Coronavirus. Etude épidémiologique: le virus a beaucoup circulé dans le Morbihan

Comment le Coronavirus a-t-il infecté les habitants du Morbihan? C’est pour répondre à cette question que le Département du Morbihan à l’initiative de son président François Goulard a lancé le 17 avril dernier une vaste étude épidémiologique pour savoir comment ce virus a infecté les morbihannais(e)s. Il en communique une première analyse:

« Selon une étude menée début mai auprès d’un échantillon de 1.252 personnes représentatif de la population du Morbihan, 9,7% de la population aurait été en contact avec le SARS-CoV2. Ainsi, sur les un peu plus de 755.000 habitants du Morbihan (données INSEE au 1er janvier 2020), au 1er Mai 2020, plus de 70.000 auraient été contaminés par le virus et auraient développé des anticorps.
Lancée à l’initiative du Conseil départemental du Morbihan, et placée sous le pilotage scientifique d’un Conseil présidé par le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé Globale à l’Université de Genève et ancien directeur de l’EHESP de Rennes1, cette étude séro-épidémiologique de terrain a été réalisée par analyse sérologique des sérums de sang prélevés en routine dans des laboratoires de ville et établissements de santé du département2 auprès de personnes préalablement informées.
1.252 sérums prélevés du 4 au 12 mai 2020 ont ainsi été testés de façon anonyme par le Laboratoire départemental d’analyse du Morbihan (LDA 56) au moyen de tests sérologiques ELISA anti-SARS-CoV2, dont deux déjà validés par le CNR3, de trois fabricants différents ; la méthode retenue a consisté à tester la présence de trois immunoglobulines (IgG, IgM et IgA). La coordination, le plan d’échantillonnage et l’analyse statistique des résultats ont été réalisés par la société vannetaise OpenHealth (*) spécialiste du traitement des données de santé et conseil des autorités de santé en période de crise sanitaire (notamment de l’ANSM) selon deux axes : un axe géographique distinguant une zone de foyers initiaux (Carnac, Auray, St-Pierre Quiberon) et une zone « reste du département » pour comparer la séroprévalence dans la zone géographique des premiers cas au reste du département ; un axe structure de la population (âge et sexe) échantillonnée selon des critères représentatifs de la population de chacune des deux zones concernées.
Le Conseil Scientifique a pris connaissance de l’ensemble des résultats de l’étude et a recommandé des analyses complémentaires – qui seront réalisées prochainement – en ciblant notamment des catégories de population par strate d’âge et en testant des sérums prélevés sur d’autres périodes.
D’ores et déjà, le constat s’impose d’une prévalence de la maladie sensiblement plus élevée que ne l’indiquent les modélisations diffusées par le Ministère de la Santé et donc d’une létalité plus faible. Ainsi, la présence d’anticorps IgG concerne 5,4% de la population ; IgG+IgA, 9% de la population et IgG+IgA+IgM, 9,7% de la population morbihannaise.
Ceci démontre aussi une circulation passée du virus importante au sein de la population du Morbihan, toutes zones confondues, bien au-delà des cas sévères hospitalisés, ou cas positifs testés remontés par l’ARS, et suggèrent un taux significatif de cas asymptomatiques ou pauci-symptomatiques (personne contaminée présentant peu de symptômes). Les promoteurs de l’étude précisent que celle-ci ne permet pas de conclure sur le caractère protecteur ou non des anticorps, étant précisé que l’immunité a également une composante cellulaire.
La réalisation de l’étude a donné lieu à une approbation préalable par le Comité d’éthique du CHU de Rennes saisi par les promoteurs du projet.
François Goulard, président du Conseil départemental du Morbihan à l’initiative de l’étude, salue « la remarquable mobilisation des acteurs locaux qui a permis en quelques semaines de monter un dispositif opérationnel robuste de suivi de la diffusion de l’épidémie sur le territoire. Nous estimons que de telles études devraient être conduites au plan national sur une large échelle afin de suivre, en temps réel comme de façon rétrospective, la diffusion de l’épidémie et de mieux fonder les mesures de prophylaxie». François Goulard n’exclut pas que le dispositif soit mobilisé pour une ou plusieurs mesures répétées de la séroprévalence du virus dans le département. »

(*)À propos d’OpenHealth. OpenHealth, société implantée à Vannes, est spécialisée dans l’agrégation et le traitement de données de santé multi-sources à des fins d’étude pour ses clients et partenaires industriels des produits de santé, institutionnels et chercheurs. OpenHealth opère la plateforme en ligne The Hub pour la fourniture d’analyses en temps réel sur la consommation et l’usage des produits de santé, plateforme utilisée notamment par l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM). La plateforme accueille également les données du réseau international GIHSN de surveillance de la grippe sévère (100 hôpitaux dans 23 pays) qu’elle coordonne pour le compte de la « Foundation for Influenza Epidemiology ». OpenHealth a à cœur de mobiliser ses expertises et ses infrastructures pour le pilotage d’initiatives de santé publique, en œuvrant pour un meilleur partage des données et des connaissances en santé. Pour Patrick Guerin, président de la société, « la mesure de la prévalence instantanée (une « photo ») et dans le temps(le « film ») sont les bases de la compréhension de la cinétique d’une épidémie.


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