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Oust à Brocéliande

Publié le 9 octobre 2026

Questembert/La Vraie Croix. Thérèse Kergal, l’ancienne patronne du bar du Fozo a fêté ses 100 ans

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Un siècle de vie, trois filles et une impressionnante descendance, mais aussi des générations de clients passés devant son comptoir. Thérèse Kergal a fêté ce mercredi 7 octobre ses 100 ans à la résidence du Bois Joli, à Questembert. L’occasion de faire ressurgir les souvenirs d’une femme de caractère qui tint pendant de nombreuses années le bar du Fozo, à La Vraie-Croix, et dont la disparition, une nuit de mars 2018, avait déclenché une importante mobilisation.

« Nous ne célébrons pas seulement un âge. Nous célébrons une femme. » À la résidence du Bois Joli de Questembert, les 100 ans de Thérèse Kergal ont fourni ce mercredi après-midi, l’occasion de feuilleter un siècle d’existence. Née le 7 octobre 1926 à La Vraie-Croix, la nouvelle centenaire y a vécu une grande partie de son histoire. Son mari était artisan menuisier et travaillait notamment dans les fermes. Ensemble, ils ont fondé une famille qui n’a cessé de s’agrandir : trois filles, Marie-Annick, Ginette et Denise, puis huit petits-enfants, 18 arrière-petits-enfants et deux arrière-arrière-petites-filles.

Mais pour beaucoup d’habitants du secteur, Thérèse Kergal reste aussi associée à un lieu emblématique : le bar du Fozo, à La Vraie-Croix.

Le bar du Fozo, ouvert dès 6 h 30

Elle l’a tenu pendant de nombreuses années et, à écouter les souvenirs évoqués pour son centième anniversaire, il était bien davantage qu’un commerce. Dès 6 h 30 le matin, Thérèse accueillait les ouvriers qui partaient travailler, notamment ceux qui se rendaient chez Michelin. Et le bar vivait ensuite au rythme de la journée et de ses habitués. On venait y boire un verre, se retrouver, mais aussi faire la fête. Après certains mariages, les convives y poursuivaient ainsi la soirée en venant danser. Les trois filles de Thérèse ont elles-mêmes grandi au rythme du café et participé à sa vie.

Une anecdote racontée par Denise résume peut-être mieux que toutes les autres la relation que leur mère entretenait avec ses clients. À Noël, la patronne fermait normalement son établissement afin de retrouver ses enfants. Mais les joueurs de boules avaient, eux aussi, leurs habitudes ce jour-là. Un Noël, ils frappèrent donc à la porte du bar pourtant fermé. Et Thérèse leur a ouvert.

« Le commerce, pour vous, ce n’était pas seulement ouvrir une porte et servir les clients. C’était surtout être là pour les gens », a souligné la directrice de la résidence lors de la cérémonie.

Lorsque le bar fut finalement racheté par le Conseil général, sa disparition constitua une véritable déchirure pour celle qui y avait passé une si grande partie de sa vie.

Quand tout Questembert cherchait Thérèse

Une autre histoire est restée dans les mémoires, cette fois à Questembert. En mars 2018, alors âgée de plus de 90 ans, Thérèse Kergal disparaît pendant une nuit. L’inquiétude est considérable.

Sa famille, les gendarmes, les pompiers, un maître-chien ainsi que le directeur du foyer se mobilisent. Des photos de la nonagénaire sont placardées dans Questembert. Tout le monde la cherche.

Après plusieurs heures d’angoisse, Thérèse est finalement retrouvée saine et sauve. Un épisode traumatisant pour elle et ses proches, mais qui s’achève par un immense soulagement.

Elle avait vécu plusieurs années au foyer-logement avant d’entrer à l’Ehpad en février 2019.

« Vous savez parfaitement ce que vous voulez »

Et à 100 ans, son caractère n’a manifestement pas disparu. La directrice du Bois Joli Jessica Kerautret, a rappelé cette autonomie à laquelle Thérèse a toujours été profondément attachée. Lorsque ses filles avaient voulu organiser la venue d’aides à domicile pour l’accompagner, tout avait été préparé avec soin. Mais la principale intéressée en avait décidé autrement et avait tout simplement refusé.

Le potager fut longtemps une autre de ses passions. Même lorsqu’elle tenait le bar, elle pouvait remettre ses bottes entre deux clients pour aller y travailler. La marche et la gymnastique ont également occupé une place importante dans sa vie.

Aujourd’hui encore, une habitude ne la quitte jamais : son sac à main, dont elle ne se sépare pas lorsqu’elle sort. Et le personnel de la résidence connaît bien ses petits mots affectueux : « mes chéries », « ma mignonne » ou encore « mes filles ».

Courageuse, travailleuse, serviable, mais aussi dotée d’un solide caractère : c’est ce portrait qui a été dressé pour ses 100 ans. Celui d’une femme qui aura traversé un siècle sans perdre ce goût du contact avec les autres qui animait autrefois son bar du Fozo. Et puis, à 100 ans, Thérèse lit sans lunettes…

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