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Oust à Brocéliande

Publié le 12 octobre 2026

Caro. Discours original : au repas du CCAS le maire décline sa vision de la commune en six lettres

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Bonheur, respect, enthousiasme, intégrité, zen attitude et humour. Six valeurs, six lettres et un seul mot : BREIZH ! À Caro, Erwan Gicquel a choisi une façon originale de s’adresser à la centaine d’aînés réunis pour le traditionnel repas organisé par la commission communale d’action sociale. Un discours chaleureux, ponctué d’humour, dans lequel le maire a partagé sa vision de la vie municipale, évoqué les projets en cours et salué l’engagement des habitants. Avec, pour terminer, un clin d’œil vestimentaire au député Paul Molac, également présent.

Il y avait de la convivialité, de l’émotion et quelques éclats de rire lors du traditionnel repas des anciens de Caro. Pour cette rencontre avec plus d’une centaine d’habitants de 70 ans et plus, Erwan Gicquel avait préparé un discours sortant des sentiers battus.

Après avoir remercié les membres de la commission communale d’action sociale et les bénévoles mobilisés pour l’organisation du repas, le maire a eu une pensée pour les habitants disparus depuis la précédente édition, notamment un centenaire décédé cette année. Il a également évoqué les personnes qui ne pouvaient être présentes et souhaité la bienvenue aux nouveaux septuagénaires.

« Rassurez-vous, pour ces nouveaux septuagénaires, il n’y aura pas d’examen d’entrée, pas de cotisation supplémentaire et surtout pas d’obligation de faire plus jeune que son âge », a-t-il plaisanté.

Puis il a invité son auditoire à deviner un mot de six lettres, chacune représentant une valeur qui lui tient à cœur.

B comme bonheur, R comme respect…

La première lettre, le B, était celle du bonheur. Pour Erwan Gicquel, il s’agit de garder le sourire, de prendre plaisir à ce que l’on fait et de transmettre un peu de positif autour de soi.

Il en a profité pour évoquer une satisfaction très concrète : l’avancement du chantier du Lion d’Or, dont la commune espère pouvoir organiser l’inauguration avant la fin de l’année. « Peut-être notre premier cadeau de Noël », a-t-il glissé.

Le R, comme respect, lui a permis d’insister sur la nécessité de préserver le dialogue malgré les différences d’opinions.

« Le respect, ce n’est pas forcément penser tous la même chose, c’est accepter que l’autre puisse penser différemment, tout en gardant la volonté de construire quelque chose ensemble. »

Un message qui prenait une résonance particulière dans le contexte des turbulences nationales évoquées par le maire.

L’enthousiasme pour faire avancer les projets

Avec le E d’enthousiasme, Erwan Gicquel a défendu l’envie d’entreprendre et de rendre les choses possibles, même lorsqu’elles demandent davantage d’efforts.

Il a notamment cité l’installation récente d’une balançoire adaptée aux personnes à mobilité réduite. Un équipement encore entouré de barrières le temps que l’herbe pousse, mais destiné à permettre à davantage d’enfants de profiter des jeux. « Pour un enfant qui peut enfin en profiter, pour sa famille, cela peut représenter beaucoup », a-t-il souligné.

Le I, comme intégrité, lui a ensuite donné l’occasion de définir sa conception de la fonction de maire : agir avec honnêteté, rester fidèle à ses convictions, assumer ses décisions, mais aussi savoir les remettre en question lorsque cela s’avère nécessaire.

« Être maire, ce n’est pas chercher à plaire à tout le monde à chaque instant, c’est essayer de prendre les décisions qui semblent les plus justes pour la commune. »

Z comme zen attitude, H comme humour

Pour la cinquième lettre, le maire a choisi la zen attitude : savoir relativiser, garder son calme face aux difficultés et ne pas se laisser décourager par les obstacles.

Restait le H, celui de l’humour, une valeur qu’Erwan Gicquel considère comme essentielle pour entretenir de bonnes relations et ne pas toujours se prendre trop au sérieux.

Il a alors évoqué la récente course de caisses à savon, première grande manifestation du nouveau comité des fêtes de Caro. Au-delà du succès de l’événement, c’est surtout la mobilisation collective qui l’a marqué.

« Des bénévoles de tous âges, des habitants installés depuis longtemps dans la commune, des natifs, mais aussi des nouveaux arrivants. Tous réunis autour d’un même projet, avec de l’énergie, de la bonne humeur et l’envie de faire ensemble. »

Une illustration, selon lui, de ce qui fait la richesse de la commune. « Une commune ne se résume pas à ses bâtiments, à ses équipements ou à ses projets. Elle vit aussi grâce aux personnes qui s’investissent, qui donnent de leur temps et qui créent des occasions de se retrouver. »

Dans cet esprit, le maire a invité les habitants à rejoindre les associations locales, notamment le club de l’amitié, rappelant également que l’adhésion à la bibliothèque municipale est gratuite.

BREIZH, ou l’art de faire ensemble

Au terme de son discours, Erwan Gicquel a enfin dévoilé le mot mystère -que tout le monde avait deviné- : BREIZH. Bonheur, respect, enthousiasme, intégrité, zen attitude et humour : six valeurs pour résumer un état d’esprit qu’il souhaite partager avec les habitants.

« Ça me ressemble, mais je pense que ça nous ressemble tous », a-t-il déclaré, avant de lancer : « Faisons ensemble et réapprenons à faire local. »

Et comme l’humour n’était jamais très loin, il a proposé d’autres déclinaisons : « Bretagne, zone heureuse…Bretagne zone humide ! », en référence au besoin de pluie.

Des chaussettes bretonnes pour répondre au gilet de Paul Molac

Le maire avait gardé une petite surprise pour la fin. En remerciant le député Paul Molac d’avoir répondu à l’invitation, Erwan Gicquel a fait remarquer qu’il ne possédait pas de beau gilet traditionnel breton comme celui que porte régulièrement le parlementaire.

Mais il avait trouvé une solution : relevant le bas de son pantalon, il a dévoilé des chaussettes aux couleurs de la Bretagne, provoquant les réactions amusées de l’assistance et du député.

Un clin d’œil parfaitement dans le ton de son discours.

Paul Molac : « Caro est un exemple » de l’esprit collectif

Prenant à son tour la parole, Paul Molac a prolongé cette réflexion sur l’importance de la vie locale. Le député a d’abord évoqué ses liens personnels avec Caro, où vivent certains de ses cousins. Il s’est également souvenu d’une prestation de chant donnée en public en 1985, dans l’ancienne salle Saint-Hervé.

Il a ensuite insisté sur une caractéristique des communes rurales : leur capacité à réunir des habitants d’horizons différents autour de projets communs. « Caro est un exemple à ce niveau-là. Et c’est bien, il faut continuer. Parce que c’est comme ça qu’on fait société. »

Paul Molac a également profité de son intervention pour regretter la perte d’autonomie fiscale des collectivités et le poids des réglementations imposées aux communes, parfois sans moyens financiers supplémentaires.

Il a notamment rappelé les contraintes propres à Caro, commune rurale dotée d’un réseau de voirie important, dont l’entretien représente une charge croissante. Mais il a surtout tenu à saluer cet esprit collectif qui, selon lui, permet aux petites communes de continuer à avancer. Avant de souhaiter aux convives de profiter pleinement de leur après-midi, entre discussions, chants et danses. Il n’ d’ailleurs pas résisté au plaisir d’entonner une chanson extraite du patrimoine culturel local…

Une conclusion qui rejoignait finalement le message du maire : au-delà des projets et des difficultés, l’essentiel reste de prendre plaisir à se retrouver et à faire vivre la commune ensemble. Et cela dans une salle qui avait été joliment décorée par les agents communaux avec les coloquintes du jardin partagé et les branches des arbustes de la haie toute proche…

Les deux doyens de l’assemblée, Joseph Pellerin et Hélène Dubois ont été mis à l’honneur.

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