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Pays de Malestroit

Publié le 15 juin 2019

Saint-Marcel. Le musée rend hommage aux femmes résistantes

-par Eva Dumand-

Le Musée de la Résistance bretonne célèbre ce week-end le 75e anniversaire des combats de Saint-Marcel. Cette année, les résistantes sont mises à l’honneur et la parole laissées aux femmes. En plus de l’exposition « Femmes engagées » installée dans le musée, la conférence d’Isabelle Le Boulanger, historienne, a éclairé, ce samedi, le public sur la place des femmes dans la résistance avec témoignages à l »appui. La conférence a été complétée par la parole d’Anne-Marie Tregouët, ancienne résistante du pays de Ploërmel, alors qu’elle avait seulement 19 ans.

 

L’HISTOIRE D’ANNE-MARIE TREGOUËT

À seulement 19 ans, à la veille de la libération, Anne-Marie Trégouët a participé activement à la résistance dans le pays de Ploërmel et ses alentours. Alors institutrice au Sacré-Cœur, occupé par les allemands, elle fourni des renseignements. Il y avait, aussi « L’hôtel moderne » juste à côté, où logeaient les Allemands : ça permettait de savoir qui ils fréquentaient. Elle rejoint, ensuite, la ferme de La Nouette, où étaient effectué le parachutage des résistants. Elle aide son oncle. Le 12 juin, il l’envoie à Ploërmel. Sur la route, elle voit les habitants fuir, c’est à ce moment-là qu’elle comprend que la ville est bombardée. Elle va, quand même, chercher les sacoches de grenades, cachées avec des légumes, que son oncle lui avait demandées. Sur la route de Loyat, elle croise les Allemands, elle présente ses papiers et après quelques instants, tous se mettent à rire. Elle avait fait sa photo quelques années auparavant, alors, amusés, ils lui disent « bébé hein?« … elle poursuit sa route sans ennuis. Anne-Marie conclut son histoire ainsi « Douze jours dans ce climat, pour une jeune fille de 19 ans, c’est une mémoire pour la vie… Si vous aviez peur, ce n’est pas là qu’il fallait aller. Pour nous, c’était tout à fait normal ». Marcel, complète, avec l’histoire de ce jour où il était allé se cacher chez l’oncle d’Anne-Marie. Surpris par un Allemand qui voulait l’emmener à la gendarmerie, il a attendu d’être dans un endroit sombre, puis lui a lancé son vélo à la figure avant de détaler. Une autre fois, son moteur en panne, il est allé dans ce garage surveillé nuit et jour par un Allemand. Il a emmené une bouteille de « goutte », puis a « dérobé » un moteur aux véhicules allemands. Ni vu ni connu, il est parti avec un moteur flambant-neuf, et a laissé le sien dans un véhicule allemand. Le soldat, ivre, n’a jamais rien remarqué.

DES TRAVAUX DE RÉNOVATION POUR DEUX ANS AU MUSÉE

 

Le musée fermera en septembre, pour deux ans de travaux. La moitié des bâtiments actuels seront détruits puis reconstruit, la seconde moitié sera rénovée entièrement, avec pour projets : un patio mémoriel faisant appel à des matériaux nobles et à des artistes contemporains ; un mémorial pour les parachutistes SAS libre ; un investissement dans des outils multimédias et interactifs. Ce sont 3,8 millions d’euros qui vont être investis pour faire vivre la mémoire de la résistance, avec pour objectif de regagner la barre des 50 000 visiteurs annuels, qu’il y avait à l’ouverture du musée en 1994.

Les animations se poursuivent ce dimanche

Pour profiter du musée avant sa fermeture, il reste encore, ce soir, à 21 h, le « Liberty Bal », à l’occasion de la fête de la musique dans le bourg de Saint-Marcel, et les animations continuent demain à partir de 10 h au Musée de la Résistance bretonne.

Un avant-goût du musée en image :

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