OBC. Les assistantes maternelles, de vraies « pros » de la petite enfance

« Je me souviens de cette maman qui après m’avoir confié son enfant partait en me disant tous les jours: amusez-vous bien. Un matin, je l’ai devancée en lui disant à mon tour: amusez-vous bien! J’ai bien vu l’incrédulité sur son visage », raconte cette assistante maternelle. Prendre en charge les enfants des autres, c’est un vrai métier, ce que n’appréhendent pas toujours les parents, même si les consciences évoluent. Sur son territoire, l’OBC (Oust à Brocéliande communauté) compte plus de 200 assistantes-maternelles et s’est engagée dans une véritable stratégie de professionnalisation de ces femmes qui constituent un maillon déterminant de la vie collective. Car sans elles, les parents auraient bien du mal à développer leurs carrières et les enfants à s’épanouir.

Gérer des enfants demande des compétences bien spécifiques et un équilibre social et psychologique à toute épreuve. L’une des difficultés de cette tache, c’est aussi de surmonter la solitude. C’est une des raisons pour lesquelles l’OBC met en place des ateliers, des stages dont l’objectif est de valoriser les « AM », dans le prolongement des missions fixées par la CAF. C’est l’exemple du RAM (réseau assistantes maternelles) de Guer qui organise pour les assistantes maternelles et les enfants qu’elles gardent des « espaces collectifs », des moments où les assistantes maternelles peuvent se retrouver, échanger autour de leurs pratiques, de valoriser leur savoir-faire. Ces temps de rencontre s’articulent aussi autour de thèmes très variés: venue d’un psychomotrocien, développement d’un projet d’éveil musical avec l’association Philomèle qui débouchera sur une rencontre chantée fin mars ou bien encore des sorties sur le centre des Landes de Monteneuf pour, cette fois, un éveil à la nature grâce au prêt d’un sac à dos contenant le matériel de découverte…

Apprentissage de la langue des signes…

Mais ces différentes initiatives destinées à « professionnaliser » les assistantes maternelles prennent parfois une dimension particulière pour développer des compétences très « pointues ». Ce lundi matin, au Grenier numérique de Guer, Heidi, Laetitia, Caroline, Marion, Christelle et Catherine se livrent à une drôle de discussion avec Line Lagnier, leur formatrice du centre Bretagne Compétence. Un dialogue silencieux qui s’effectue avec… les mains. Car ces six assistantes maternelles, venues de Guer, Porcaro, La Gacilly, Bohal, Theix  et Sérent, suivent un stage d’approfondissement à la pratique de la langue des signes. « Attention, on ne dit pas langage, mais langue des signes », prévient Line Lagnier. Car c’est bien une langue à part entière avec ses règles, ses codes que le groupe apprend. Après une première initiation l’an dernier, cette fois le module prévoit de conforter les acquis puis de les mettre en application à travers des contes et des histoires. Mais que vient faire l’apprentissage de la langue des signes dans l’exercice du métier d’assistante maternelle? « Quand les jeunes enfants ne savent pas parler, cela permet d’avoir quand même un échange avec eux », rétorque une des stagiaires. « Cela évite la frustration de se trouver face à un enfant qui n’arrive pas à s’exprimer et avec lequel on a du mal à échanger », rebondit une autre. Car la gestuelle des enfants qui ne parviennent pas encore à former des mots est un moyen de communiquer à part entière. L’acquisition de la langue des signes permet aux assistantes maternelles de nouer ce dialogue en utilisant les mêmes codes. « Un signe accompagne toujours un mot… », souligne une autre stagiaire. Toutes s’accordent à reconnaître que cette connaissance facilite et enrichit leurs relations avec les enfants. « Cela permet de communiquer avec eux, même quand ils n’en ont pas envie, de comprendre pourquoi ce jour là, ils sont plus renfermés et donc de dénouer une éventuelle difficulté ».

Une formation sur le temps de travail

« Cette formation se déroule sur leur temps de travail, pas sur leur temps de loisirs. C’est une véritable formation professionnelle similaire à ce qui se pratique dans l’entreprise que nous voulons développer », insiste Nolwenn du RAM de Guer. Cela suppose évidemment que les parents prennent leur disposition pour trouver une « nounou » de substitution. « Ils sont prévenus longtemps à l’avance et on constate que les parents sont très ouverts à cette formation. Car finalement, c’est l’assurance pour eux que leurs enfants bénéficient d’un accompagnement de haute qualité », analyse Nolwenn.

Pour les assistantes maternelles, ce stage est aussi une reconnaissance de leur compétence professionnelle dans le monde la petite enfance. Elles ont pour la plupart, une expérience de plusieurs années derrière elles et aucune ne regrette cet engagement. Elles apprécient l’ouverture que leur offre la stratégie de formation du RAM. « Avec la connaissance que l’on a acquis de la langue des signes, on est encore plus prête à accueillir des enfants malentendants », s’enthousiasment-elles.


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