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Oust à Brocéliande

Publié le 27 septembre 2026

Saint-Malo-de-Beignon. Un millier de personnes forment une chaîne humaine pour défendre l’étang d’Aleth

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Une impressionnante chaîne humaine a entouré l’étang d’Aleth ce dimanche matin à Saint-Malo-de-Beignon. Environ un millier de personnes ont répondu à l’appel du collectif qui s’oppose à la disparition du plan d’eau. Une mobilisation soutenue par la municipalité, alors que la décision sur l’avenir du site appartient à Oust à Brocéliande Communauté et n’est pas encore arrêtée.

Main dans la main, ils ont entouré l’étang. Habitants de Saint-Malo-de-Beignon, familles, habitués de la base de loisirs, mais aussi habitants et élus venus d’autres communes : environ un millier de personnes ont participé ce dimanche matin à la chaîne humaine organisée autour de l’étang d’Aleth. Une mobilisation d’ampleur pour cette petite commune, organisée à l’appel du Collectif pour la sauvegarde de l’étang d’Aleth et à laquelle la municipalité s’était associée.

L’objectif était clairement affiché : manifester pacifiquement l’attachement au plan d’eau et peser dans les discussions qui doivent déterminer son avenir.

Face aux participants, Marie-Hélène Herry, maire de Saint-Malo-de-Beignon et conseillère départementale, a insisté sur la dimension symbolique de cette chaîne humaine.

« Vous démontrez que ce lieu n’est pas seulement un plan d’eau. Il est une partie de notre histoire, de notre cadre de vie, de notre identité collective et de l’avenir que nous voulons construire », a-t-elle déclaré.

Dans un message publié après le rassemblement, la municipalité a également remercié les élus d’autres communes venus participer à la mobilisation ainsi que les nombreuses personnes qui avaient manifesté leur soutien sans pouvoir être présentes.

La commune rappelle aussi l’histoire intercommunale du site : les travaux de création de l’étang avaient été portés par un SIVOM réunissant Augan, Beignon, Guer, Monteneuf, Porcaro et Saint-Malo-de-Beignon, avant une inauguration en 1976.

Pourquoi l’avenir de l’étang est-il en question ?

Derrière cette mobilisation se trouve un dossier réglementaire complexe. Selon Oust à Brocéliande Communauté, propriétaire du site, une injonction préfectorale du 28 janvier 2022, faisant suite à une décision de justice, impose une régularisation administrative et une mise en conformité, notamment au regard de la continuité écologique, au plus tard le 1er janvier 2027. L’intercommunalité insiste sur un point : aucune décision de suppression ou de renaturation de l’étang n’a encore été prise. La décision devra passer par un vote du conseil communautaire.

Dans son discours dimanche, Marie-Hélène Herry a rappelé les différentes pistes aujourd’hui évoquées : réaliser les travaux nécessaires au maintien de l’étang, renaturer le site avec la disparition progressive du plan d’eau, ou envisager son transfert à la commune.

OBC a de son côté annoncé qu’une réunion publique serait organisée après un travail entre la commune et l’intercommunalité. Elle doit permettre de présenter les différents scénarios avec leurs conséquences techniques, environnementales et financières.

Le conseil municipal veut conserver l’étang

La position de la commune, elle, est désormais sans ambiguïté. Le 4 septembre dernier, le conseil municipal s’est prononcé à l’unanimité pour la préservation de l’étang et sa mise en conformité réglementaire, notamment par un contournement du ruisseau et les aménagements nécessaires à sa pérennisation. Il s’est opposé à sa suppression et à une renaturation totale du site, a rappelé la maire dimanche.

Pour justifier cette position, Marie-Hélène Herry a avancé plusieurs arguments : la place du plan d’eau dans le paysage et l’identité de la commune, son intérêt touristique et économique, les activités de loisirs qui y sont pratiquées ou encore son utilisation comme réserve d’eau pour la lutte contre les incendies.

La base de loisirs reste effectivement un lieu d’activités porté aussi par OBC : cet été, l’intercommunalité y proposait notamment des animations autour de la navigation préhistorique, avec pirogues et bateaux de roseaux.

La maire a également évoqué les enjeux environnementaux, estimant que la conservation du plan d’eau devait aller de pair avec le respect des obligations réglementaires et des études complémentaires.

Un message adressé à l’OBC

La chaîne humaine de ce dimanche avait donc aussi valeur de message politique à quelques mois de l’échéance réglementaire.

Marie-Hélène Herry a néanmoins rappelé que la commune n’est pas décisionnaire : le site appartient à Oust à Brocéliande Communauté.

« Le combat que nous menons n’est pas un combat contre qui que ce soit. C’est un combat pour un projet », a-t-elle déclaré, souhaitant que l’image de la mobilisation de dimanche soit prise en compte dans les décisions à venir.

De son côté, la présidente d’OBC Gaëlle Stricot défend une démarche de concertation et affirme vouloir examiner les différentes solutions avant le débat communautaire. Dans une communication publiée le 23 septembre, elle indiquait que les positions du collectif, de la fédération de pêche et des autres acteurs concernés avaient vocation à alimenter cette réflexion.

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