COVID-19. Au coeur du labo, François Goulard épingle la gestion de la crise

Les oreilles de l’ARS (agence régionale de santé) ont du siffler, vendredi à l’heure du déjeuner. François Goulard le président du conseil départemental du Morbihan n’a pas été tendre avec cette agence gouvernementale dans sa gestion de la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. François Goulard a fait le constat de nombreuses lacunes. Maigre consolation pour l’ARS, les critiques du président du département se sont étendues aux pouvoirs publics. Il a par exemple fustigé l’absence de la ministre de la recherche pendant toute la période de crise. Un sujet qu’il connait bien pour avoir lui-même exercé cette fonction il y a une quinzaine d’années. Lourdeurs administratives, manque d’initiatives, mauvaise organisation… François Goulard n’y a pas été de main morte en marge d’une petite visite guidée du laboratoire départemental d’analyses situé à Saint-Avé. Cet organisme effectue des analyses dans de nombreux domaines: santé animale, alimentation humaine et animale, qualité de l’eau, protection de l’environnement…

Ce laboratoire est doté des moyens techniques les plus performants. Pour prendre l’exemple de la santé animale qui est à l’origine de sa création, il intervient en cas d’apparition de virus affectant des troupeaux entiers. Ses équipements lui permettent -et c’est presque son lot quotidien- de réaliser des centaines d’analyses simultanément. Détecter des maladies, des virus chez les animaux ou chez l »homme, le métier est le même. La différence c’est justement une expertise dans le traitement de masse qui aurait pu jouer un rôle essentiel en plein coeur de la crise sanitaire du COVID-19, estime François Goulard.

Seulement voila, il a fallu attendre presque trois semaines pour que l’Etat autorise le recours à ce type de laboratoire pour réaliser des analyses virologiques liées au coronavirus, c’est à dire permettant de savoir si une personne est atteinte par le COVID-19. Les laboratoires départementaux n’ont pas reçu l’autorisation de réaliser des tests sérologiques qui permettent de savoir si un malade a développé des anti-corps c’est à dire s’il a rencontré le virus. Mais le département du Morbihan a décidé de lancer une vaste étude scientifique pour mesurer la façon dont le COVID-19 a circulé parmi la population. Cette étude confiée au laboratoire départemental a permis d’obtenir des éléments très importants puisqu’elle a démontré que le COVID-19 a touché entre 5 et 10% de la population. « C’est considérable » souligne François Goulard. Et cela montre que de nombreuses personnes ont été porteuses du virus sans présenter de symptômes mais qu’elles ont par contre contribué à la propagation de l’épidémie. Ces éléments statistiques sont pour François Goulard essentiels pour comprendre la maladie et par conséquent mieux la combattre.

Il aurait ainsi fallu selon lui multiplier les tests pour mieux maitriser la situation. Ces critiques vont aussi à l’organisation générale du système de santé. Il constate ainsi que l’hôpital de Vannes n’utilise pas les services du laboratoire départemental de Saint-Avé pour réaliser ses analyses mais les envoie à… Quimper. De même, il ne comprend pas pourquoi les capacités du laboratoire morbihannais qui sont actuellement disponibles en raison de la moindre activité du COVID-19, ne sont pas utilisées pour venir en soutien d’autres régions françaises plus touchées…

La visite de François Goulard avait aussi pour objectif de rendre hommage au professionnalisme et à l’investissement des agents travaillant dans ce laboratoire qui ont su se mobiliser sans compter leurs heures pour apporter leur contribution à la lutte contre cette épidémie hors normes dont on attend avec angoisse une éventuelle 2è vague à l’automne. « on a beaucoup parlé des soignants, mais vous méritez aussi qu’on vous applaudisse… », leur a lancé le président du Département.

Suivez cette visite dans les coulisses du laboratoire départemental aménagé pour analyser le COVID-19 et écoutez l’analyse sans concessions de François Goulard dans notre vidéo:

 


'COVID-19. Au coeur du labo, François Goulard épingle la gestion de la crise' a 2 commentaires

  1. 13 juin 2020 @ 14 h 34 min famillegl

    quel culot ! mais c’est habituel ! qu’il balaie devant sa porte et regarde les services du département ( sous sa responsabilité directe ) !! de la paperasse et de la paperasse et pour quels résultats ? des ronds points , et des ronds points .. aucune piste cyclables, aucun transport collectif digne d’un département comme le notre ! dans leVar ( pourtant à droite et aussi riche ) les liaisons sont à foison et a bon marché … et je ne parle pas du soutien aux entreprises durant cette période: département ???? silence radio ..

    Répondre Signaler un abus

    • 14 juin 2020 @ 10 h 21 min CON TRIBUABLE

      Eh oui, le grand YAKA est en plein exercice de son art, comme d’hab:  » moi j’aurais fait ci, moi j’aurais fait çà ».
      Au fait, pourquoi les agents techniques du département ne pouvaient-ils pas travailler sur le réseau routier pendant le confinement mais se faisaient remplacer par des entreprises sous traitantes du privé? un comble ….et pendant ce temps les employés communaux eux exerçaient leur activité….cherchons l’erreur, çà c’est de la gestion EXEMPLAIRE!

      Répondre Signaler un abus


Voulez-vous commenter ?

Votre adresse e-mail ne sera pas affichée

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.