Ploërmel. Sage-femme, la profession médicale oubliée?

Sont-elles les oubliées du monde médical? Les sages-femmes en sont convaincues et c’est bien pour ça qu’un peu partout en France, elles ont déclenché un mouvement de grève et manifestent ce mardi. A l’hôpital de Ploërmel, elles sont 15 titulaires er 4 contractuelles. La moitié d’entre elles -c’est à dire le maximum compte tenu de leurs contraintes horaires- sont rassemblés dans le hall d’accueil. Soutenues par la CFDT santé sociaux, elles brandissent des banderoles revendicatives et distribuent des tracts. Et on sent bien qu’elles en ont “gros sur le coeur”. “On suit une formation à la faculté de médecine, on a 5 ans d’études, on a le droit de diagnostiquer et de prescription, on assume de lourdes responsabilités… Tous ces critères définissent une profession médicale. Et pourtant, on est considérées comme une profession para-médicale”, s’indignent-elles. La reconnaissance de leur statut de profession médicale, est ancienne mais n’a jamais été prise en considération par les pouvoirs publics. “On est peu nombreuses, notre métier est mal connu et puis nous sommes des femmes…”, analysent-elles. Les choses auraient pu en rester là très longtemps. Mais il y a eu le Ségur de la santé auquel les sages-femmes n’ont pas été conviées. Un oubli vécu comme une humiliation. “Ca a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase…”, reconnaissent-elles. Alors, elles ont décidé de sortir de l’ombre, de montrer qu’elles existent et qu’elles jouent un rôle fondamental dans l’accompagnement de la femme  “de la puberté à la ménopause” et que les actes qu’elles pratiquent valent mieux que les 1700 euros de salaire qu’elles perçoivent ou que les 6 masques par semaine qu’elles ont reçus en dotation pendant la crise sanitaire au printemps dernier.

A dire vrai, elles ne savent pas vraiment sur quoi va déboucher leur action, mais ce mouvement de grève -outre l’occasion d’exprimer une série de revendications (lire ici)-, c’est un peu comme une soupape qui libère une amertume et une colère trop longtemps contenues. Une bouteille à la mer. Les représentants syndicaux de la CFDT ont adressé des courriers aux responsables départementaux et nationaux de santé, afin de les sensibiliser à la situation de ces sages-femmes et obtenir qu’elles soient enfin reconnues à leur juste valeur.


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