel a composé une chanson sur un air très connu et très en phase avec leurs préoccupations…

 


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