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Oust à Brocéliande

Publié le 6 août 2022

Lizio. Le musée des carrières, c’est aussi le portrait d’un homme de passion

En ouvrant le musée des carrières au public, Catherine Coudray fait découvrir la vie professionnelle de son père Robert Coudray et celle de l’entreprise qu’il a fondée, l’Entreprise Robert Coudray. Il se lance dans la création de ce musée en 1994 et l’ouvre au public en 2012…

En guidant les visiteurs dans les 7 salles du musée, Catherine retrace l’histoire de la carrière, mais pas seulement ! La visite commentée par ses soins, est aussi un hommage à cet homme passionné par son métier, collectionneur dans l’âme. Décédé à l’âge de 98 ans, le 9 août 2020, Robert Coudray était aussi un artiste autodidacte aux nombreux talents…

L’histoire de la carrière est une aventure familiale, car c’est en 1869, qu’Yves Maguero, l’arrière-grand-père de Robert Coudray, ouvre la carrière Sainte-Catherine, car l’arrivée du chemin-de-fer dans la région nécessite des matériaux…

La première carrière  Roha est exploitée à Quily de 1869 à 1947, la seconde qui prend le relais est à Lizio, de 1947 à 2007. Elle emploie jusqu’à 60 ouvriers. Robert Coudray commence à travailler en 1938, à l’âge de 18 ans. 

Il était coutume de dire que le travail de la pierre était aussi dur qu’à Cayenne (faisant référence au bagne de Guyane) ! Pour simplifier et alléger le travail de la pierre, le premier concasseur arrive à l’entreprise en 1953. La carrière travaille le granit breton, mais aussi du granit portugais, car la main d’œuvre est moins coûteuse. “Maintenant, depuis 2019, un label de l’IGP (Indication Géographique Protégée) permet de pallier la concurrence », explique Catherine.

Quand le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) de Nantes demande à Robert Coudray de faire des essais pour rechercher de l’or dans le sable, dans les alluvions, il s’exécute.  Mais le travail est très difficile, car il se fait à la batée ! Alors Robert Coudray se lance dans les plans d’une machine pour remplacer la batée, qui va trier les matériaux suivant leur poids grâce à une table à secousse, qui va séparer l’or, le métal le plus lourd…

Avec Catherine, les visiteurs peuvent prendre connaissance des outils du tailleur de pierre de l’époque, du matériel utilisé, des engins de chantier de marque Richier ou Caterpillar, ou encore admirer le camion GMC, que son père avait retapé, une fois récupéré et qui consommait 10 litres au 100 ! 

Amoureux des pierres depuis le plus jeune âge, Robert Coudray les a collectionnées toute sa vie : des pierres issues de Bretagne, mais aussi des pierres et des échantillons rapportés de ses nombreux voyages. Certaines proviennent aussi de dons. Cette collection est visible dans la salle des roches…

Le chef d’entreprise collectionnait aussi les modèles réduits des engins de chantier : tombereaux, pelles, grues…

Plus surprenant encore, Catherine montre les créations manuelles de son père, toutes faites maison. La première remonte à 1994 : c’est une station de concassage, à l’échelle 1/25ème : (dernière photo, sur le second diaporama)

Sa fille appelle ses créations : les maquettes de Robert, mais ce sont de véritables sculptures, faites en bois contreplaqué pour la plupart : de nombreux camions, des charrettes, parfois tirées par le cheval… 

La plus grandiose de toute est une reproduction conforme d’un cylindre Richier, le VR15, réalisé en 4 fois plus petit que le vrai ! Il a fallu 225 heures à Robert, pour réaliser ce petit engin ! (voir photos)

Des maquettes, il y en a une salle pleine : de grandes d’environ 8 M2 représentant les sites locaux : la gare de la Chapelle Caro, le hameau de Sainte-Catherine en 1830, le site de la ville Der (réalisé en 406 heures en 2003, par Robert à 81 ans).

La visite se termine par un court passage dans la salle de cinéma, où est diffusé un film de 9 minutes, où Robert Coudray, filmé par FR3, s’adresse lui-même au spectateurs…

“Les femmes ont aussi joué un rôle majeur dans cette aventure familiale. Mon père a écrit un livre relatant sa vie professionnelle ! Il l’a dédié à sa grand-mère : Joséphine Maguéro, à sa mère : Mathurine Mélois, ainsi qu’à sa femme : Madeleine Bonno. Sa mère et sa grand-mère ont été amenées à gérer les affaires de l’entreprise au décès de leur mari respectif…” explique Catherine Coudray, sa fille qui ouvre le musée au public tout l’été, comme chaque année…

Comment visiter le musée des carrières

Le musée des carrières, village de Sainte-Catherine à Lizio (suivre la direction de la Chapelle Sainte-Catherine, puis à gauche avant la chapelle.)

Une fois sur place, n’hésitez pas à entrer dans la cour et à sonner à la cloche !

Ouvert :
– Au mois d’août :
de 14h à 18 h, tous les jours, sauf le lundi et le samedi

– En septembre et octobre :
visites guidées tous les jours à 15h, mais uniquement sur réservation :
au 06 11 58 32 22

Tarifs :
– Adulte : 5 euros
– Réduit : 4 euros

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