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Publié le 6 avril 2026
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À Saint-Laurent-sur-Oust, Gilles Defontaine a développé une activité rare en Bretagne : une pension et un centre d’entraînement pour chevaux de course qui accueille aujourd’hui les seuls étalons de la région. Une aventure née d’une passion pour le cheval… mais qui s’inscrit aussi dans une filière aujourd’hui fragilisée.

La Normandie reste la terre historique de l’élevage de chevaux de course en France. Pourtant, à Saint-Laurent-sur-Oust, une exploitation fait figure d’exception bretonne. Sur les bords de l’Oust, Gilles Defontaine a développé depuis plusieurs années une activité originale autour des chevaux de course, au point d’accueillir aujourd’hui les seuls étalons de Bretagne.
« J’ai toujours été fasciné par les chevaux et j’ai toujours travaillé dans cet univers », explique ce passionné installé dans la commune depuis une vingtaine d’années.
À l’origine, Gilles Defontaine crée une pension pour pur-sang, destinée à accueillir des chevaux au repos ou en période de poulinage. L’activité se développe progressivement et prend une nouvelle dimension en 2018, lorsqu’il rachète une exploitation laitière et ses 35 hectares de terres.
Sur ces pâtures, il introduit également quelques vaches Hereford, cousines de l’Angus, destinées à la vente directe.
« Mais surtout, cette vache sans cornes et très docile est idéale pour cohabiter avec les chevaux », souligne-t-il.
La crise sanitaire va toutefois bouleverser l’activité et obliger l’éleveur à repenser son modèle. « Le Covid a compliqué les choses et il a fallu envisager une diversification », raconte Gilles Defontaine.
L’exploitation s’oriente alors vers l’entraînement de chevaux de course, une activité plus rare en Bretagne. « On s’est notamment ouverts à l’entraînement de chevaux de course. Aujourd’hui, nous sommes les seuls en Bretagne à accueillir des étalons », explique-t-il.
Un projet qui semblait au départ difficile à concrétiser loin de la Normandie, terre de prédilection des élevages équestres. Mais une rencontre avec un entraîneur à la recherche d’une pension va changer la donne.
En 2023, un premier étalon arrive à Saint-Laurent-sur-Oust, suivi d’un second en 2024, puis d’un troisième cette année.
« Ce sont des athlètes de haut niveau qui demandent des soins très spécifiques. Tout est important : la génétique, l’alimentation, le travail musculaire et la formation de l’ossature », précise-t-il.

Le travail mené sur l’exploitation commence à porter ses fruits. Certains chevaux passés par la pension se sont illustrés récemment sur des hippodromes prestigieux, notamment à Auteuil.
Parmi eux, Rock of You affiche 5 victoires et 5 places en 14 courses, tandis que Joyfull compte 3 victoires et 12 places en 24 courses.
La passion du cheval semble également se transmettre au sein de la famille. Quentin, le fils de Gilles Defontaine, s’est lui aussi lancé dans l’aventure.
« Il a attrapé le virus du monde hippique », sourit son père. Le jeune cavalier s’est déjà fait un nom dans la discipline puisqu’il a été classé 6ᵉ meilleur jockey d’obstacles en 2025.
Mais derrière ces succès sportifs, l’inquiétude gagne le monde des courses hippiques, en particulier les courses d’obstacles, confrontées à une baisse de notoriété et aux débats croissants autour du bien-être animal.
« Ça devient de plus en plus compliqué. L’avenir de la discipline est menacé. C’est toute une filière qui est concernée : les élevages, les hippodromes, la sellerie… », alerte Gilles Defontaine.
L’éleveur défend pourtant le travail réalisé au quotidien avec les chevaux. « Nos chevaux sont très, très bien traités », assure-t-il.
Pour soutenir la filière, il a lancé l’an dernier une initiative originale : offrir des saillies aux gagnants des hippodromes régionaux, afin de soutenir l’élevage. « L’année dernière, on en a enregistré une vingtaine », indique-t-il.
L’éleveur multiplie également les initiatives pour mieux faire connaître son activité. Une journée portes ouvertes a notamment été organisée sur l’exploitation.
« Les gens étaient vraiment étonnés et intéressés par le travail que cela représente », raconte-t-il.
À Saint-Laurent-sur-Oust, cette passion pour les chevaux de course continue donc de faire vivre une activité rare en Bretagne.

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