Morbihan. La traque des massacreurs de chevaux s’organise

Depuis plusieurs semaines les cas de mutilation de chevaux se multiplient dans toutes les régions françaises. La Bretagne n’est pas épargnée. Plusieurs agressions ont été signalées dans le Finistère et le Morbihan est également touché. Il y a quelques jours, un cheval a été littéralement massacré à Saint-Tugdual. C’est le premier cas officiellement rattaché à la série d’agressions en cours. Mais ce n’est peut-être pas le seul. Selon le colonel Estève qui commande le groupement de gendarmerie du Morbihan, ses services mènent des investigations autour de 5 ou 6 as d’équidés blessés dans différentes communes -dont un à Lizio. Les gendarmes cherchent à déterminer si les blessures constatées sont accidentelles où si elles sont consécutives à des actes de malveillance.

Ces actes de cruauté insupportables soulèvent l’indignation et une immense émotion dans tout le pays. Les propriétaires de chevaux sont révoltés et effrayés par ces agressions qui restent un mystère. On ne sait pas actuellement qui sont les auteurs de cette barbarie ni quelles sont leurs motivations. La seule chose dont les enquêteurs sont certains c’est qu’ils ont affaire à plusieurs groupes. Certains témoignages recueillis laissent penser qu’il s’agit de personnes particulièrement bien organisés.

De telles agressions ne sont pas une nouveauté. Elles ont déjà été constatées dans d’autres pays européens ainsi qu’en France, mais elles se multiplient à une échelle inédite depuis plusieurs semaines. L’affaire est prise très au sérieux par les autorités qui ont déployé des moyens technologiques et humains considérables pour identifier et interpeller les auteurs de ces faits. Une cellule de coordination est en place au niveau national et c’est désormais le cas au niveau de la région Bretagne. Dans le Morbihan l’heure est à la mobilisation. Les propriétaires d’équidés sont à cran et épuisés. Ils s’organisent discrètement pour tenter de mettre à l’abri leurs chevaux, les regrouper et les surveiller nuit et jour…

Le préfet du Morbihan, accompagné du colonel Patrice Faure et de sa directrice de cabinet, Véronique Solère est venu à leur rencontre ce vendredi en fin d’après-midi. Une visite dont l’objectif était de témoigner de la solidarité et de la détermination de l’Etat à mettre un terme à ce phénomène, mais aussi à appeler ces professionnels à la prudence. En effet, compte tenu de la tension qui règne, le risque d’un dérapage dont pourrait être victime un promeneur ou un ramasseur de champignons est bien réel. Le préfet et le colonel de gendarmerie ont voulu convaincre ces professionnels que des moyens considérables étaient en action et qu’ils devaient travailler en étroite collaboration avec les enquêteurs pour élucider ce qui est encore une énigme.

Le colonel Estève a ainsi expliqué que les patrouilles étaient multipliées sur le terrain et le préfet a indiqué que l’hélicoptère de la gendarmerie était mobilisé pour surveiller la nuit les zones sensibles qui sont en cours de recensement. Par ailleurs, ils invitent les propriétaires de chevaux a participer à des réunions qui sont organisées dans différentes communes auxquelles les experts de la gendarmerie participent. L’occasion d’un échange direct et surtout d’apporter des conseils techniques précis pour protéger les installations mais aussi organiser la collecte de renseignements que les enquêteurs pourront ensuite exploiter sur le plan judiciaire.

Cet appel est déjà largement entendu puisque ce vendredi soir plus de 300 personnes sont inscrites à celle organisée à Languidic. D’autres sont prévues ces  prochains jours à Saint-Avé (samedi), Surzur, Moustoir Ac, Plouay, Plaudren, Caudan, Malansac (voir le détail dans la vidéo ci-dessous à partir de 15 mn 40).

Et le préfet Patrice Faure était aussi venu délivrer un message aux auteurs de ces faits, celui de sa détermination à les traquer et à les traduire en justice.

Revivez l’essentiel de cet entretien dans notre vidéo ci-dessous

 


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