Ploërmel-Taupont. Réunion vendredi: quel avenir pour le Lac au Duc?

Le Lac au Duc une des plus grandes étendues d’eau douce du centre Bretagne redeviendra-t-il un jour un grand centre aquatique naturel à ciel ouvert dans lequel on pourra nager, plonger, s’ébattre en toute quiétude? Jean-Charles Sentier, le président du Syndicat Mixte du Grand Bassin de l’Oust (SMGBO) y croit. Pourtant d’année en année, le Lac au Duc est confronté à une colonisation massive, une partie de l’année par des cyanobactéries. Et d’année en année, la baignade y est de moins en moins possible. Un programme (interreg) financée notamment par des fonds européens mêne des études scientifiques pour tenter de trouver des solutions, notamment au problème des cyanobactéries. Des études mais aussi des actions expérimentales comme celle tentée l’an dernier de traiter la zone de baignade avec du peroxyde d’hydrogène (ndlr: de l’eau oxygénée) et sur laquelle tout le monde fondait beaucoup d’espoir. Mais la baignade a toute de même été interdite presque tout l’été. On a appris ce lundi matin, que cet été cette baignade sera autorisée -sauf analyses négatives de l’ARS- mais pas surveillée.

Faut-il pour autant parler d’échec? Non, répondent les scientifiques. Les cyanobactéries évoluent, ne sont pas toujours les mêmes d’où la difficulté de cibler le traitement précis. Mais le traitement au peroxyde d’hydrogène aurait donné des résultats positifs dans d’autres étangs, mais beaucoup plus petits. Et si ça n’a pas marché l’an dernier au Lac au Duc, c’est peut-être à cause de l’installation d’une sorte de bassin étanche de dimensions limitées. Le confinement de cet espace d’eau aurait créé des conditions favorables à la prolifération des cyanobactéries qui du coup y étaient plus nombreuses que dans le reste de l’étang…

La chasse au phosphore

Reste le problème de fond qui permet le développement de ces micro-organismes présents sur terre depuis ses origines, c’est l’accumulation dans la vase de phosphore venu des traitements appliqués par les exploitants agricoles en amont du Lac. La disparition des talus, le lessivage des sols, drainent inexorablement ces résidus phosphorés dans le lac. La solution efficace se mesure donc dans la durée. Le temps nécessaire à l’évolution des pratiques agricoles afin de réduire ces « fuites » d’engrais dans l’environnement. Aujourd’hui, on estime que 500 tonnes de phosphore sont accumulées dans la vase du Lac au Duc estimée à 1,5 millions de m3. Evidemment la solution absolue, c’est le curage du lac. C’est un chantier titanesque mais pas si irréaliste que ça qui a d’ailleurs été imaginé il y a quelques années. Il représente une somme de 35 millions d’euros pour lesquels des financements existent, selon le directeur du SMGBO, mais… Car il y a un mais: pour que ces financements soient débloqués, les financeurs exigent l’assurance que des mesures soient prises pour que le phénomène ne se reproduise plus. Il faut donc avant toute choses que le problème soit réglé à la source… Et la solution n’est sans doute pas seulement dans les pratiques agricoles. « Ce n’est pas une question seulement théorique et cela ne se résume pas qu’aux talus des agriculteurs. C’e’st un problème qui concerne tout le monde, les particuliers également. C’est bien toute la population dans son ensemble qui doit agir… », insiste Viviane Gautier de l’association Polen qui s’associe au Grand Bassin de l’Oust pour organiser une grande réunion publique, ce vendredi à Ploërmel.

Une soirée débats pédagogique

Le thème de cette soirée est orienté sur le Lac au Duc et ses difficultés. Et les organisateurs insistent sur le fait qu’elle est avant tout destinée à répondre aux questions très concrètes que se pose la population sur ces problèmes et les solutions qui peuvent y être apportées. Ils annoncent d’ailleurs leur volonté de donner à cette soirée une tonalité très pédagogique. « Des microscopes seront installés dont les images seront projetées sur grand écran. Les gens pourront donc voir des cyanobactéries qui auront été récoltée l’après-midi même dans le Lac au Duc… », explique Patrick Latouche, le directeur du SMGBO et coordinateur du programme Interreg. Un représentant de l’Agence Régionale de Santé sera aussi présent pour répondre aux questions concernant les analyses. Gérard Payot, référent du pôle eau de l’association Polen promet des informations surprenantes sur le coût du traitement de l’eau. Le lac au Duc alimente en effet en eau potable Ploërmel et sa région et la présence des cyanobactéries pèse sur ce coût…

Plus d’eau dans le Lac au Duc

Une solution peut-être imparfaite et provisoire, mais qui pourrait avoir des conséquences sensibles sur le niveau d’infestation du Lac aux cyanobactéries pourrait venir de la décision prise par le syndicat des eaux du Morbihan de réhausser le niveau du barrage du Lac au Duc. On voit bien en effet depuis quelques années, s’installer de façon durable les problèmes de pénurie d’eau. Ce qui pourrait être encore le cas cette année. Du coup, les décideurs se disent qu’il ne faut négliger aucun moyen d’augmenter les réserves en eau du département. La surélévation du barrage du Lac entrainerait mécaniquement une augmentation considérable de cette réserve en eau. Et du coup, s’il y a plus d’eau, la quantité de cyanobactéries pourraient diminuer sensiblement. Pas seulement par dilution, mais aussi parce que la masse d’eau serait plus longue à se réchauffer et donc à offrir des conditions moins favorables à leur développement. Dans la perspective à plus long terme de besoins croissants en eau, on comprend que la solution du curage du lac devienne aussi beaucoup plus intéressante…

 

Pratique:

 

 Réunion publique, vendredi soir 7 juin, à la salle des fêtes de Ploërmel
Objectifs
– Informer sur la fragilité du lac au Duc et des cours d’eau, de la ressource en eau et la reconquête du milieu aquatique. Faire ressortir la complexité et la richesse de la vie biologique du phytoplancton ainsi que la variabilité des développements et la difficulté à anticiper les blooms planctoniques de cyanobactéries.
– Faire émerger la demande sociétale.
Programme
– 20h00 : Introduction
– 20h15 :
-Introduction du phytoplancton et des cyanobactéries – Université de Rennes 1
-La gestion des risques sur la santé publique – ARS 56
-Impact sur les structures économiques – Pêche, Club nautique, AEP
-Les actions de remédiations – Université de Rennes 1
– 21h30 : Questions/réponse
– 22h00 : Pot convivial


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