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Oust à Brocéliande

Publié le 8 octobre 2026

Pays de Ploërmel. Incendies : pourquoi la Destination Brocéliande s’engage pour protéger la forêt

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Les violents incendies de l’été 2022 ont marqué un tournant. Face au changement climatique et à un risque de feux de forêt appelé à devenir plus fréquent, l’État a identifié six massifs bretons devant faire l’objet d’un Plan de massif de protection de la forêt contre l’incendie. Brocéliande en fait partie. La Destination Brocéliande vient de recruter une chargée de mission qui aura 30 mois pour établir un diagnostic complet et construire un plan d’action avec l’ensemble des acteurs du territoire.

De gauche à droite : Claire Démard, vice-présidente de la Destination Brocéliande, Marie Charrier, chargée de mission et Ronan Coignanrd, président de la Destination Brocéliande

« Si on ne participe pas à la préservation de ce massif, ce n’est pas cohérent avec notre volonté de promouvoir le tourisme. » Pour Ronan Coignard, président de la Destination Brocéliande, le lien est évident. Avec le canal de Nantes à Brest, le massif de Brocéliande constitue l’une des principales portes d’entrée touristiques de la Destination. Mais ce patrimoine naturel est aussi devenu plus vulnérable.

Les incendies de 2022, notamment autour de Campénéac et de Paimpont, ont servi d’électrochoc. Une mission interministérielle a suivi à la fin de cette même année. Le constat dressé alors était que, sous l’effet du dérèglement climatique, des incendies jusqu’ici espacés pourraient devenir plus fréquents.

Une vulnérabilité qui tient aussi à la nature de certaines parties du massif. « On dit que c’est la forêt, mais ce n’est pas vraiment la forêt, c’est plutôt la lande », rappelle Ronan Coignard en évoquant notamment les genêts qui, une fois secs, s’enflamment très facilement.

Six massifs bretons considérés comme prioritaires

À la suite de ces événements, six massifs ont été identifiés en Bretagne pour faire l’objet d’un Plan de massif de protection de la forêt contre l’incendie (PMPFCI). Ce type de démarche existe depuis longtemps dans le sud de la France, beaucoup plus exposé historiquement aux incendies, mais est beaucoup plus nouveau en Bretagne. Surtout les feux qui menacent la forêt bretonne sont totalement différents de ceux qui frappent le sud du pays et nécessitent des conditions d’intervention différentes.

Pour Brocéliande, encore fallait-il trouver une structure capable de piloter la démarche sur un territoire particulièrement complexe. Après environ un an de travail et d’auditions, la Destination Brocéliande a été retenue. Un choix qui s’explique notamment par les liens qu’elle entretient déjà avec les propriétaires, chasseurs, habitants, associations et professionnels, mais aussi par une particularité essentielle : elle constitue la seule structure publique couvrant l’ensemble du massif, à cheval sur plusieurs intercommunalités et deux départements.

« L’objectif, c’est de mettre tout le monde autour de la table », résume Ronan Coignard.

Marie Charrier recrutée pour 30 mois

Pour mener ce chantier, la Destination vient de recruter Marie Charrier, chargée de mission arrivée le 21 septembre. Diplomée d’un master de politique environnementale, celle-ci est aussi très investie dans les associations environnementales locales et a suivi un stage à la DTM du Morbihan. Sa mission va durer 30 mois. Le budget prévisionnel du plan s’élève à environ 190 000 euros, avec une participation de l’État annoncée à 144 000 euros. La Région Bretagne apporte 10 000 euros et les Départements du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine 9 000 euros chacun. Le solde doit être supporté par les intercommunalités concernées.

Mais il ne faut pas s’attendre à voir immédiatement de nouvelles pistes ou réserves d’eau apparaître dans la forêt. Ces 30 mois vont d’abord servir à comprendre précisément le risque et à construire une stratégie.

Pistes pour les pompiers, points d’eau, zones de retournement…

Le travail va commencer par la définition précise du périmètre concerné et par un état des lieux très détaillé. Nature des sols et de la végétation, vents, fréquentation humaine, activités pratiquées dans la forêt, historique des incendies : toutes ces données seront croisées afin d’identifier les secteurs et les périodes présentant les risques les plus importants.

L’autre volet très concret concernera les équipements de Défense des forêts contre les incendies (DFCI).

Les pistes permettant aux pompiers d’intervenir seront recensées, tout comme les zones permettant aux véhicules de faire demi-tour ou encore les points d’eau disponibles. L’objectif sera d’identifier ce qui existe, son état et les éventuels manques.

Au terme des 30 mois, ce diagnostic devra déboucher sur un plan d’action : remise en état d’équipements, création de nouveaux aménagements si nécessaire, mais aussi meilleure coordination des dispositifs déjà existants.

Car des actions sont déjà menées en Brocéliande, notamment avec les éco-gardes. Le problème, explique l’équipe chargée du dossier, est qu’elles ne sont pas aujourd’hui toutes pensées à l’échelle globale du massif.

L’OBC ne s’associe pas à la démarche

C’est probablement l’un des principaux enjeux du futur plan. Le massif de Brocéliande est un territoire morcelé, très largement privé et fréquenté par une multitude d’acteurs aux usages différents. Propriétaires forestiers, collectivités, services de l’État, pompiers, ONF, Centre national de la propriété forestière, chasseurs, associations, professionnels ou encore acteurs touristiques devront donc être associés.

Les SDIS du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine sont notamment attendus autour de la table. « Ils n’ont qu’une envie, c’est que ça se mette en place », indique Ronan Coignard.

La démarche doit porter sur un massif d’environ 13 000 hectares, dont quelque 5 000 hectares sur le camp de Coëtquidan. Une fois le diagnostic et le programme d’actions achevés, viendra une deuxième étape : celle de leur réalisation. Elle dépendra alors des décisions prises et des financements qui pourront être mobilisés.

Pour Ronan Coignard, l’engagement financier de l’État et des collectivités traduit déjà une évolution importante depuis 2022 : la préservation de Brocéliande n’est plus seulement considérée comme une question forestière locale, mais comme un enjeu partagé par tout le territoire.

Toutes les communautés de communes membres de la Destination Brocéliande ont accepté de s’associer à la démarche sauf une, la communauté de commune de l’Oust à Brocéliande Communauté (OBC) « pour des raisons politiques », explique Ronan Coignard.

1 commentaire "Pays de Ploërmel. Incendies : pourquoi la Destination Brocéliande s’engage pour protéger la forêt"

  1. Une telle problématique devrait intéresser tous les acteurs locaux, il vraiment regrettable de voir OBC refuser une telle démarche et si en plus c’est pour de sombres « raisons politiques », c’est invraisemblable et inacceptable!
    Encore une manière de se distinguer, une de plus mais pas en bien!

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