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Oust à Brocéliande

Publié le 1 octobre 2026

Malestroit. Désaccord avec l’OBC sur la piscine : la mise au point du maire devant le conseil municipal

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Des chiffres demandés depuis juin

C’est surtout sur ce dernier point que le maire a insisté. Selon Bruno Gicquello, l’exécutif municipal a écrit à la présidente d’OBC le 19 juin pour exposer sa position et demander les données financières actualisées concernant les piscines.

La réponse reçue le 29 juillet n’aurait, selon lui, comporté aucun des chiffres demandés et aurait essentiellement réaffirmé le choix d’une modification des attributions de compensation.

Malestroit a donc renouvelé sa demande par un courrier daté du 26 août, également adressé aux maires de l’intercommunalité, au préfet du Morbihan, à la Chambre régionale des comptes et à la direction départementale des finances publiques.

« À ce jour, nous attendons ces éléments chiffrés, qui sont un préalable indispensable à toute discussion », a déclaré Bruno Gicquello.

Interrogé sur l’existence d’échanges directs avec OBC, le maire a assumé le choix de s’en tenir pour l’instant aux courriers : « Je ne vois pas l’intérêt de se rencontrer tant qu’on n’a pas les chiffres. »

Selon l’exécutif malestroyen, la balle est donc désormais dans le camp d’OBC.

600 000 euros hier, 375 808 euros aujourd’hui selon le maire

Pourquoi Malestroit insiste-t-elle autant pour obtenir de nouveaux chiffres ? Parce que les données ayant servi de base aux précédentes discussions auraient, selon Bruno Gicquello, fortement évolué.

La Chambre régionale des comptes confirme que les travaux menés sur le financement des piscines reposaient sur un déficit annuel évalué par OBC à 600 000 euros. Une proposition prévoyait alors qu’OBC en finance la moitié et que le solde soit supporté par les communes, notamment en fonction de leur population, avec une contribution supplémentaire pour celles accueillant les équipements.

Or, Bruno Gicquello affirme que le compte financier unique 2025 ferait désormais apparaître un déficit de 375 808 euros. « On est passé de 600 000 euros de déficit sur les installations aquatiques à 375 808 euros pour 2025 », a-t-il souligné.

Le maire en tire une conséquence : les montants calculés précédemment devraient selon lui être refaits pour l’ensemble des communes membres.

Malestroit refuse de s’engager « à vie »

L’autre point de blocage est plus technique, mais ses conséquences sont au cœur de l’argumentation de la municipalité. OBC privilégie une modification de l’attribution de compensation, c’est-à-dire, pour simplifier, une diminution de la somme reversée chaque année par l’intercommunalité à Malestroit. La ville défend une autre solution : verser directement une participation par l’intermédiaire d’un fonds de concours encadré par une convention.

Pour l’exécutif malestroyen, la différence est essentielle.

Une diminution de l’attribution de compensation n’aurait pas de date de fin prévue à l’avance. Elle continuerait à s’appliquer tant qu’une nouvelle modification ne serait pas décidée, y compris si, dans plusieurs années, l’organisation ou le nombre des équipements aquatiques évoluait. « Ça ne s’arrête jamais », a insisté un élu. Une autre intervention a résumé la crainte de la municipalité par l’expression « ad vitam aeternam ».

À l’inverse, Malestroit estime qu’une convention de fonds de concours permettrait de remettre la participation financière sur la table si la situation changeait.

C’est cette possibilité de réexaminer régulièrement l’engagement financier de la commune que le maire considère comme plus protectrice pour les finances malestroyennes et donc l’argent des contribuables

Ce que confirme réellement la Chambre régionale des comptes

Pour défendre sa position, Bruno Gicquello s’est appuyé à plusieurs reprises sur le récent rapport de la Chambre régionale des comptes de Bretagne consacré à OBC.

Que dit ce rapport (que vous pouvez consulter en cliquant ici) :

La Chambre confirme que Malestroit avait proposé dès 2013 de participer à hauteur de 15 000 euros par an au déficit de fonctionnement de la piscine. Elle indique qu’OBC « refuse jusqu’à présent d’encaisser » cette somme, estimant qu’elle ne peut se substituer à la diminution de l’attribution de compensation que l’intercommunalité privilégie. La CRC constate en conséquence que le financement du déficit reste à la charge d’OBC.

Le rapport confirme également les arguments historiques avancés par Malestroit : la commune fait valoir que l’ancienne communauté de communes avait décidé de construire le nouvel équipement alors qu’elle avait fermé sa propre piscine depuis longtemps, et qu’elle avait en outre cédé gratuitement un terrain à l’intercommunalité.

La Chambre régionale des comptes n’écrit pas qu’OBC a refusé de signer une convention de fonds de concours. Elle établit en revanche clairement que Malestroit avait proposé une contribution financière et qu’OBC n’a pas souhaité l’encaisser selon cette modalité, privilégiant une diminution de l’attribution de compensation.

205 661 euros déjà prélevés sur certaines communes

Un autre chiffre cité par Bruno Gicquello est également confirmé par la Chambre régionale des comptes : lors du transfert des piscines de Guer et La Gacilly, les attributions de compensation de 13 communes avaient déjà été diminuées d’un total de 205 661 euros, correspondant aux charges qu’elles supportaient auparavant pour ces équipements.

C’est notamment à partir de cette situation héritée des anciennes intercommunalités que Malestroit estime nécessaire de repartir pour établir une contribution qu’elle juge équitable entre les communes.

La CRC souligne d’ailleurs plus largement les fortes disparités financières héritées de la fusion des anciennes communautés de communes. Elle constate qu’OBC ne dispose pas de pacte financier et fiscal et que de nombreux services communautaires reposent principalement sur ses ressources propres.

Concernant les piscines, la Chambre relève qu’OBC en supporte actuellement le déficit faute d’accord financier avec les communes. Sur la période qu’elle a examinée, la contribution annuelle du budget communautaire au budget annexe des équipements aquatiques a oscillé entre 655 000 et 995 000 euros.

Un dossier désormais suspendu aux chiffres

Au terme de près d’un quart d’heure d’explications mardi soir, la position de Malestroit est clairement posée. La ville accepte le principe d’une participation au financement des piscines, mais refuse que celle-ci passe par une diminution de son attribution de compensation sans terme prévu. Elle privilégie une convention permettant de réexaminer son engagement si la situation évolue.

Surtout, elle considère que les anciennes propositions ne peuvent plus être discutées sans disposer des données financières les plus récentes.

« Notre objectif reste un accord équitable, fondé sur des critères objectifs, chiffrés et actualisés », a résumé Bruno Gicquello. La communication des chiffres par OBC constitue donc la prochaine étape intéressante voire déterminante de ce dossier très sensible.

Réécoutez dans notre vidéo les précisions apportées par le maire mardi soir, devant son conseil municipal.

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