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Ploërmel Communauté

Publié le 7 mai 2026

Ploërmel communauté. Elle organise une collecte d’urgence : les rayons de l’Epicerie Sociale sont vides

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Anne-Françoise Morice (à gauche) et Emilie Coué-Raffin devant les rayonnages quasiment vides de l’Epicerie Sociale

Des étagères presque vides.
À l’épicerie sociale de Ploërmel communauté, les stocks sont au plus bas. Au point que le CIAS lance une collecte alimentaire d’urgence avant l’été.

« Voila, c’est tout ce qui nous reste pour aller jusqu’au mois de novembre… », se désolent Anne-Françoise Morice, responsable de l’action sociale et petite enfance de Ploërmel communauté et Emilie Coué-Raffin, coordinatrice à la Maison des Solidarités. Jamais, la situation n’a été aussi critique. Au point que le CIAS a décidé d’organiser une collecte alimentaire d’urgence à la fin du mois de mai (voir ci-dessous). Habituellement, cette collecte se déroule au mois de novembre et permet de compléter les besoins de l’Epicerie sociale pour toute l’année. Mais depuis quelques années, la situation se dégrade et plusieurs phénomènes affectent le fonctionnement de cette Epicerie qui est un peu comme une supérette réservée à des familles qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts (voir encadré). Et elles sont de plus en plus nombreuses. Les chiffres donnent le vertige. Avant 2022, on comptait à peine une centaine d’usagers. Le COVID, la guerre en Ukraine, la flambée des prix, l’inflation… En 2024, l’Epicerie sociale reçoit 247 familles soit 512 personnes. En 2025, ce sont 276 familles soit 567 personnes dont 150 enfants de moins de 14 ans qui ont poussé sa porte. Et pour les 4 premiers mois de l’année 2026 ce chiffre atteint déjà 185 familles pour 370 personnes. « Chaque semaine, on reçoit trois nouveaux bénéficiaires », constate Emilie Coué-Raffin.

Pour faire face, l’Epicerie sociale a du ouvrir une 2è permanence le jeudi soir, un peu plus tardive pour permettre aux salarié(e)s d’y avoir accès.

Plus de besoin et moins de ressources

La guerre en Iran et ses conséquences pourraient bien encore faire basculer plus de familles dans la précarité. « Il faut bien être conscient que de plus en plus de gens qui viennent ici ont un emploi, mais n’arrivent plus à boucler les fins de mois. C’est le signe d’une précarité grandissante sur le territoire qui gagnent de plus en plus de couches sociales… », alerte Anne-Françoise Morice. Le phénomène est similaire au niveau national.

Parallèlement, l’Epicerie Sociale a de plus en plus de difficultés à s’approvisionner. L’an dernier, la collecte alimentaire du mois de novembre a permis de récupérer 7,5 tonnes de marchandises contre 9 tonnes l’année précédente. Le signe là aussi, des difficultés financières que connaissent tous les citoyens. L’autre source de marchandises provient de la « ramasse » des invendus ans les grandes surfaces. Or, désormais celles-ci privilégient la vente de leurs produits en « date courte » dans leurs rayons, ce qui réduit d’autant les dons à l’Epicerie Sociale. Pour compenser, elle achète des marchandises. « En 2022, on achetait pour environ 5000 euros de marchandises par an. L’an dernier ce chiffre est passé à 20 000 euros… », calcule Anne-Françoise Morice. Une somme financée par des subventions des collectivités et de l’Etat. Car les charges qui pèsent sur la structure augmentent. « Pour faire face, nous avons du recruter une coordinatrice depuis le 1er janvier 2025. Elle doit assurer la logistique de l’Epicerie, mais aussi assurer l’animation de la Maison des Solidarités, organiser des ateliers… », décrit Anne-Françoise Morice qui lance un appel à la solidarité collective. « Pour répondre à l’urgence, le CIAS de Ploërmel en partenariat avec la Banque alimentaire du Morbihan lance une collecte exceptionnelle de mi-année, les 29 et 30 novembre prochain. L’objectif est clair : assurer la continuité de l’aide alimentaire jusqu’à l’hiver car nos stocks sont aujourd’hui à un niveau critique ».

Un appel urgent aux bénévoles

Il y a quelques jours, le CIAS a adressé un courrier aux bénévoles qui assurent la collecte habituelle de novembre pour les mobiliser. « Le dispositif est plus modeste et nous avons décidé de nous concentrer seulement sur trois grandes surfaces (Leclerc, Super U et Lidl). A cette époque de l’année, nous ne pouvons pas compter sur le renfort des lycéens. Nous avons besoin de bénévoles pour remplir certains créneaux horaires. Il faut assurer la collecte dans les grandes surfaces mais aussi des équipes pour aller chercher les marchandises, d’autres encore pour les trier, les classer et les peser (ndlr: une nouvelle obligation légale) », explique encore la responsable qui élargit l’appel à un public encore plus large. « Nous avons aussi besoin de gens qui pourraient donner un peu de leur temps à l’Epicerie sociale. Nous avons les mêmes contraintes sanitaires que les grandes surfaces. Cela demande beaucoup de travail…. ». « Nous cherchons aussi des fournisseurs, comme des maraichers qui pourraient nous donner des légumes moches, on est aussi preneurs des oeufs hors calibre ou des produits dont les étiquettes sont de travers qui ne peuvent aller dans les circuits classiques de commercialisation. Il y a surement des producteurs qui sont confrontés à cette situation et qui ne savent pas qu’on existe, rebondit Emilie Coué-Raffin. Même les particuliers peuvent nous faire des dons ponctuels. Et puis, il est toujours possible de nous faire des dons financiers qui sont défiscalisés… » Elle se souvient d’une famille qui déménageait et qui est venu déposer tout son stock de conserves ou bien de ces héritiers qui ont offert toutes les réserves de leur aieüle décédée pour respecter sa volonté.

Pratique :

La collecte exceptionnelle est prévue le vendredi 29 et le samedi 31 mai dans les magasins Leclerc, Super U et Lidl

Si vous voulez apporter votre aide à cette collecte en tant que bénévole, adressez vous à Emilie Coué-Raffin, coordinatrice de la Maison des Solidarités, Ploërmel communauté, tel : 02.97.73.20.75. /06.78.20.60.29

Mail : e.coue-raffin@ploermelcommunauté.bzh

Si vous voulez donner sachez qu’il faut privilégier les produits non périssables : conserves, pâtes, riz, produits d’hygiène

« Ici, les gens payent leurs courses… »

L’Epicerie Sociale, c’est un peu une grande surface réservée à celles et ceux qui ont peu de moyens. Les produits qui y sont proposés sont soigneusement triés, rangés et… peser. Cela pour répondre à une nouvelle norme européenne qui oblige l’Epicerie sociale à vendre sa marchandise au kilo. Et on dit bien « vendre ». Car les familles qui fréquentent ce lieu payent leurs courses, certes beaucoup moins cher que dans les commerces classiques, mais ce n’est pas un service gratuit. « D’ailleurs, on n’utilise pas le terme de bénéficiaires mais plutôt de clients ou d’usagers… », souligne Anne-Françoise Morice. Comme dans un commerce classique, on y trouve des petits déjeuners, des goûters, des produits frais, des surgelés. Mais son accès n’est pas ouvert à tout le monde. Il est réservé à celles et ceux qui sont envoyés par les différents services sociaux.

Un modèle qui a peut-être atteint ses limites

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