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Réminiac

Publié le 5 juin 2021

Pays de Ploërmel. 6 Juin 1944 : on a aussi débarqué en Bretagne…

On a souvent tendance à se souvenir, et même à croire que le débarquement du 6 juin 1944 n’a eu lieu qu’en Normandie ! Pourtant dans la nuit du 5 au 6 juin, des parachutistes, des SAS français (Spécial Air Service), formés en Angleterre, sont largués au-dessus des Côtes du Nord (Côtes d’Armor) et du Morbihan. Plusieurs seront abattus, et les survivants se regrouperont au maquis de Saint-Marcel, entre Vannes et Ploërmel, pour aider les résistants…

La Bretagne participe au débarquement sur 2 de ses territoires, avec 36 commandos du 4ème bataillon SAS. Les Forces Françaises Libres (FFL), parachutistes des SAS français sont largués par petits groupes, d’une part au dessus de la forêt de Duault, non loin de Guingamp, dans les Côtes du Nord : c’est la base « Samwest, » et d’autre part à Plumelec dans le Morbihan, la base « Dingson ». Le but de ces parachutages est de perturber le mouvement des 85 000 soldats allemands, de désorganiser l’arrivée de leurs renforts et de les empêcher de rejoindre la Normandie…

Partis de Fairford à 130 km de Londres, le lieutenant Marienne et ses hommes sont les premiers à fouler le sol français, sur les landes de Lanvaux à Plumelec. Leur mission est de préparer le terrain pour les autres unités à venir. Dès leurs parachutages, les soldats doivent affronter les troupes supplétives allemandes. Ce sont des Ukrainiens et Géorgiens de l’armée Vlassov, équipés par la Wehrmacht. Ensuite, ils coupent les communications et le réseau électrique et sabotent les lignes de chemin de fer. Avec l’aide de la résistance française, une partie d’entre eux regagneront le maquis de Saint-Marcel. Ils seront, jusqu’à la bataille du 18 juin, 160 parachutistes à s’y installer et à combattre l’ennemi aux côtés des maquisards.

70 SAS, la majorité des bretons, ont disparu entre le 6 juin et le 28 septembre 1944, dont 13 ont été tués sur le sol de Plumelec.

Le parcours d’un SAS, parachuté en Bretagne :

René Dejean est né à Ploërmel le 18 novembre 1922. Il était étudiant et vivait rue du Val. Il répond à l’appel du général de Gaulle en juin 1940 et part pour l’Angleterre. Il s’engage à Londres le 10 août 1940 dans les Forces Françaises Libres (FFL). Il est breveté parachutiste le 10 avril 1941 et reçoit une formation de commando de mai à juillet 1941. Enregistré à la compagnie de l’Air Moyen-Orient, il participe, dès lors, aux opérations au Liban, puis en Egypte sur les bords du canal de Suez, avant de rejoindre la guerre du désert en Libye. Il appartient au French Squadron du Spécial Air Service britannique. Il combat aux côtés des Britanniques, qui affrontent les troupes allemandes de Rommel. Rappelé en Angleterre, son unité intègre le second régiment de parachutistes et le 4e  Spécial Air Service (SAS) du commandant Bourgoin. Sa mission est de renforcer et d’encadrer les maquis bretons dans le cadre du débarquement, l’opération Overlord.

Le caporal-chef René Dejean est parachuté dans la nuit du 9 au 10 juin sur le maquis de Duault dans les Côtes du Nord (Côtes d’Armor). La base de SAS est attaquée en force  par la Wehrmacht, le 12 juin. Les résistants se replient dans le Morbihan à Saint-Marcel. René Dejean se retrouve à Plumelec. Le 23 juin 1944, l’ennemi surprend son groupe au village de Talcoët Meur à Plumelec. Au cours du combat, René Dejean est blessé puis capturé. Il est fusillé le même jour, à l’âge de 21 ans 1/2. Son corps n’a jamais été retrouvé. Il aurait été jeté dans un bâtiment en feu dans ce même village. Il en fut de même pour son camarade Louis Guégan.

A Ploërmel, 2 impasses rendent hommage a 2 engagés des Forces Françaises libres. L’impasse René Dejean (derrière l’hôpital) rend hommage à sa bravoure. Elle a été inaugurée en août 2004 par l’ancien ministre Pierre Messmer, FFL lui aussi. La mairie de Ploërmel a ajouté en marge de son acte de naissance : “décédé le 23 juin à (blanc) avec la mention “Mort pour la France”. L’impasse Maurice Dubo (près de la route allant à Guillac) porte aussi le nom d’un ancien combattant FFL des SAS de Ploërmel.

Né à Ploërmel le 8 mai 1923, Maurice Duno s’est engagé dans la France Libre, et rejoint  Londres le 5 juin 1942 dans l’Armée de Terre. Il a 19 ans. Le 25 juillet 1943, il change d’armes et sera sous-lieutenant aux Forces Aériennes Françaises Libres  (FAFL) Parachutistes. Maurice Duno est décédé en 2005. Il avait 82 ans.

INFOS :

Le monument de Plumelec a été construit en 1989 au Moulin de la Grée à Plumelec, par le sculpteur Jean Mélinard, ancien SAS lui-même. Les 70 noms y sont inscrits. Depuis 1994, une place du bourg de Plumelec porte le nom du caporal Emile Bouétard. Ce Breton fut la première victime du débarquement du 6 juin 1944, tombé à Plumelec à 0 h 40 et à l’âge de 29 ans. Il a est touché à la gorge et à la face par une balle explosive. Hommage à lui en cet anniversaire du 6 juin et à tous les autres…

Le Général Eisenhower a rendu hommage, dans ses mémoires, à la résistance bretonne…

6 commentaires "Pays de Ploërmel. 6 Juin 1944 : on a aussi débarqué en Bretagne…"

    1. bonjour à tous en juin 44 les forces alliées et la wehrmacht utilisent ( la nouvelle heure) GMT + 2 les anglais depuis le 2/04/44 et
      les allemands depuis juin 40 au fur et à mesure de leur progression. Le caporal Emile BOUETARD meurt le 6 juin 1944 à 1 h 30
      GMT + 2 or les bretons retiendront son décès le 5 juin 1944 à 23 h 30 GMT + 0 Emile est blessé à l’épaule un soldat de l’armée
      rouge l’achève d’une rafale dans la tête sort son couteau et lui sectionne un doigt pour récupérer une bague qu’il portait.

  1. Il y a eu exactement 77 parachutistes français morts en Bretagne pour la Libération du 5 juin à fin août 1944. Le chiffre est important à respecter (pas seulement 70).

    L’heure solaire bretonne n’étant l’heure anglaise (+ 2 heures), le parachutiste FFL Emile Bouétard serait mort le soir du 5 juin 1944 comme l’indique la plaque en photo en haut à droite.

  2. Pour des raisons pratiques et pour ennuyer le régime de Vichy, les Bretons et d’autres vivaient à l’heure solaire (horloges).

    Donc, leur mémoire a retenu que le parachutiste Emile Bouétard est mort le soir du 5 juin. Mais les « historiens savants » retiennent l’heure anglaise qui n’avait pas court en Bretagne évidemment.

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