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Oust à Brocéliande

Publié le 11 octobre 2026

Concoret. Les enfants apprennent le gallo à l’école, les parents s’y mettent pour les comprendre !

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À Concoret, les élèves de l’école du Taureau Bleu découvrent le gallo. Ils apprennent des mots, des expressions, se familiarisent avec cette langue de Haute-Bretagne. Mais lorsqu’ils rentrent à la maison, leurs parents ne comprennent pas toujours ce qu’ils racontent ! Pour combler ce décalage, la municipalité a eu une idée originale : organiser une initiation au gallo destinée aux familles. Ce samedi 10 octobre, la SCOP Bel a oui a ainsi animé une matinée de jeux et de découvertes pour permettre aux parents de se mettre, eux aussi, à la langue de leurs enfants.

Voilà une situation plutôt inhabituelle : ce ne sont pas les enfants qui ont besoin d’aide pour comprendre leurs parents, mais presque l’inverse ! À l’école du Taureau Bleu, les élèves bénéficient d’une initiation au gallo. Une découverte qui leur permet de se familiariser avec cette langue régionale, profondément ancrée dans l’histoire de la Haute-Bretagne. Seulement voilà : à la maison, les adultes ne possèdent pas forcément les mêmes connaissances.

La municipalité de Concoret, particulièrement engagée dans la sauvegarde et la transmission du gallo, a donc décidé de rapprocher les deux générations.

Une matinée pour apprendre à « causer gallo » en famille

Baptisée « La matinée galozeries », l’opération s’est déroulée samedi 10 octobre à l’école du Taureau Bleu. Elle s’adressait aux enfants de 4 à 10 ans et à leurs parents.

Pas question de transformer cette rencontre en cours magistral. Les intervenants ont privilégié une approche ludique, avec des jeux, des comptines, des activités orales et des manipulations permettant de découvrir des mots et des expressions en gallo. L’objectif était surtout de donner aux familles l’envie de pratiquer cette langue ensemble, y compris en dehors de l’école.

Pour animer cette rencontre, la commune a fait appel à « Bel a oui », une toute nouvelle société coopérative et participative (SCOP) spécialisée dans l’accompagnement de projets utilisant le gallo.

Une jeune coopérative pour faire vivre la langue

Anita Rolland et Touene Aghesse, les deux intervenants, ont une particularité : ils passent volontiers du français au gallo au cours de la conversation (voir notre vidéo).

« Nous travaillons au sein de « Bel a oui », une toute nouvelle coopérative qui accompagne les structures, les personnes, les associations et les entreprises qui souhaitent utiliser le gallo dans leurs projets », explique Touene Aghesse.

C’est précisément dans cet esprit que la municipalité les a sollicités.

« La municipalité nous a demandé de venir faire le lien entre le gallo qui est enseigné à l’école et les parents qui ne savent pas forcément ce qu’est le gallo, mais qui ont pourtant des enfants qui y sont initiés », poursuit-il. L’idée n’est donc pas seulement de transmettre quelques notions de vocabulaire, mais de permettre aux adultes de comprendre ce que leurs enfants apprennent et, pourquoi pas, de prolonger cet apprentissage à la maison.

Faire connaître une langue encore méconnue

Pour les deux intervenants, cette matinée s’inscrit dans une ambition plus large : mieux faire connaître le gallo et encourager son utilisation dans la vie quotidienne.

Ils soulignent notamment qu’une partie importante de la population bretonne connaît encore mal cette langue. Selon un chiffre de 51 % qu’ils avancent, plus de la moitié des habitants de Bretagne ne sauraient pas précisément ce qu’est le gallo. « Un de nos objectifs, c’est justement d’informer les gens sur ce qu’est le gallo et comment on le parle, surtout en Haute-Bretagne », explique Touene Aghesse.

À Concoret, cette volonté trouve un terrain particulièrement favorable. La commune multiplie les initiatives pour préserver et développer ce patrimoine linguistique. Sarah Müller, adjointe au maire, rappelle que le gallo constitue bien davantage qu’un ensemble de mots anciens : c’est une langue liée à l’histoire et à l’identité du territoire, mais aussi un moyen de créer du lien entre les générations.

Avec cette « matinée galozeries », la municipalité fait ainsi le pari d’une transmission qui ne s’arrête pas à la porte de l’école. Et peut-être que, demain à Concoret, parents et enfants « causeront gallo » autour de la table familiale.

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