Retrouvez Les Infos du Pays Gallo sur : 6,5K 16K 700

Accueil / Oust à Brocéliande / Missiriac. Abeilles : ce minuscule parasite serait encore plus redoutable que le frelon asiatique

Oust à Brocéliande

Publié le 27 août 2026

Missiriac. Abeilles : ce minuscule parasite serait encore plus redoutable que le frelon asiatique

Version sans publicité

Soutenez notre média local et profitez d’une lecture sans interruption

×

La récolte de miel est excellente cette année à Missiriac et, autre bonne nouvelle, le frelon asiatique s’est fait particulièrement discret. Mais pour Robert, l’apiculteur qui veille sur le rucher communal, un autre ennemi des abeilles est encore plus inquiétant. Il est minuscule, presque invisible à l’œil nu et porte un nom encore assez méconnu du grand public : le varroa.

C’était l’un des enseignements de la traditionnelle animation organisée à l’occasion de l’extraction du miel des ruches communales de Missiriac. Devant un public particulièrement attentif, Robert a raconté avec beaucoup de pédagogie la vie fascinante d’une colonie d’abeilles. Une ruche peut compter à cette période de l’année 50 000 à 60 000 individus, une reine peut pondre jusqu’à 2 000 œufs par jour et une abeille ne produit au cours de sa courte existence que quelques grammes de miel. Autant de chiffres qui permettent de mesurer l’extraordinaire organisation collective nécessaire à la production du précieux nectar.

Mais les explications de l’apiculteur ont aussi permis de mettre en lumière les multiples menaces auxquelles sont confrontées les abeilles : pesticides, maladies, parasites et prédateurs.

« Le varroa, c’est pire que le frelon »

Parmi ces derniers, tout le monde ou presque connaît désormais le frelon asiatique. Pourtant, Robert attire l’attention sur un ennemi beaucoup moins spectaculaire mais selon lui beaucoup plus dangereux : « Le plus gros problème pour elles, c’est le varroa », explique-t-il.

Contrairement au frelon asiatique qui chasse les abeilles, le varroa est un parasite minuscule qui vit à leurs dépens. Il se développe notamment dans les alvéoles où grandissent les larves puis parasite également les abeilles adultes, les affaiblissant et pouvant contribuer à la transmission de maladies. Sa population peut rapidement passer de quelques centaines à plusieurs milliers d’individus dans une ruche.

Pour Robert, le constat est sans appel : les apiculteurs sont obligés de traiter leurs ruches pour maintenir le niveau d’infestation à un seuil supportable pour les colonies. Ces traitements sont notamment effectués après la récolte du miel. « Celui qui ne traite pas sa ruche contre le varroa, il est tranquille deux ans après », lance-t-il avec son franc-parler, pour expliquer qu’une colonie non protégée finit selon lui par disparaître.

L’apiculteur fait d’ailleurs un constat frappant. Dans son enfance, se souvient-il, il connaissait de nombreuses colonies d’abeilles sauvages installées dans des arbres creux ou ailleurs dans la nature. Elles sont aujourd’hui devenues très rares. Il attribue notamment cette disparition au varroa : sans intervention humaine pour limiter le parasite, ces colonies auraient beaucoup de mal à survivre durablement. « Le varroa, c’est vraiment le fléau des abeilles. C’est pire que les pesticides, c’est pire que le frelon », affirme-t-il.

À Missiriac, le frelon asiatique a reculé

Ces explications résonnent d’autant plus fortement que Missiriac vient justement de mener une action spécifique contre le frelon asiatique.

Après une année 2025 difficile, marquée par la découverte de nombreux nids dans le centre-bourg et la nécessité de déplacer les abeilles du rucher communal, la municipalité avait décidé ce printemps d’acheter des pièges et de les mettre à disposition des habitants.

En marge de l’extraction du miel, la maire, Christelle Marcy, s’est réjouie des premiers résultats. Les habitants ont largement participé à l’opération et, selon le bilan provisoire dressé par la municipalité, aucun nid n’aurait été détecté cette année sur la commune. L’expérience devrait donc être renouvelée après une analyse complète de cette première campagne.

Une excellente récolte malgré la sécheresse et les canicules

Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là. Après plusieurs saisons difficiles, les ruches communales ont été particulièrement productives. « Nos ruches ont été prolifiques », s’est réjouie Christelle Marcy.

Un résultat qui pourrait paraître surprenant après les épisodes de canicule et la sécheresse de cet été. Robert confirme pourtant que 2026 constitue une année « tout à fait correcte » pour la récolte. Lors des fortes chaleurs, les abeilles sont capables de réguler la température de leur ruche, qui doit rester aux environs de 30 à 35 °C dans la zone où se développe le couvain. Elles ont alors besoin de beaucoup d’eau : Robert estime cette consommation à deux ou trois litres par jour et par ruche lors des périodes chaudes.

À Missiriac, la récolte se déroule en deux temps. Le miel de printemps, plus clair, provient notamment des premières floraisons et du colza. Celui récolté en été est beaucoup plus foncé, avec notamment de l’acacia, du châtaignier et des ronces. Deux couleurs, deux compositions et deux saveurs que le public a pu découvrir avant d’assister concrètement à l’extraction.

Une animation qui aura donc permis de repartir avec une certitude : derrière le très visible frelon asiatique se cache un ennemi infiniment plus petit, mais dont les conséquences peuvent être considérables pour les colonies d’abeilles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Articles similaires