Taupont. Comment la solidarité des secouristes bénévoles a sauvé une vie

C’est une histoire qui fait froid dans le dos, tant on peut y voir le reflet d’un quotidien qui nous concerne tous. C’est aussi l’illustration de l’inquiétude qui règne parmi la population sur la fragilité de l’organisation du système de santé sur le bassin de Ploërmel. C’est surtout l’histoire d’une chaîne de solidarité et de l’engagement de secouristes bénévoles qui a permis de sauver une vie.

Les faits remontent à dimanche lors d’un match de football vétérans qui se déroulait sur le stade de Taupont. Soudain, la fête du ballon rond tourne au drame. Un des joueurs s’effondre. Le sexagénaire est pourtant un sportif accompli. « On a tout de suite compris qu’il ne s’agissait pas d’un malaise vagal et que c’était grave. On est plusieurs a avoir suivi des cours de secourisme et à être titulaires du PSC1 », explique Dominique Esnault, le président du club de football. Tous savent que les premières minutes qui suivent le malaise sont déterminantes pour la survie de la victime. Aussitôt la solidarité s’organise. Il est 11 h 40. Marius, un des témoins, secouriste, entame un massage cardiaque tandis qu’un autre appelle le 15 et qu’un autre court chercher le défibrillateur. Et c’est là que le système montre ses limites. Le SMUR de Ploërmel est déjà engagé sur une autre intervention. Il est donc indisponible et c’est une équipe de Vannes qui est envoyée à Taupont. Un défibrillateur est dans une salle fermée à clé. 11 h 50: la salle est ouverte et le défibrillateur est enfin récupéré. Un autre appareil est en accès libre dans une autre salle, mais tout le monde l’ignore… Mais les pompiers arrivent dans le même temps, interviennent avec leur matériel et prennent en charge la victime. Marius qui alterne depuis dix minutes massage cardiaque et bouche-à-bouche peut enfin laisser sa place aux pompiers. 12 heures: les médecins du SMUR de Vannes arrivent enfin sur le terrain de foot. La victime a repris connaissance mais fait un deuxième malaise. Il est « récupéré » par les urgentistes vannetais qui le transfèrent à l’hôpital de Vannes où il est opéré en urgence d’un caillot qui obstrue une artère. « L’intervention s’est bien déroulée. Il est sain et sauf et va pouvoir quitter l’hôpital. C’est un miracle », confie Dominique Esnault. Avec le recul il analyse une situation qui pose de multiples questions. « Ce qui est sur, c’est que c’est la mobilisation et la réactivité de tous ceux qui étaient là qui lui a sauvé la vie. Mais tout ça fait réfléchir. Il a fallu 20 minutes pour que les médecins du SMUR soient là. Bien sur l’équipe de Ploërmel était mobilisée ailleurs, mais cela donne la mesure de ce qui se passerait si les urgences de Ploërmel devaient fermer. L’accident qui s’est produit ici n’est pas rare. Il y a quelques jours un arbitre de 45 ans est décédé d’un malaise sur un terrain dans le Finistère. On a fait remonter l’information auprès du député qui avait alerté la ministre de la santé sur l’organisation des soins quelques jours plus tôt… », souligne Dominique Esnault, bouleversé par l’épreuve qu’il vient de traverser avec les membres du club. A Taupont, le traumatisme est perceptible. D’un seul coup, des bénévoles du monde associatif prennent conscience que ce qui ne devrait être qu’une intervention exceptionnelle pourrait devenir une mission récurrente.

A Taupont, il y aura sans doute un « avant » et un « après » ce drame. Dominique Esnault fait le constat que dans le cas présent c’est la solidarité et la formation aux premiers secours qui ont été déterminantes. « J’ai rencontré le maire qui va organiser une réunion avec toutes les associations de Taupont afin d’évoquer cette question avec la possibilité de mettre en place une formation qui permette d’avoir toujours la présence de secouristes lors de manifestations. Je pense même qu’il serait utile de voir si il est possible de bénéficier d’une formation de 2è niveau afin de renforcer nos compétences », ajoute Dominique Esnault. Jean-Charles Sentier, le maire de Taupont confirme qu’il est sensibilisé à cette question. « Nous avons connu un drame similaire sur la commune il y a quelques mois qui s’était hélas terminé tragiquement et le sujet fait depuis partie de nos préoccupations. En liaison avec une professionnelle de santé installée sur la commune, on a lancé une réflexion dans ce sens. On a déjà prévu l’installation de nouveaux défibrillateurs et effectivement, nous allons lancer une campagne de sensibilisation auprès du monde associatif pour généraliser la formation aux premiers secours », indique-t-il.


'Taupont. Comment la solidarité des secouristes bénévoles a sauvé une vie' a 2 commentaires

  1. 29 janvier 2020 @ 21 h 07 min JOUBARD

    En lisant cet article, cela donne froid dans le dos!!!Mais, BRAVO aux secouristes qui étaient là.
    Pour ma part, il faudrait faire lire cet article au Président de la République et des médailles aux personnes concernées.
    De plus, faire remonter l’info à l’ARS dans les meilleurs délais. Quand est-ce que votre MAIRE va ouvrir ses yeux et défendre l’hôpital?

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    • 30 janvier 2020 @ 7 h 26 min Jo

      Je crois que le maire de Taupont est le seul maire de la communauté de communes de ploermel à avoir fait voter par son conseil municipal une motion de soutien pour le maintien de tous les services existants à l’hôpital, et en lisant la presse d’hier, un de ses axes prioritaire est le maintien des services de santé sur le territoire. Il faudrait que l’ensemble des maires de la com com face exactement la même chose.

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