Malestroit. DOSSIER: pourquoi les égouts débordent…

Jean-Yves Laly, le président (à gauche) et Dominique Le Moing, directeur du VOSA

« Pourquoi ne parlez vous pas des milliers de mètres cube d’eau de WC qui s’écoulent à Malestroit dans l’Oust depuis des semaines? » C’est ce message d’un de nos lecteurs qui nous a alerté sur un phénomène peu engageant qui s’est déroulé à Malestroit, il y a quelques semaines. Sur l’eau de la rivière en crue qui recouvrait le chemin de halage entre le pont neuf et l’écluse, flottaient en effet des lingettes, et autres serviettes hygiéniques, de toute évidence émanant des toilettes. Un problème difficile à comprendre pour les riverains d’autant que des travaux importants ont été effectués sur le réseau d’assainissement ces derniers mois. La pluviométrie excessive de ces derniers mois est à l’origine de cette défaillance  On va essayer de vous expliquer tout ça, mais c’est un peu technique…

« Effectivement, c’est un problème que nous avons pu identifier… Un dossier technique a pu être élaboré et les travaux vont pouvoir être programmés », résume Dominique Le Moing, le directeur du VOSA (vallon d’oust syndicat d’assainissement). Les services du syndicat intercommunal d’assainissement qui regroupe les communes de Missiriac, Saint-Marcel et Malestroit ont eu une première alerte début décembre. « Nous avons immédiatement pris les mesures nécessaires pour analyser le problème avec le soutien des services de la police de l’eau, du département et de la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer), qui ont fait preuve d’une remarquable réactivité », poursuit le directeur. Un rapport validé par la police de l’eau en date du 18 décembre a mis en évidence les mécanismes ayant débouché sur cet incident. « Avant ce rapport », nous étions aveugles, reconnait Dominique Le Moing.

« Avant » les travaux, les eaux usées de la rive droite de la rivière étaient « syphonnées » à la hauteur du Crédit Agricole pour être renvoyées sur l’autre rive puis vers la station d’épuration. Un déversoir situé entre le pont neuf et l’écluse permettait en cas de surcharge par exemple lors d’un orage à ces « eaux sales » de se déverser directement dans le canal. Les travaux réalisés consistaient à créer un poste à Roussadou, face à l’école Sainte Jeanne d’Arc pour recevoir ces eaux usées avant de les envoyer via une canalisation passant sous le canal vers un autre poste géant également créé du côté de la Daufresne. De là, les eaux usées rejoignent la station d’épuration par une conduite unique. Du coup, le déversoir devenait inutile et a été condamné.

Ce nouveau réseau mis en service à l’été fonctionnait parfaitement bien, en période de sécheresse. Tout a changé avec l’arrivée des pluies excessives de la fin de la fin de 2019. Car la côte de débordement du poste de Roussadou se trouve à 13,80 mètres, alors que les bouches d’égouts situées sur le chemin de halage sont à une côte de 13, 40 m. Du coup, quand le réseau est en pleine charge, l’eau ne peut plus s’écouler et ce sont les bouches d’égouts qui font office de trop plein et leurs couvercles sautent.. D’où le refoulement d’eaux usées et de son cortège de détritus, constaté sur le chemin de halage ces dernières semaines.

« L’étude a mis en évidence la défectuosité de tout le réseau d’assainissement de la ville Malestroit », explique le directeur. Ce réseau datant des années 50 est poreux et absorbe ce qu’il est convenu d’appeler « les eaux claires parasites d’infiltration » (ECPI). Il s’agit des eaux d’infiltration (conséquence des fortes pluies) qui trouvent leur chemin dans les tranchées renfermant les canalisations et qui viennent donc surcharger le volume d’eaux usées qui subit par ailleurs le déversement des eaux pluviales d’un certain nombre de maisons anciennes qui sont branchées sur l’assainissement (ce qui est interdit).

Une solution provisoire a été mise en oeuvre avec la remise en service du déversoir d’orage qui permettra au surcroit d’eaux usées de se déverser dans le canal en attendant la réalisation d’un chantier global beaucoup plus important.

« Nous avons pu établir un plan pluri-annuel de travaux de réfection du réseau d’assainissement qui permettra de résoudre le problème. Un certain nombre d’entre eux vont avoir lieu dans les prochaines semaines dans le quartier de la Madeleine, dans le prolongement de ceux réalisés rue Sainte-Anne. Les autres sont identifiés, les financements existent, mais il faudra attendre les délais incompressibles de constitution des dossiers, c’est à dire environ deux ans… », indique Jean-Yves Laly, le président du VOSA.

La réfection du réseau d’assainissement s’accompagne de la suppression des raccordements sauvages des installations d’eaux pluviales des particuliers qui se trouver confrontés à un problème colatéral très épineux. Il n’existe pas à Malestroit de réseau dédié aux eaux pluviales. D’une manière générale, celui-ci incombe aux communes concernées mais ne fait l’objet d’aucune subvention. Les habitants devront donc trouver une solution de substitution pour écouler leurs eaux pluviales, mais laquelle? La question n’a pas de réponse.

Ce chantier dont on mesure l’ampleur va permettre de réduire le volume circulant dans le circuit d’assainissement et donc de permettre aux installations de jouer leur rôle sans être impactées par  des pluies surabondantes et ces fameuses ECPI.

Le fléau des lingettes

Les témoins du refoulement ont pu constater la présence à la surface de l’eau de nombreuses lingettes qui normalement ne doivent pas être jetées dans les toilettes. Une consigne que visiblement peu de gens respectent. Ces lingettes constituent un gros problème de pollution et affectent le fonctionnement des stations d’épuration. Par exemple, à Malestroit, l’entreprise chargée de remettre en service le déversoir a rencontré d’énormes difficultés pour déboucher la conduite qui était obstruée par ces lingettes et autres détritus dont des serviettes hygiéniques. A l’heure où on parle de protection de l’environnement, ou on élabore des plans complexes pour aller dans ce sens, il y a des choses simples à faire… Comme introduire un peu de civisme, de responsabilité et de bon sens dans nos pratiques quotidiennes…

Ce jeudi, le déversoir d’orage, qui sert de trop plein a été débouché

Ce document qui figure dans le rapport validé par la police de l’eau montre le pourcentage des « eaux claires d’infiltration » qui parasitent le réseau d’assainissement et les travaux envisagés. Ceux de la rive gauche auront lieu en 2020.


'Malestroit. DOSSIER: pourquoi les égouts débordent…' a 4 commentaires

  1. 24 janvier 2020 @ 18 h 27 min Jardin

    Que peuvent faire seuls des administrés locataires quand ils voient la terrasse de leur habitat d une part envahie par le reflux des égouts et en même temps une partie de l intérieur de la maison envahie par les sanitaires
    Ceci est arrivé à des amis
    Le service URGENCE DE LA SAUR est intervenu et a constaté une NON CONFORMITÉ FLAGRANTE
    Que vont ils vivre aux prochaines crues.

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  2. 24 janvier 2020 @ 19 h 00 min Soizic

    Ce ne sont pas des lingettes mais du papier hygienique…Des travaux de collectes des eaux usées deviennent plus qu’urgent risques de proliférations de virus!! Dans les Alpes , des travaux avaient été envisagés dans les années 60 par un ingénieur spécialiste pour détourner les eaux usées vers des station d’épuration ! A voir!!

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  3. 25 janvier 2020 @ 10 h 36 min Jardin

    Il faut au plus tôt que les services concernés et la mairie fassent les tests nécessaires pour nous informer de la qualité de l eau
    CERTAINS PERSONNELS SOIGNANTS SONT DÉJÀ ENTRAIN DE CONSEILLER DE NE PAS UTILISER L EAU DU ROBINET
    QUE FONT LES AUTORITÉS DANS UNE PÉRIODE CHARGÉE DE VIRUS EN TOUS GENRE

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