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Oust à Brocéliande

Publié le 28 septembre 2026

Saint-Cyr Coëtquidan. Général François-Régis Jaminet : « Le défi de l’adaptation est ma priorité absolue »

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Plus de trente ans après y avoir été élève, le général de division François-Régis Jaminet vient de prendre le commandement de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Un retour dans un environnement qu’il connaît bien, mais avec une mission profondément renouvelée : préparer les futurs officiers à des formes de combat qui évoluent à une vitesse sans précédent. Avec une priorité qu’il résume en un mot : l’adaptation.

Le Général François-Régis Jaminet (photo AMSCC)

Le général François-Régis Jaminet connaît bien Saint-Cyr Coëtquidan. Il y est entré comme élève en 1994. Plus de trente ans plus tard, le voilà de retour, cette fois à la tête de l’Académie militaire dont il a pris le commandement le 1er août dernier.

Le cadre lui est familier. Mais entre le jeune Saint-Cyrien des années 1990 et les élèves officiers de 2026, l’environnement militaire et technologique s’est profondément transformé.

« Le défi consiste à enseigner aux élèves officiers les fondamentaux de savoir-être et de savoir-faire qu’on demande au soldat moderne, tout en leur expliquant que les choses évoluent très vite autour de nous, notamment dans la manière de combattre. »

Et le général cite immédiatement l’exemple qui symbolise cette mutation : « la dronification du champ de bataille ».

Apprendre à ne jamais « décrocher »

Pour François-Régis Jaminet, il ne suffit donc plus de transmettre aux futurs officiers un socle de connaissances et de compétences. Ils doivent également acquérir la capacité à suivre en permanence les transformations de leur environnement, à rester informés et à s’adapter.

Dans cette course à l’innovation, Saint-Cyr dispose, selon lui, d’un atout majeur : son centre de recherche. « Il nous permet de rester connectés aux défis technologiques et de les traduire dans la formation. La complémentarité entre les formations académique et militaire est plus forte que jamais. »

L’objectif est très concret : que les officiers quittant Coëtquidan correspondent aux besoins réels des unités qu’ils rejoindront. « Ma priorité est de m’assurer que les officiers qui sortent de l’Académie, grâce à la formation qu’ils ont reçue, correspondent parfaitement aux besoins de l’armée de Terre. Et nous travaillons avec les différentes écoles d’armes pour anticiper au maximum leurs besoins. Ce défi de l’adaptation est ma priorité absolue. »

Du terrain opérationnel au cabinet du Premier ministre

François-Régis Jaminet parle aussi avec l’expérience de celui qui, avant de diriger Saint-Cyr, a lui-même reçu et commandé de jeunes officiers sortant de l’Académie.

Entré à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1994, il choisit l’arme blindée cavalerie et rejoint le Régiment d’Infanterie-Chars de Marine (RICM). Sa carrière le conduit ensuite sur de nombreux théâtres d’opérations : Djibouti, Kosovo, Côte d’Ivoire, Mali, Liban puis bande sahélo-saharienne dans le cadre de l’opération Barkhane. Il commande notamment le RICM puis, à partir de 2024, la 9e Brigade d’Infanterie de Marine. Son parcours l’a également amené au cœur de la décision publique. Il a travaillé au cabinet militaire du ministre de la Défense, puis au ministère des Affaires étrangères, où il suivait notamment les dossiers du Tchad, du Sahel et de Boko Haram. De 2021 à 2024, il a été adjoint au chef du cabinet militaire et conseiller Terre au cabinet militaire du Premier ministre.

Promu général de division le 1er août 2026, il a alors pris le commandement de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.

Cette double expérience, opérationnelle et stratégique, nourrit son regard sur la formation. Et lorsqu’il juge le niveau de ceux qu’il a vus arriver dans les unités, son constat est sans détour : « Aujourd’hui, les jeunes officiers n’ont pas de lacune. »

Une « petite ville » ancrée au cœur du territoire

Mais commander Saint-Cyr Coëtquidan ne consiste pas uniquement à former les officiers de demain. C’est aussi prendre la tête d’une structure qui pèse d’un poids démographique et économique considérable sur son territoire.

Selon les chiffres donnés par le général lors de notre entretien, l’Académie représente environ 2 000 personnes, dont 700 instructeurs et professeurs, et ses retombées économiques atteindraient 5 millions d’euros par mois sur le territoire. À cela s’ajoutent les familles des militaires et personnels. Le général évoque ainsi 900 enfants, soit l’équivalent d’une trentaine de classes.

« Il y a un véritable enjeu d’intégration dans le territoire dont nous sommes un acteur majeur et dont nous voulons être un partenaire de confiance », insiste-t-il.

Des Saint-Cyriens dans les communes

Cette volonté d’ouverture se traduit de multiples façons. « Nous sommes aussi un acteur de la mémoire », souligne François-Régis Jaminet. Le Musée de l’Officier, implanté à Coëtquidan, accueille selon lui environ 18 000 visiteurs par an.

Mais l’Académie sort également de ses murs. Ses élèves officiers participent à de nombreuses cérémonies militaires organisées dans les communes environnantes, y compris les plus petites. Une contribution très appréciée des maires.

Le général cite aussi les clubs sportifs de l’Académie, auxquels adhèrent de nombreux habitants extérieurs au camp, les classes défense ou encore les Cordées de la réussite. Autant de passerelles destinées à montrer que Saint-Cyr Coëtquidan n’est pas une enclave militaire isolée de son environnement.

« Apprendre à faire la guerre tout en préservant la nature »

Cet ancrage territorial possède aussi, pour le nouveau commandant de l’Académie, une dimension environnementale. Le général insiste sur la place occupée par la nature dans la vie et l’entraînement des militaires et sur la biodiversité présente dans l’immense domaine de Coëtquidan. « Par définition, les militaires sont en action au cœur de la nature. Ils y tiennent », explique-t-il.

Avec une formule qui résume sa conception de cette cohabitation : « Apprendre à faire la guerre tout en préservant la nature n’est pas incompatible. »

Formation des officiers, révolution technologique, liens avec les communes, économie locale, mémoire ou environnement : le général François-Régis Jaminet prend ainsi les commandes d’une Académie dont le rôle dépasse largement les limites du camp.

Avec cependant une mission qui reste au-dessus de toutes les autres : préparer les officiers qui auront demain à commander les soldats de l’armée de Terre dans un monde où les façons de combattre se transforment désormais au même rythme que les technologies.

Service national : les premiers aspirants appelés attendus à Saint-Cyr

L’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan va également prendre part au déploiement du nouveau service national. Les premiers volontaires destinés à suivre sur place une formation d’aspirant appelé sont attendus à partir d’octobre.

Le nouveau service national est militaire, volontaire et sélectif. Il s’adresse aux jeunes Françaises et Français de 18 à 25 ans et dure dix mois : un mois de formation militaire initiale puis neuf mois au sein d’une unité. La première cohorte nationale compte environ 3 000 volontaires en 2026, avec une montée en puissance annoncée au cours des prochaines années.

Parmi ces jeunes, certains peuvent être orientés vers une formation leur permettant de devenir aspirants appelés du Service national.

Saint-Cyr Coëtquidan participera directement à cette formation. L’Académie a d’ailleurs publié mi-septembre son dossier d’accueil pour le « Stage de formation des Aspirants appelés du Service national – Octobre 2026 », confirmant l’arrivée imminente de cette première promotion. Un seul autre centre de formation existe actuellement à Saumur.

Selon le général François-Régis Jaminet, les incorporations à Saint-Cyr doivent se faire par groupes d’une vingtaine de jeunes à partir d’octobre.

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