Publié le 14 octobre 2026
Saint-Cyr-Coëtquidan. Avec les aspirants du service national en formation à l’Académie Militaire
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Dans la forêt de Coëtquidan, les premiers aspirants du nouveau service national s’initient aux responsabilités du commandement. Qui sont ces jeunes volontaires et pourquoi ont-ils choisi cette expérience militaire ? Nous les avons rencontrés au cours d’un exercice sur le terrain, encadré par les élèves-officiers de Saint-Cyr.
Visages noircis, tenue de camouflage… dissimulé au fond de la forêt de Coëtquidan, le groupe de militaires est rassemblé autour d’une sorte de création artistique associant pierre, mousse, branchages. C’est le «bac à sable», une reconstitution fidèle du terrain sur lequel les militaires vont évoluer. Dans ce petit rectangle de quelques dizaines de centimètres de côté on retrouve les routes, les chemins, les bâtiments, la position des forces en présence… Benjamin, surveille les opérations d’un regard averti, rectifie les erreurs, conseille. Il est élève-officier de l’école spéciale militaire depuis deux ans et possède déjà une solide formation du commandement. « Je suis gradé aux jeunes, c’est à dire que j’encadre les jeunes appelés de 18 à 25 ans. Je les forme aux compétences que j’ai déjà acquises. C’est une première prise de responsabilité pour nous les élèves-officiers qui nous permet de leur transmettre notre savoir-faire…», explique-t-il. Ce rôle d’encadrant s’inscrit dans la formation des élèves-officiers.
Ce jour-là il coordonne les actions d’un groupe de jeunes appelé(e)s issu(e)s des premiers contingents du nouveau service national qui est entré en vigueur au mois d’octobre. Il concerne les jeunes de 18 à 25 ans qui choisissent cette voie sur la base du volontariat. Ils effectuent leur service pendant 10 mois. Pendant un mois ils acquièrent les fondamentaux du métier de militaire avant de rejoindre des unités en France pour assurer des missions très diversifiées par exemple dans le cadre de l’opération Sentinelle. Mais certains d’entre eux, détectés pendant cette période, se voient proposé de poursuivre une formation complémentaire «d’aspirant», un module un peu plus poussé de formation militaire qui leur permet une approche du commandement. Seules les écoles de Saumur et de Saint-Cyr-Coëtquidan sont habilitées pour l’instant à dispenser cette formation d’aspirant.
« Aujourd’hui, nous découvrons le combat au niveau chef de groupe, et comment un groupe manœuvre au sein d’une section », détaille Cléo. Etudiante en sciences politiques, elle a décidé de consacrer une année de césure entre ses deux années de masters pour découvrir le monde militaire « et pouvoir m’orienter après mon master 2 et choisir si je m’engage dans une carrière militaire ou dans une carrière civile ». Cléo avoue avoir été attirée par le métier de gendarme dès le collège. « Dès que j’ai entendu que le service national était lancé, je me suis sentie un petit peu appelée. J’ai senti que c’est une opportunité que je devais saisir », confie-t-elle.
Ingénieur de formation, Joseph a été attiré par le témoignage de certains de ses camarades qui avaient suivi une expérience similaire avec des contrats d’un an. « Cela fait longtemps que j’avais envie d’une expérience militaire. Quand j’ai vu qu’il y avait le service national où on pouvait également s’engager en tant qu’aspirant sur des postes à responsabilité où on peut mettre en œuvre ses compétences du civil, ça m’a tout de suite parlé », indique-t-il, reconnaissant qu’il s’agit d’une « formation qui est très dense parce qu’en deux semaines, on essaie de nous amener à un niveau qui est quand même assez élevé qui nécessite généralement des formations de six mois ». Pour autant, s’il reconnait l’intérêt de l’expérience qu’il a vécue, il n’envisage pas de s’engager dans l’armée à l’issue de son service. « Par contre, avec mon diplôme d’ingénieur, je serai sans doute amené à avoir des positions de manager dans une usine par exemple », se projette-t-il, estimant que les connaissances acquises au sein de l’armée lui seront alors très utiles. « Là, j’ai vraiment appris le côté social en faisant un mois de formation. J’ai été en contact avec plein de personnes de milieux sociaux différents.J’ai été amené à apprendre à travailler en groupe avec eux, donc pas mal de connaissances de management que je pourrais facilement retransposer dans le civil ».
L’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan se prépare à recevoir un nouveau groupe d’une trentaine de jeunes appelé(e)s en novembre.
Voir notre reportage vidéo auprès de ces premiers aspirants du nouveau service national.
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