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Oust à Brocéliande

Publié le 22 février 2017

Ploërmel. Cartes d’identité : le coup de gueule du maire

Si vous devez faire ou refaire votre carte d’identité, prenez vos précautions et anticipez, car c’est l’embouteillage dans les mairies. La Bretagne expérimente depuis le mois de décembre une nouvelle organisation autour de la conception de ces documents qui devrait être prochainement étendue à toute la France. On a récemment vu un reportage au journal télévisé dans lequel des élus et des employés se réjouissaient de l’arrivée de ce nouveau dispositif. Ils seraient bien inspirés de prendre contact avec leurs homologues bretons qui pestent contre cette expérience. « Sur le fond, c’est plutôt une bonne idée, mais c’est sa mise en oeuvre qui pose problème. Et mois, en tant que maire, c’est un vrai coup de gueule que j’ai envie de lancer. Car le service public est mal rendu… », s’emporte Patrick Le Diffon, le maire de Ploërmel.

Petit retour sur cette expérimentation. Désormais les cartes d’identité doivent respecter, pour des raisons de sécurité, des normes draconiennes avec notamment des prises d’empreintes biométriques. Cela suppose l’utilisation d’un matériel très particulier dont la généralisation dans toutes les mairies n’est pas possible. Donc, l’idée des pouvoirs publics est de mettre en place des communes « référentes » équipées pour réaliser ce travail. Il y en a 28 dans le Morbihan, dont 4 dans le pays de Ploërmel : Guer, Malestroit, Mauron, Ploërmel.

Or, le traitement d’un dossier prend environ une demi-heure par personne. « Un rapide calcul permet de mesurer les limites du système. A ce rythme, on peut traiter au maximum dix dossiers par jour. Avant, on réalisait 500 cartes par an, aujourd’hui on estime ce chiffre à 2500 ce qui représente 250 jours, soit plus d’un emploi à plein temps. Or, les employées de l’Etat civil ont également d’autres taches à remplir… », résume Patrick Le Diffon. Or, l’Etat accorde une compensation de 3000 euros par an aux communes concernées, ce qui est loin de compenser la surcharge de travail. Compte-tenu de la technicité du procédé, les dossiers sont faits sur rendez-vous. « Aujourd’hui, il faut deux mois pour obtenir un rendez-vous auquel s’ajoutent quinze jours, trois semaines pour obtenir la carte », expliquent les employées de l’Etat civil de la mairie de Ploërmel. Avec cette nouvelle organisation, les mairies peuvent recevoir les habitants de tout le Morbihan. Et un phénomène pervers vient compliquer les choses. « Aujourd’hui, les gens cherchent partout la mairies où il y a le moins d’attente. On reçoit ainsi des appels de tout le département, même jusqu’à Lorient de gens qui mènent une véritable chasse pour gagner du temps… », expliquent encore les employées de Ploërmel. On se doute que parfois, les candidats à la carte d’identité réagissent mal. « On a eu quelqu’un qui s’est installé dans le couloir avec un sandwich en disant qu’il ne partirait pas tant qu’il n’aurait pas un rendez-vous », raconte Patrick Le Diffon qui pointe du doigt un autre problème, celui des voyages scolaires. « On a prévenu toutes les écoles de la ville de ces délais, afin que les enseignants prennent leur disposition », indique le maire.

A Malestroit, on est content

La solution, selon lui, est d’augmenter le nombre de mairies équipées pour réaliser ces cartes et d’élargir les horaires d’ouverture. Certaines, comme Mauron, ne consacrent que 2 jours et demi par semaine et Josselin n’est pas équipée.

L’exemple de Ploërmel est représentatif d’une situation générale. Mais il a des exception. C’est le cas de Malestroit où lors du dernier conseil municipal, les élus se sont réjouis que la ville soit agréées pour faire les cartes d’identités. « C’est très, très bien de pouvoir faire ça ici pour l’attractivité de la ville », a notamment commenté Christian Guillemot, en marge d’un débat portant sur la réorganisation des services municipaux pour faire face au surcroit de travail. Un avis partagé par Bretrand Dany, conseiller municipal de la minorité. Le maire Bruno Gicquello a toutefois reconnu que la compensation de l’Etat n’était pas à la hauteur.

Autant d’avis qui devraient animer une réunion prévue dans quelques jours à la préfecture du Morbihan. Elle rassemblera autour du préfet les élus des 28 communes concernées pour faire le point sur cette expérimentation.

Attention à la validité réelle de votre carte d’identité

Décidément, c’est pas simple d’être en conformité avec les règles nationales et internationales. Une carte d’identité est valable dix ans. En 1994, un texte prévoyait d’étendre la validité des cartes d’identité de 5 ans. « L’Etat simplifie vos démarches », indiquent les affiches annonçant cette mesure. Sauf que, cette décision n’est pas reconnue par plusieurs pays européens. Si vous vous présentez en Angleterre par exemple, avec une carte vieille de 11 ou 12 ans, vous serez refoulé. Mais si vous voulez refaire votre carte entre 10 et 15 ans, les services administratifs vous le refuseront au motif… qu’elle est encore valable! La seule solution est d’obtenir une autorisation de voyage auprès de… la mairie.

 

 

 

 

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