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Aventure

Publié le 6 octobre 2021

Questembert. Le voyage en Australie de Raphaël et Antoine

Raphaël Collin et Antoine Dréan, originaires de la région de Questembert et amis de longue date sont partis pour une année en Nouvelle-Zélande mais le Covid est un peu venu chambouler leurs perspectives. Les voici aujourd’hui en Australie, terriblement chanceux, à l’aube d’une aventure qui leur tient à cœur: la traversée de l’île continent à vélo. Ils sont maintenant à Alice Springs, au centre du pays.

Ils nous ont fait parvenir un écrit détaillé de leur aventure expliquant leur trajet, la difficulté de traverser le désert, la logistique que cela demande et la rencontre avec l’association américaine Charity water, https://www.charitywater.org/ride-4-water/ride-for-water afin de collecter des fonds pour ouvrir des puits et autres infrastructures facilitant l’accès à l’eau potable dans des pays en voie de développement, notamment en Afrique. Voici leur récit:

Pourquoi l’Australie ?

« L’Australie, parce que de la Nouvelle-Zélande pays où nous nous trouvions à ce moment-là, c’était l’un des seuls états qui nous étaient ouverts et où l’impact du covid était limité. De plus la facilité d’obtenir un visa nous permettant de travailler une fois sur place était un avantage non négligeable afin d’économiser de l’argent pour le projet. L’Australie c’est aussi un pays gigantesque, immense, qui offre à lui seul autant de diversité que l’on peut en trouver sur un continent, tant au niveau climatique, que géologique, géographique. »

Pourquoi le vélo ?

« C’est un moyen de nous mettre à l’épreuve physiquement. Nous dépendons totalement de notre corps, de nos capacités physiques, mentales pour enchaîner chaque jour sur une nouvelle journée de pédalage, un nouveau défi. De plus le vélo est un moyen écologique de se déplacer, la seule énergie dans laquelle on doit puiser est l’énergie musculaire. On se mouvoit à notre rythme et avons le temps de prendre la pleine mesure de tout ce qui nous entoure. On a le temps de se perdre tout en ne quittant jamais la bonne route. Le vélo c’est la liberté, et un moyen d’être totalement autonome et autosuffisant si on s’organise en conséquence. Le plus souvent on emportait avec nous au moins une semaine de nourritures, par moment de l’eau pour 2 à 3 jours. »

Pourquoi ce tracé?

« Nous avons décidé de faire le tour de la Tasmanie (une île au sud du pays) avant de traverser l’île continent dans sa largeur pour rallier Darwin. Le parcours s’étendait sur 7000kms qui se sont transformés en 6000 en raison du covid et de la nécessité de supprimer une étape significative entre Melbourne et Adélaïde. Pour faire simple on a choisi de passer par le désert afin de nous pousser dans nos nos derniers retranchements et de mettre à l’épreuve notre organisation. Cette partie est la moins densément peuplée du pays, mais également celle ou les températures sont le plus élevées, le climat le plus aride et les lieux pour acheter des vivres le moins fréquent. En d’autres termes il nous fallait être totalement autosuffisant, ce qui constituait le véritable challenge. »

Déjà 4500 km parcourus

« Notre aventure a débuté il y a maintenant deux moiss. Nous avons parcourus 4500kms. Nous avons connu l’hiver australe en Tasmanie. Nous avons du pédaler sous le vent, vécu d’interminables jours de pluie, avons même dû pédaler sous la neige et affronter quelques temperatures négatives. Nous sommes maintenant à Alice Springs, au centre du pays. Ces dernières semaines ont été beaucoup plus chaudes, nous avons plusieurs journées à plus de 35°,  la chaleur est extrêmement sèche, le vent de face est notre nouvel ennemi. Nous avons emprunté une route non revêtue de 600kms, l’Oodnadatta track au cours de laquelle nous avons pu effectuer seulement 2 ravitaillements en eau et un en amont. L’eau c’est tout une logistique et il nous est fréquemment arrivé au cours des 3 dernières semaines de transporter jusqu’à 15L d’eau sur chacun de nos vélos.
Depuis le début du voyage nous dormons dans une tente que nous partageons et campons sur des zones de camping gratuites ou dans le bush (camping sauvage). Nous prenons un plaisir fou à réaliser cette aventure au quotidien, et prenons conscience de l’immensité de ce pays qu’est l’Australie. »

©Mike Gillam. French cyclists

Pourquoi organiser une récolte de fonds ?

« On a eu envie de mettre notre aventure au service d’une cause, on trouvait que c’était un bon moyen de donner de la visibilité, de sensibiliser les gens sur un des nombreux problèmes de la société.
On est tombé un peu par hasard sur cette association américaine Charity water, qui récolte des fonds pour ouvrir des puits et autres infrastructures facilitant l’accès à l’eau potable dans des pays en voie de développement, notamment en Afrique. Pour nous cela collait parfaitement avec notre projet. En effet, l’eau a été et demeure toujours une de nos principales préoccupations au quotidien. Où en trouver ? Tout les combiens de kilomètres ? Comment la transporter ? La rationner ? Est elle potable ?
D’une certaine manière et à bien plus petite échelle on rencontre la même problématique (parce qu’on l’a décidé), que des centaines de millions de personnes doivent affronter chaque jour. En effet, plus de 700 millions de personnes (10/100 de la population mondiale) ne disposent pas d’un accès en eau potable au quotidien.
En Europe et dans les pays développés de manière générale, nous sommes maintenant à mille lieux de ces réalités. La démocratisation de l’eau est t’elle qu’elle s’est transformée en un bien de consommation. Chaque maison dispose d’un accès en eau potable, les toilettes, salles de bains et robinets sont tous reliés à ce système.
On dispose de tellement d’eau qu’on se permet même de la mettre en bouteille plastique pour la consommer.
La course infinie qu’est la mondialisation tourne très largement à l’avantage des pays développés à tel point que l’on oublie comme la précarité touche encore beaucoup trop de pays. Les inégalités deviennent de plus en plus grandes alors que nous disposons maintenant de tout les moyens permettant de les resserrer. »

Pratique:

Le lien pour la collecte de fond: https://www.charitywater.org/ride-4-water/ride-for-water

Racontez-nous vos expériences

Nous souhaitons ouvrir nos colonnes à des citoyens souhaitant faire partager leurs expériences, leurs aventures comme Raphaël et Antoine dans leur périple en Australie, ou bien comme Charlotte cette éudiante partie étudier aux Etats-Unis, mais aussi Franck Plisson, véritable vigie météorologique qui nous livre régulièrement ses relevés pluviométriques sur Malestroit… Le champ des possible est large!

Si vous aussi vous pensez avoir une histoire, quelque chose à partager, qui respecte bien sur les règles de respect mutuel et la législation en vigueur n’hésitez pas à nous contacter. Envoyez une synthèse de votre projet par mail: infosgallo@gmail.com que nous examinerons avec bienveillance.

Jacky Guyon

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