Saint-Marcel. Au coeur du chantier du Musée de la Résistance

Un nouveau logo et une nouvelle appellation ont été choisis pour le Musée de la Résistance Bretonne, qui devient le Musée de la Résistance en Bretagne. Ce jeudi, Jean-Luc Bléher président de l’OBC (L’Oust à Brocéliande Communauté) et Claude Jouan le vice-président, en charge des travaux et du patrimoine ont organisé une visite du chantier, pour présenter le nouvel agencement du musée. Les deux élus étaient accompagnés de Tristan Leroy, directeur du Musée, de Morgane Sené la directrice des services techniques de l’OBC,  de Fabienne Boucher la directrice de la communication et de Noémie Thomas en charge du tourisme et de la culture.
La surface totale du musée est de 2000 M2 au sol. Quatre grands bâtiments entourent un patio extérieur de 300M2, où une végétation de bruyères sera plantée autour de la Croix de Lorraine, évoquant ainsi le maquis. Un bâtiment est réservé pour le stockage des réserves.
Claude Jouan détaille les travaux, dits de finition, qui sont encore à réaliser : l’électricité, les sols, les peintures et la mise en place des ameublements. “Des techniques innovantes sont capables, de nos jours, de faire de la copie de l’ancien avec des matériaux nouveaux et chaque fois que cela a été possible, nous avons récupéré de l’ancien pour le marier avec du nouveau !”
La visite de l’intérieur a débuté avec le beau volume réservé au hall d’accueil, qui offrira une scénographie, qui plantera de suite le décor avec l’histoire des lieux, l’incendie du bourg, la bataille de Saint-Marcel, pour une mise en ambiance immédiate… Après le hall d’accueil, un sas d’introduction avec ses portraits de résistants et ses vitrines sur la bataille du 18 juin 44 conduira le public aux grands espaces, car la scénographie des années 80 a été décloisonnée pour récupérer du volume. Cependant, plusieurs petits espaces, à thèmes bien identifiés, ont été confinés, pour conserver l’atmosphère et l’ambiance de certaines scènes comme celle de l’écoute de radio clandestine avec la TSF, le poste du bombardier, du bunker du mur de l’Atlantique, ou encore la scène qui illustre la liberté pour Londres, au départ de l’île de Sein, etc… ”L’objectif est de conserver les marqueurs de l’ancien musée, les réinterpréter et les moderniser. La rue avec l’Épicerie-bazar et les Postes-Télégraphes-Téléphones a été conservée !” nous explique Tristan Leroy.
Au coeur des différentes grandes salles, tous les thèmes seront exposés avec aussi une salle de projection et de nombreuses vitrines de mannequins: l’occupation; la bataille de Saint-Marcel; la France Libre et les parachutistes, FFI et SAS; les véhicules exposés sur 2 colonnes : celle des véhicules allemands et celle des véhicules américains;  la libération; le retour des prisonniers de guerre et des déportés; le retour à la vie et la conclusion avec une réflexion sur la question : Que signifie résister aujourd’hui ? … La visite prendra fin avec un auditorium, un espace pédagogique, une salle d’exposition temporaire pour créer l’événement…
Huit personnes sont employées au nouveau musée. Elles se partageront 3 missions et seront affectées à l’accueil, la médiation (guides et ateliers), l’inventaire (étude des collections et la réception).
“Le coût total des travaux du Musée de la Résistance en Bretagne s’élève à un peu plus de 4 millions d’euros, financés par l’Etat, le Département, la Région et la Communauté de communes. Nous espérons retrouver un public nombreux, 50 000 visiteurs par an, pour faire perdurer avec lui notre devoir de mémoire et le transmettre aux générations futures…”, précise Jean-Luc Bléher  Le président de l’OBC a tenu à adresser ses remerciements pour leur participation et investissement à la réalisation de ce projet à Pierrick Lelièvre vice-président aux affaires culturelles, la fondation Charier pour la mise à disposition de bâtiments pendant les travaux, avec une pensée à Bernard Miloux, l’ancien maire de Malestroit, décédé il y a 2 ans et qui s’était beaucoup investi dans ce dossier.

Lors du conseil communautaire qui s’est déroulé ce jeudi soir à La Gacilly, Jean Luc Bléher a indiqué qu’il espérait l’ouverture du musée avant l’été mais que son inauguration n’aurait lieu qu’à l’automne.


'Saint-Marcel. Au coeur du chantier du Musée de la Résistance' a 2 commentaires

  1. 1 mars 2021 @ 11 h 28 min Louarn jean-Claude

    “Résidant à quelques distances du Pays Gallo mais en étant natif, je parcours avec intérêt et régulièrement votre journal afin de me tenir au courant des actualités dont vous faîtes l’écho.
    C’est ainsi que j’ai lu avec une grande attention l’article concernant les travaux de rénovation du Musée de la Résistance baptisée à présent « en Bretagne », paru à la fin de la semaine qui vient de se terminer.
    Adhérent de l’Association des Amis du Musée, je cède à l’invite d’écrire des commentaires sur le sujet. Ce faisant, je n’exprime là qu’un avis personnel et non celui de l’association dont je suis membre.
    Tout d’abord, je remercie Monsieur Jean-Luc Bléher, Président de l’Oust à Brocéliande Communauté, qui rappelle l’engagement personnel de notre regretté ami, Bernard Miloux. Ancien maire de Malestroit, puis Président des Amis du Musée de la Résistance Bretonne, ces deux niveaux de responsabilité l’avaient amené à s’investir sans compter pour la structure muséale héritée de la volonté de Gilles Possémé, ancien premier magistrat de Saint-Marcel et initiateur de l’Association des Amis, de conserver de manière pérenne ce fragment d’histoire de la libération nationale que furent le maquis puis le combat de Saint-Marcel ainsi que la répression sauvage qui s’ensuivit.
    Il fut entouré pour cela d’une équipe composée notamment d’anciens résistants dont un bon nombre avaient vécu les évènements locaux. A l’image de Loïc Bouvard, toutes et tous, tenaient à ce qu’en dépit des années cette richesse commune demeure par le biais d’objets et de documents les plus variés patiemment accumulés. La collecte avait montré à quel point était nécessaire la création d’un lieu permettant leur présentation organisée de manière à transmettre aux visiteurs potentiels une mémoire aisément compréhensible. Aidé par une commission scientifique constituée d’historiens dont deux membres sont toujours présents, le musée installé tout d’abord dans un local municipal put prendre toute sa dimension grâce à la réalisation d’un ensemble architectural adapté et plus cohérent par rapport à sa future fonction.
    Baptisé fugacement « Musée de la Résistance Morbihannaise » compte tenu du nombre exceptionnellement important de résistants dans ce département, il devint par souci d’objectivité « Musée de la Résistance Bretonne ».
    Pendant les années qui allaient suivre cette dénomination accompagna son succès, puis malheureusement son déclin car la mémoire humaine est périssable en même temps que les constructions , même les plus solides, se détériorent…

    A présent, une nouvelle appellation va accompagner sa destinée… Pourquoi ce changement ? quelles raisons ont motivé cette décision ? Faut-il qu’elles soient sérieuses pour que la structure nationale en charge des « Musées de France » accepte la proposition… Hélas, prendre connaissance de l’argumentaire laisse rêveur tant il semble s’intégrer à la couleur du temps, c’est-à-dire nimbé d’un brin de complotisme, ce qui prête à sourire… Partant de là, que le « logo nouveau » se jumelle parfaitement à ce changement  ne surprend guère. Né d’un quelconque logiciel, il est dépourvu du lien viscéral avec les évènements de l’histoire et les caractères si spécifiques du Pays Gallo. Il fait partie de l’interminable et banale production actuelle dans le domaine de la communication.
    Choix étonnant pour le témoin, compte-tenu du bel investissement qu’il observe à bien des niveaux dans les équipes qui sont impliquées depuis des années dans le projet de rénovation.
    La série de photographies qui accompagne l’article de votre journal témoigne des avancées du chantier encore que l’identité des personnes présentes lors de la visite amène à s’étonner de l’absence de Monsieur Armel Rousselot, actuellement maire de la Commune de Saint-Marcel. Il
    appartient pourtant à la liste de successeurs de Monsieur Gilles Possémé et est logiquement parmi les personnalités concernées par le projet de par sa position de premier magistrat de la commune.
    La parcelle sur laquelle est implanté depuis l’origine l’établissement n’appartiendrait-t-elle plus à Saint-Marcel ? Il serait certainement intéressant d’interroger Monsieur Rousselot à ce sujet…
    En dehors de ces quelques remarques, à l’image des visiteurs du chantier, chacun peut se montrer satisfait de l’avancée des travaux malgré une situation difficile liée aux impératifs sanitaires…
    De manière unanime tous souhaitent aussi, du moins faut-il l’espérer, que le musée rénové retrouve l’essor qu’il a connu dans les années qui avaient suivi sa création. Il a un potentiel indéniable d’atouts que l’équipe de professionnels saura, nous en sommes convaincus, valoriser et dynamiser.
    Compte tenu de sa situation géographique, il est fondamental qu’il devienne rapidement l’image forte de ce coin du Morbihan si imbibé d’histoire « pour faire perdurer avec lui notre devoir de mémoire et le transmettre aux générations futures » ainsi que le précise monsieur Jean-Luc Bléher !
    Puisse-t-il s’ouvrir dans les délais initialement programmés.
    Je vous remercie de bien vouloir faire paraître ces quelques modestes remarques.
    Avec mes cordiales salutations.

    Mayenne le 27 Février 2021
    JClaude LOUARN”

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    • 2 mars 2021 @ 19 h 12 min Chevrier B.

      Histoire, mémoire(s) et tourisme.
      Le musée de Saint Marcel a permis et permettra encore de rappeler que le Centre-Morbihan fut le lieu et le théâtre d’événements durant lesquels l’engagement de femmes et d’hommes, leur sacrifice contribuèrent à lutter contre l’oppression nazie et en faveur des idéaux de liberté et de paix. Les femmes, les hommes, les faits, les dates, les traces, les lieux, les témoignages ainsi que les recherches associées font l’Histoire du lieu. Il appartient à chacun ensuite de s’en emparer, de s’y intéresser et selon sa sensibilité de faire vivre cette Histoire, témoins directs, acteurs ou passeurs. Cette lecture subjective, sensible de l’Histoire constitue la Mémoire. L’Histoire passe par la mémoire, mais la mémoire n’est pas l’Histoire. Sujette à interprétation, à oubli, à distorsion, la mémoire est ce que nous voulons retenir de l’Histoire, ce que nous voulons transmettre. Nos élus locaux usent et abusent de l’expression “devoirdemémoire” comme s’il s’agissait d’un seul et même mot-fourre-tout, cadenassant sans le vouloir la mémoire émotion dans un carcan moral où le tragique, respectable et sacré seraient inscrits dans une sorte de catéchisme. La mémoire des événements majeurs de notre Histoire ne saurait être un devoir mais une invitation autour de laquelle il faut réfléchir à comment convier les citoyens à s’y reconnaitre, à s’y retrouver, à y trouver du sens. C’est à mon sens un des points de réflexion qui doit être engagé dans un musée. Que transmettre ? A qui s’adresse-t-on ? Sous quelles formes ? Les “sirènes” sont nombreuses et les intérêts divergents ne servent hélas pas toujours l’Histoire et encore moins la mémoire. La machine économique et touristique qui ne doit pas être négligée dicte bien souvent la mise en valeur de nos lieux de mémoire au détriment d’un sens intellectuel, historique et mémoriel plus profond. Faut-il que tout soit ludique ? Faut-il prendre le visiteur pour un ahuri ignare en quête d’écrans et d’animations ? Faut-il sacrifier l’écrit, essence même du travail d’Histoire au profit de l’image ? Les témoins sont presque tous partis, leurs récits sont écrits, mais qui les lit ? Restent les musées et les mieux de mémoire… et les reconstitutions. Je me suis entendu dire que “c’était un moyen moins soporifique qu’un cours d’Histoire de découvrir l’Histoire”. Enseignant d’Histoire, j’ai réagi sous une bronca de désapprobation. Je n’ai aucun doute que ces “passionnés-collectionneurs” connaissent tout sur le pistolet-mitrailleur Sten ou sur l’exact bouton de guêtre ou de manchette, mais qu’ont-ils d’Historiens ? Réduire l’Histoire et la mémoire à des reconstitutions c’est offrir aux visiteurs une vision extrêmement parcellaire, voire fantasmée d’une époque ou des événements. Réduire l’Histoire à une démonstration ludique fut-elle de qualité c’est contribuer à creuser le fossé générationnel de la mémoire. Et que ce soit à Saint Marcel ou sur les plages du Débarquement, voire à Verdun, les comités de reconstituants prennent une place dans l’exploitation mémorielle que la disparition des acteurs et l’industrie touristique contribue à accentuer encore et encore. Pouvons-nous résumer l’Histoire et la mémoire qu’il nous faut transmettre à de simples “sons et lumières” ? Et encore une fois, je ne nie pas leur qualité, ni le dévouement des participants. Maintenant, l’Histoire est le métier des historiens, la mémoire est de la responsabilité de tous. Que souhaitons-nous transmettre ? Les lieux de mémoire ont-ils vocation à devenir des parcs d’attraction systématiques ? N’avons-nous rien de mieux à offrir aux générations futures ? Réfléchissons-y pour le futur musée, tant qu’il est encore temps.

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