Publié le 6 septembre 2026
Hélléan. Le Sonneur est dans l’pré : avec près de 900 festivaliers un bilan en demi-teinte
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Près de 900 festivaliers ont participé samedi soir à la 13e édition du Sonneur est dans l’pré, à Helléan. Une soirée réussie sur le plan artistique, mais plus délicate côté finances : environ 400 entrées supplémentaires auraient été nécessaires pour atteindre l’équilibre. Le festival a notamment dû composer avec une concurrence particulièrement forte ce samedi 5 septembre.
« Merci d’être aussi nombreux ce soir. Ça fait super plaisir de vous voir. Tous les ans, au Sonneur est dans l’pré, à Helléan, vous êtes fidèles et vous êtes toujours avec nous pour nous soutenir. »
Au moment de prendre la parole devant le public samedi soir, les organisateurs ont d’abord voulu retenir cette fidélité. Près de 900 festivaliers auront finalement participé à cette 13e édition.
Un nombre conséquent pour une manifestation organisée dans une petite commune, mais qui ne suffit pas à assurer son équilibre économique. Selon de premières estimations, il aurait fallu environ 400 entrées supplémentaires. Le bilan comptable définitif reste à établir, avec notamment la prise en compte des consommations et de la restauration mais un déficit est d’ores et déjà à prévoir.
Un samedi particulièrement chargé
Le Sonneur est dans l’pré a notamment dû faire face à une accumulation de manifestations organisées le même soir dans le secteur.
Le bal des pompiers de Ploërmel, annulé en juillet en raison des conditions météorologiques et reporté à ce samedi 5 septembre, a probablement pesé dans la balance, notamment auprès du jeune public. Son entrée gratuite constituait également un argument.
D’autres rendez-vous se déroulaient simultanément, parmi lesquels la Fouée de la Saint-Jean avec son inter-villages à Cahéran, à Guillac, ou encore un concert avec quatre groupes à Saint-Servant.
Une partie des habitués a aussi pu être moins séduite par une programmation s’éloignant cette année quelque peu de l’identité punk-rock historiquement associée au festival. « Lorsque j’ai vu la programmation je me doutais qu’il y aurait moins de monde. Il y a Outrage et la Phaze mais pas vraiment de tête d’affiche et vu la conjoncture, avec le prix de l’essence beaucoup hésitent à faire beaucoup de kilomètres pour aller en festival. Cet été pour ma part j’en ai pas fait. Je suis venue ici se soir car ce n’est pas trop loin de chez moi », témoigne une festivalière venue de Mauron.
Une édition riche musicalement
Si cette 13e édition n’a donc pas atteint ses objectifs de fréquentation, le constat est nettement plus positif du côté de la scène.
La programmation a joué la carte de la diversité. Batukacouak, de Sérent, a lancé la soirée au rythme de sa batucada, tandis que Soa Bomba a apporté ses sonorités latinos et une irrésistible invitation à la danse.
La Poison et LMZG ont de leur côté proposé deux prestations particulièrement visuelles, avec leurs univers électro et cuivrés. Outrage et La Phaze apportaient pour leur part la touche plus rock de cette édition.
Les Canadiennes, du tremplin à la scène du festival
Cette édition marquait aussi l’aboutissement d’une initiative lancée l’année dernière : le Tremplin du Sonneur, destiné à mettre en lumière des artistes locaux.
Ses premiers lauréats, Les Canadiennes, avaient gagné leur place dans la programmation. Et pour ce trio de rock, l’événement avait une saveur particulière puisqu’il évoluait à domicile.
Le groupe de la commune réunit Myriam au chant, Olivier à la batterie et Jérôme à la guitare. Leurs compositions naviguent entre blues, ska, rock et reggae.
Une première concrétisation pour ce tremplin qui permet au festival d’ajouter à sa programmation une autre dimension : celle de l’accompagnement de la scène locale.
« Il y a des années qui sont plus ou moins bonnes »
Avec ce bilan en demi-teinte, les remerciements adressés par les organisateurs depuis la scène à tous ceux qui soutiennent le festival prennent évidemment un relief particulier. Les sponsors, dont certains accompagnent l’événement depuis ses débuts, jouent un rôle essentiel.
« Nous, on a besoin de cet argent et ça nous permet de continuer parce qu’il y a des années qui sont plus ou moins bonnes », a rappelé l’un des organisateurs.
Mais les responsables du Sonneur ont tenu à rappeler que les soutiens ne se mesurent pas uniquement en euros. Agriculteurs et entreprises donnent également de leur temps ou mettent du matériel à disposition : « Un petit coup de tracteur, un petit coup de fourgon… franchement, ça vaut tout. »
130 bénévoles derrière la soirée
Et puis il y a ceux sans lesquels rien ne serait possible : les 130 bénévoles mobilisés pour cette édition. Une mobilisation qui ne commence pas le samedi après-midi pour s’achever avec le dernier concert.
« Ce n’est pas qu’aujourd’hui, c’est toute l’année. Demain, après-demain, ça n’arrête pas. Ça prend énormément de temps, énormément d’énergie », a insisté l’un des responsables, avant de remercier les bénévoles de conserver leur sourire malgré cet investissement.
Les collectivités ont également été associées aux remerciements, dont la commune de Josselin pour son prêt de matériel.
Quand les festivals s’entraident
Les organisateurs ont enfin tenu à saluer une solidarité peut-être moins connue du grand public : celle qui existe entre les festivals associatifs du territoire.
Plusieurs de leurs représentants avaient fait le déplacement samedi soir. Depuis la scène, l’équipe du Sonneur a notamment rappelé l’aide reçue à ses débuts avant de saluer le Pont du Rock et plusieurs autres manifestations présentes dans le public.
Une solidarité précieuse dans un univers où les festivals sont aussi confrontés aux mêmes difficultés : équilibre financier fragile, recherche de bénévoles, mobilisation des partenaires et multiplication des événements.
Cette 13e édition du Sonneur est dans l’pré en fournit une nouvelle illustration. Près de 900 personnes, une programmation appréciée et 130 bénévoles mobilisés n’auront malgré tout vraisemblablement pas suffi à équilibrer les comptes. Mais samedi soir, les organisateurs ont aussi montré qu’au-delà de la billetterie, Le Sonneur est dans l’pré peut compter sur un solide réseau de fidélité et de solidarité construit au fil de ses treize éditions.
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