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Publié le 6 août 2026
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La situation continue de se dégrader dans le Morbihan. À l’issue d’un comité de gestion de la ressource en eau (CGRE), le préfet Michaël Galy a annoncé un nouveau renforcement des mesures de restriction. Il lance également un appel aux habitants, aux collectivités et aux entreprises : chaque litre économisé compte.
« L’année 2026 est exceptionnelle. » Le ton est grave. Lors de sa conférence de presse, le préfet du Morbihan a dressé un état des lieux particulièrement préoccupant de la sécheresse qui frappe le département. Trois facteurs expliquent cette situation : un déficit de pluie de 35 à 40 % depuis le mois de mars, des températures record et l’absence de précipitations significatives attendues au moins jusqu’au 17 août.
Selon les services de l’État, 2026 figure déjà parmi les trois années les plus sèches depuis 1959, dépassant même les niveaux observés à la fin de l’été 2022. Le préfet doit réunir dans l’après-midi l’ensemble des maires du département en visio-conférence sur ce sujet.
Conséquence immédiate : le préfet a décidé de relever le niveau d’alerte. Désormais, la quasi-totalité du Morbihan est placée en situation de crise, le niveau le plus élevé des restrictions. Seuls les bassins de l’Oust, et de l’Aff et les îles restent en alerte renforcée, même si leur situation continue elle aussi de se dégrader.
Ces niveaux entraînent des interdictions déjà connues : arrosage des pelouses et espaces verts, remplissage des piscines privées, lavage des véhicules ou encore nettoyage des façades sont notamment interdits dans les secteurs en crise. Les collectivités doivent également réduire fortement leurs consommations et les entreprises utilisant plus de 10 000 m³ d’eau par an doivent diminuer leur consommation d’au moins 25 %, sous peine de contrôles.
Mais pour Michaël Galy, les arrêtés préfectoraux ne suffiront pas. Le représentant de l’État insiste sur la responsabilité collective. Il rappelle que les gestes les plus simples peuvent produire des économies importantes à l’échelle du département. Et il prône le développement de la culture de « l’éco-geste » par l’ensemble des citoyens.
« Une douche de dix minutes consomme environ 120 litres d’eau. En la réduisant à cinq minutes, c’est 60 litres », illustre-t-il. Même logique pour le lave-linge ou le lave-vaisselle, qu’il invite à faire fonctionner uniquement lorsqu’ils sont pleins.
Le préfet souhaite également mettre en avant les bonnes pratiques développées par certaines entreprises morbihannaises, notamment grâce au dispositif ECODO, qui accompagne les professionnels dans la réduction de leur consommation d’eau.
Parmi les nouvelles mesures étudiées figure également la diminution de la pression dans les réseaux d’eau potable.
Cette solution technique, déjà utilisée ponctuellement sur certains secteurs, pourrait être déployée progressivement dès la semaine prochaine, mais seulement là où elle est compatible avec la configuration des réseaux (pente…), la défense incendie et les besoins des établissements sensibles comme les hôpitaux. L’objectif est double : réduire la consommation et limiter les fuites sur les réseaux.
Interrogé sur le risque de coupures, Michaël Galy se veut rassurant. Les réserves constituées pendant l’hiver permettent encore d’assurer l’alimentation en eau potable. En revanche, elles sont sollicitées beaucoup plus tôt que d’habitude.
« Les coupures ne sont pas aujourd’hui à l’étude », affirme le préfet. En revanche, les services de l’État travaillent sur tous les scénarios afin de pouvoir adapter rapidement les mesures si la sécheresse devait encore s’aggraver.
Le secteur de Roi Morvan Communauté, dont le réseau n’est pas interconnecté avec le reste du département, fait l’objet d’une attention particulière.
Les industriels ont déjà engagé d’importantes économies d’eau, certains envisageant même de réduire leur activité pour préserver la ressource. Une campagne renforcée de sensibilisation y sera également menée auprès des habitants.
La sécheresse produit également ses premiers effets économiques. Le préfet évoque des rendements en forte baisse pour plusieurs cultures, notamment les pommes de terre, les haricots, le maraîchage et le maïs, fortement pénalisés par le manque d’eau et les fortes chaleurs. Des discussions sont engagées avec les banques, les organismes agricoles et l’État afin d’étudier les dispositifs d’accompagnement qui pourraient être mis en place dans les prochaines semaines. Mais sur ce point, un bilan plus précis de la situation sera fait dans la première quinzaine de septembre.

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