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Pays de Ploërmel

Publié le 14 août 2026

Ploërmel. Loi agricole, eau, facturation électronique : la Confédération paysanne interpelle les citoyens

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Des représentants de la Confédération paysanne ont distribué des tracts ce vendredi matin sur le marché de Ploërmel. En plein été et dans un contexte de sécheresse, le syndicat veut maintenir plusieurs sujets dans le débat public : la nouvelle loi d’urgence agricole, le partage de l’eau et, dans un tout autre domaine, l’arrivée de la facturation électronique.

« Nous voulons informer les citoyens au cœur de l’été pour maintenir les consciences éveillées. » Ce vendredi matin, Marie-Eve Taillecours, éleveuse de brebis à La Croix-Helléan et représentante de la Confédération paysanne, était avec d’autres membres du syndicat sur le marché hebdomadaire de Ploërmel pour aller directement à la rencontre du public.

Premier sujet abordé : la loi d’urgence agricole, également qualifiée de « loi Duplomb 2 » par ses opposants, contre laquelle la Confédération paysanne indique avoir déposé un recours.

Le syndicat considère que ce texte constitue un recul, notamment en matière d’utilisation des pesticides. « C’est inadmissible alors que l’on constate de plus en plus de cancers. L’État doit être le garant de la santé de son peuple. Il faut se battre pour la qualité de nos produits et sécuriser une alimentation saine, locale et produite équitablement », défend Marie-Eve Taillecours.

Dans son tract, la Confédération paysanne dénonce plus largement ce qu’elle considère comme des mesures favorisant l’agro-industrie au détriment d’une agriculture paysanne.

« L’eau est un bien commun »

En pleine période de sécheresse, la question de l’eau occupe également une place centrale dans la mobilisation. La Confédération paysanne défend le principe d’un partage de la ressource et demande que certains usages soient prioritaires.

Pour le syndicat, les productions destinées à l’alimentation humaine ou animale doivent notamment passer avant la méthanisation. Marie-Eve Taillecours affirme que du maïs continue d’être vendu à des méthaniseurs alors que la sécheresse et la canicule provoquent des difficultés d’alimentation du bétail.

« L’eau est un bien commun à partager de façon concertée avec l’ensemble de la société », résume le tract distribué sur le marché.

Le syndicat défend en priorité des solutions naturelles permettant de conserver l’eau dans les territoires : maintien des haies et des talus pour ralentir son écoulement, prairies favorisant son infiltration, augmentation de la matière organique dans les sols ou encore protection des zones humides.

Marie-Eve Taillecours se dit opposée aux projets de mégabassines, sans pour autant rejeter le principe de petits bassins de stockage. Pour elle, l’enjeu essentiel reste celui d’une gestion collective et d’un partage de la ressource entre les différents usages.

La facturation électronique également dans le viseur

La mobilisation déborde par ailleurs largement du domaine agricole. Un autre tract distribué vendredi matin appelle les agriculteurs, artisans, commerçants et dirigeants de petites entreprises à s’opposer aux modalités de mise en œuvre de la facturation électronique.

La Confédération paysanne demande notamment le report de cette réforme dont l’entrée en vigueur doit commencer en septembre.

« En tant que paysan, compte tenu de la situation actuelle, nous aurons bien d’autres choses à gérer à la rentrée que cette réforme qui alourdit encore un peu plus les charges administratives qui pèsent sur nous. Mais cela concerne tous les entrepreneurs, quelle que soit la taille de leur entreprise », souligne Marie-Eve Taillecours.

Les opposants s’inquiètent notamment du recours à des plateformes privées pour gérer les échanges de factures et de données. Ils dénoncent la complexité du dispositif, son coût potentiel pour les petites structures et les risques liés à la multiplication des intermédiaires numériques et à la circulation des données des entreprises.

Avec cette distribution sur le marché de Ploërmel, la Confédération paysanne cherchait donc à élargir ces débats au-delà du monde agricole. Pour le syndicat, qu’il s’agisse de l’eau, de l’alimentation ou des contraintes administratives pesant sur les petites entreprises, ces questions concernent directement les citoyens.

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