Saint-Congard. Comment protéger les chauve-souris des éoliennes

 

Les chauve-souris et les éoliennes. Deux sujets qui concerne l’environnement et qui se télescopent. Les chiroptères jouent un rôle essentiel dans la biodiversité et sont des espèces protégées. Les éoliennes sont désormais des éléments clés de la transition énergétique. L’Etat veut accélérer leur implantation pour accroitre la production d’électricité propre avec des objectifs importants: 24,1 Gw en 2023 et entre 32,2 et 34,7 Gw en 2028. Le département du Morbihan compte 39 éoliennes qui peuvent être soit terrestres soit off-shore. Un projet d’éolien flottant dans le sud de la Bretagne est actuellement soumis au débat public. Le parc éolien de Saint-Congard compte 4 éoliennes sur des mats de 100 m (soit une hauteur totale de 146 m). Il produit l’équivalent de la consommation électrique de 4000 foyers.

L’implantation de ces éoliennes génèrent souvent des réactions hostiles fondées sur leur impact sur la valeur du patrimoine immobilier des voisins, sur la santé, sur l’environnement et en particulier les risques de télescopage qu’elles font courir aux oiseaux ou chauve-souris. Ce dernier argument pèse souvent lourd dans les décisions de justice. C’est ainsi que cet été, un arrêté préfectoral autorisant un parc éolien à Caro a été retoqué par le tribunal administratif pour cette raison…

La loi fait obligation à l’exploitant d’un parc éolien de surveiller les conséquences possibles sur l’environnement et de prendre des mesures pour les limiter. Cela passe par la détection et l’identification d’éventuels cadavres de chauve-souris -ou d’oiseaux- afin au final de prendre des mesures de bridage des éoliennes pendant les tranches horaires de passage estimées, au plus large.

Il existe une nouvelle technique qui pourrait apporter une nette amélioration de la protection des volatiles qui est testée sur le parc de Saint-Congard par la société BayWa r.e. qui l’exploite. Ce système dit “ProBat” est déjà en place sur quelques sites en France, notamment dans le sud pour protéger les oiseaux. Mais il est novateur en Bretagne. Ce système s’appuie sur l’installation de capteurs qui enregistrent en continue l’activité autour des éoliennes et notamment détecte le vol des chauve-souris. Ces derniers pourraient permettre de réduire la rotation des pales en temps réel lors de la présence de chiroptères. Du coup, la période de ralentissement de la rotation des éoliennes serait plus précise et engendrerait moins de perte de production ainsi qu’une moindre mortalité.

Ce dispositif est actuellement en test à Saint-Congard et c’est une association de protection des chiroptères, Amikiro qui est chargé du suivi environnemental de l’opération. Si effectivement, cette méthode est validée, elle pourrait être étendue aux différents parcs et aux projets futurs qui seraient du coup confortés face à d’éventuelles recours.

Ce mardi après-midi, le préfet du Morbihan, Patrice Faure, est venu, accompagné des différents services de l’Etat concernés se faire expliquer dans le détail cette technique innovante. L’occasion pour le préfet de rappeler avec insistance que les éoliennes faisaient l’objet d’une surveillance et d’un suivi strict, rigoureux et éventuellement contraignant afin d’en garantir la sécurité pour les riverains et l’environnement. Une visite qui a également permis au préfet de monter jusqu’au sommet de l’une des éoliennes -une première a-t-il dit-, expérience que le maire de Saint-Congard, Didier Hurtebize avait faire quelques minutes plus tôt.

 

 


'Saint-Congard. Comment protéger les chauve-souris des éoliennes' n'a pas de commentaires

Soyez le premier à commenter cet article

Voulez-vous commenter ?

Votre adresse e-mail ne sera pas affichée

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.