Malestroit. Pourquoi le syndicat intercommunal de l’école Gauguin est sous tutelle

 

Le bureau local de la FCPE a reçu le soutien de Laurent Fontenelle, administrateur départemental de la FCPE (2è à partir de la droite).

Depuis le mois de février dernier le syndicat intercommunal du groupe scolaire public Paul Gauguin est placé sous la tutelle de la préfecture. Désormais, ce ne sont plus les élus représentants les communes membres de cette structure (Malestroit, Pleucadeuc, Bohal, Saint-Laurent sur Oust, Missiriac, Ruffiac et Saint-Congard) qui ont le pouvoir décisionnaire. Ce sont les services de l’Etat qui ont pris en charge la gestion du syndicat. Une décision radicale prise à la suite de la constitution d’un dossier accablant par la toute nouvelle association des parents d’élèves de la FCPE. En cause, les conditions de sécurité défaillantes dans lesquelles les 171 élèves sont accueillis et l’absence de mesures prises pour y remédier. Selon nos informations, l’école a frôlé de peu la fermeture.

Petit retour en arrière. La toute nouvelle association FCPE, des parents d’élèves a décidé de plancher sur ce dossier avant même sa constitution officielle. Un travail méthodique au cours duquel, 6 ans de comptes rendus des instances de l »école ont été passés au crible. Il a fallu trois mois de recherches à la FCP pour produire un rapport de 56 pages dont la consultation laisse pantois. On y découvre en effet que la chaudière pourtant récente, vieillit mal, très mal. Des micro-fuites de gaz sont détectées et réapparaissent même après des interventions techniques. Le rapport pointe aussi du doigt l’absence d’alarme incendie!

C’est comme un mauvais film qui repasse. Car en 2016 déjà, lors d’un conseil municipal le maire de Malestroit, Bruno Gicquello avait annoncé que l’école était menacée de fermeture pour raison de sécurité. L’affaire avait fait grand bruit et quelques semaines plus tard, toujours en conseil municipal, le maire de Malestroit et son adjointe Carole Blanco-Hercelin annonçaient que les choses s’arrangeaient après l’établissement d’un échéancier programmant les travaux à effectuer. On en était resté là, pensant que cette affaire était réglée. A préciser tout de même que la ville de Malestroit n’est qu’un élément de ce syndicat qui regroupe 7 communes qui se partagent donc les décisions.

Or, les parents de la FCPE en épluchant les documents ont découvert que rien n’avait été fait pour résoudre les problèmes de sécurité. « Trois ans après, les choses sont toujours en l’état… », soulignent-ils. L’épais rapport a été adressé au préfet du Morbihan, tandis que les instances départementales de la FCPE alertaient l’Inspection académique sur la gravité de la situation. La réaction de la préfecture a été immédiate: menace de fermeture de l’école pour raison de sécurité puis décision de placer le syndicat intercommunal sous tutelle. Les services de l’Etat ont décidé de lancer des travaux de remise en état en urgence. La chaudière défectueuse a été remplacée et des alarmes incendie ont été installées. Les élèves peuvent désormais suivre leurs cours dans des conditions plus acceptables.

La toute nouvelle association des parents d’élèves de la FCPE revendique ce travail au bénéfice des enfants. « Nous n’avons rien contre le syndicat intercommunal. Mais nous ne pouvions avoir connaissance de ces problèmes et ne rien faire. C’est une question de responsabilité », explique le bureau en marge de l’assemblée générale qui s’est tenue vendredi soir en présence de Laurent Fontenelle, administrateur départemental de la FCPE. Les parents regrettent « le manque de dialogue avec le syndicat ». « Nous agissons tous pour le bien-être des enfants et cela devrait prévaloir sur tout le reste », indique les parents de la FCPE. Les relations sont en effet très tendues. Les parents veulent en effet avoir des informations sur la situation financière du syndicat qui les inquiète. Des comptes qui sont publics mais la FCPE a du faire appel à la CADA (commission d’accès aux documents administratifs) pour obtenir l’accès à ces documents.

Un autre point de crispation, porte sur la cantine. La commission cantine qui a été crée en mars devait se réunir en milieu de semaine. Or, la réunion a été annulée au dernier moment en raison de la participation d’un parent. « C’est vraiment dommage, car cette commission doit se pencher sur des sujets d’organisation courante et de tarifs. A priori rien de conflictuel… », soulignent les parents.

Vendredi soir, lors de leur assemblée générale, ils ont émis le voeu que plus de parents viennent les rejoindre. « Notre souci, ce sont les enfants et il y a beaucoup de choses à faire. La mise sous tutelle, c’est avant tout garantir la sécurité des enfants et c’est vraiment le résultat de notre travail. Nous avons le soutien de la FCPE départementale et c’est une force considérable pour appuyer nos revendications », expliquent-ils.


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