Saint-Abraham. Le déclassement du chemin rural fait polémique

le chemin rural qui doit être déclassé

Le projet de déclassement d’un chemin rural à Saint-Abraham suscite la polémique. A quelques jours de l’ouverture de l’enquête publique, Anne Marie Robic, déléguée de la SPPEF (Société pour la protection des Paysages et de l’esthétique de la France) pour le Morbihan et membre de la CRPA Bretagne diffuse un communiqué dans lequel elle souligne la valeur historique, archéologique et touristique de ce chemin. Elle lance un appel à la mobilisation des défenseurs e la nature et du patrimoine. Contactée par nos soins, Gaëlle Berthevas, maire de Saint-Abraham explique les raisons du choix du conseil municipal et rappelle que ce projet s’inscrit dans un contexte plus large, celui de la reconversion en bio d’une exploitation agricole. Elle indique par ailleurs qu’il a été présenté aux habitants du village et qu’une seule famille s’y est opposée. L’enquête publique débute lundi 19 mars pour se prolonger jusqu’au 3 avril.

Le communiqué d’Anne-Marie Robic:

« La Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) lance un appel aux promeneurs, aux amis de la nature et aux amateurs d’histoire, pour la sauvegarde d’un chemin rural à Saint-Abraham. L’enquête publique portant sur le projet de désaffectation et d’aliénation partielle du chemin rural n° 14 se déroulera en mairie de Saint-Abraham du 19 mars au 3 avril 2018.
On comprend mal pourquoi la commune veut s’en défaire au profit des riverains. C’est un site intéressant d’un point de vue naturel, historique, archéologique et touristique. En effet, c’est un chemin bordé d’arbres remarquables situé à 400 mètres de l’Oust, voie verte Josselin – Malestroit. Il n’est pas enclavé : il relie le Coin de l’Or et Pérué et est fréquenté par les promeneurs.
Comme le laisse entendre le nom du hameau « Coin de l’or », les vestiges archéologiques ne manquent pas. On y a trouvé deux petites tombelles et des débris d’un dolmen ainsi qu’une urne cinéraire, des fragments de briques et de poterie. A l’entrée du chemin de Pérué, on observe aussi deux pierres circulaires qui pourraient être des éléments d’une urne funéraire. Le chemin rural n° 14 recèle sans doute d’autres vestiges.
A partir du Coin de l’Or, on accède à l’emplacement de la voie romaine Vannes-Rennes, à moins d’un km, près de La Née, au bord de l’Oust. Il existe donc là un potentiel touristique pour le moment inexploité.
Enfin, on a déjà détruit beaucoup trop de talus boisés et de chemins à Saint-Abraham et dans les environs. Celui de Pérué est à conserver. Il ne doit pas être aliéné au profit d’intérêts privés. Sa protection et sa mise en valeur sont d’intérêt public.
Aussi la SPPEF appelle-t-elle les défenseurs de la nature et du patrimoine à venir nombreux déposer leurs observations en mairie de Saint-Abraham pour la protection de ce chemin. »

Les explications de Gaëlle Berthevas:

« Le conseil municipal de Saint Abraham par délibération a affirmé sa volonté de déclasser un chemin rural (décision à l’unanimité). Il s’agit du chemin rural N°14 situé entre le village du Coin de l’Or et le village de Pérué . Ce chemin subit un défaut d’entretien par la commune depuis de nombreuses années et une absence de fréquentation régulière par le public. En effet, il est dans un état ne permettant pas une circulation régulière et normale pour les piétons comme pour les véhicules (végétaux envahissant la chaussée, nid de poules, fossés non entretenus, stockage de matériel agricole par les riverains…). Il ne fait plus l’objet d’actes de police, de conservation ou de surveillance de la part de la commune.

Fort de ces constats, le conseil municipal souhaite donc le déclassement de ce chemin en vue de son aliénation au profit des riverains et ceci notamment afin de faciliter la poursuite d’activité de l’exploitation agricole EARL David.

– Transformation en agriculture biologique de l’EARL DAVID

L’EARL David est située au Coin de l’Or et est dirigée par Mr Gildas David depuis le 01 décembre 2015. Aujourd’hui l’exploitation comporte 2 ateliers de poules pondeuses pour la consommation ( 47 857 places en cages) et 65 hectares de cultures.

Afin de répondre à la demande des consommateurs, l’EARL David est en conversion au mode agriculture biologique, conversion effective pour les cultures depuis le 10 juillet 2017. La seconde étape étant la transformation des bâtiments d’élevage au printemps prochain afin d’accueillir 11 000 à 12 000 places pour poules pondeuses biologiques.

Ce mode d’élevage répond à de nombreuses normes. La principale étant l’alimentation qui doit être issue de produits de culture bio. Concernant l’élevage de poules pondeuses biologiques des règles s’imposent. En effet, il faut 18 cm de perchoirs par poule et 8 poules par nid. Ces obligations vont engendrer des travaux conséquents sur les bâtiments d’élevage.

Les poules doivent être élevées au sol et doivent avoir un accès plein air. Cet accès donne sur un parcours composé d’arbres ou d’abri et la surface minimale doit être de 4 m2 par poule ( soit 1ha pour 2500 poules). Les poules ne peuvent sortir à l’extérieur avant l’âge de 28 semaines.

Il faut respecter la directive nitrate de 170U par hectare et les effluents doivent être obligatoirement épandus sur des terres Bio.

La transformation des bâtiments nécessite l’accès à un parcours d’une surface d’environ 5 hectares.

L’exploitant agricole dispose du foncier nécessaire aux abords des bâtiments pour mettre en œuvre ce nouveau mode d’élevage.

Chaque bâtiment recevra 3000 poules avec un accès plein air indépendant. Pour le parcours 1, pas de difficulté particulière. Le parcours 2 quant à lui, nécessite de traverser le chemin communal N°14 pour partie.

Vu le défaut d’entretien du chemin communal N°14 depuis de nombreuses années, il serait proposé de vendre ce chemin aux riverains dont principalement ( voire exclusivement) à l’exploitation EARL David.

Dès la genèse de ce projet, j’ai reçu en Mairie l’ensemble des habitants du village afin de présenter le projet de déclassement et le projet de conversion en agriculture biologique de l’EARL David et de recueillir les avis de chacun. Seule une famille s’est fermement opposée au déclassement du chemin rural et surtout à la transformation de l’exploitation agricole… Tous les autres riverains y étaient tout à fait favorables. »

 


'Saint-Abraham. Le déclassement du chemin rural fait polémique' a 9 commentaires

  1. 17 mars 2018 @ 11 h 43 min bey

    comme on peut le voir ce chemin « remarquable »est superbement entretenu,à l’heure ou l’on souhaite revenir à des méthodes d’agricultures plus respectueuses de l’environnement et de la santé des consommateurs,s’opposer à ce projet est une ineptie.

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    • 17 mars 2018 @ 20 h 49 min sevestre

      Tout à fait ce chemin est bien entretenu depuis des années ,par les riverains et sans polémique.ne parlons surtout pas d’archéologie sur ce chemin,ne rentrons pas dans la démagogie.nous les riverains nous avons
      L’amour de nos ancêtres et le respect.nous sommes entiérement pour ce projet respectable de l’environnement.

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    • 17 mars 2018 @ 20 h 54 min Sevestre

      Merçi Jean Marie pour ton message.
      Ne rentrons pas dans des polémiques injustifiés de ces détracteurs.

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    • 19 mars 2018 @ 11 h 48 min Chevrier

      Opposer les intérêts du développement de l’agriculture biologique (économiques et sanitaires) et le maintien du paysage est un non-sens. Les deux vont de concert. On parle dans ce cas d’économie durable ou de développement durable. Hélas, le monde rural est mû par le rapport et le court terme. En conséquence, rien ou peu de choses ne trouvent grâce au delà du rapport, aucune vision périphérique intégrant dans une réflexion plus globale le paysage, la biodiversité, le bien-être, la santé des citoyens n’est envisagée et envisageable. Personne n’est priori propriétaire du paysage mais pourtant cette entité appartient à tous et chacun d’entre nous est garant au delà d’intérêts privés du patrimoine paysager. Le remembrement désastreux des années 70-80 a laissé nos paysages meurtris et rien n’a été entrepris depuis pour repenser le paysage. L’économie du bois où la tronçonneuse devient l’extension d’une certaine virilité poursuit cette ruine paysagère, et en dépit de quelques dizaines de mètres de haies subventionnées, le bocage millénaire recule inexorablement. Il serait temps de poser une vraie réflexion environnementale où le bocage fort de sa diversité renforcerait les équilibres écologiques au profit de l’agriculture, de la chasse, du maintien des sols, de l’apiculture, du paysage…

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  2. 18 mars 2018 @ 19 h 59 min Sandrine

    « Ne rentrons pas dans des polémiques injustifiés de ces détracteurs »
    Hop hop hop
    Si vous le permettez Mr ou Mme SEVESTRE n’allons pas si vite en besogne quand il s’agit de dilapider le bien public.
    Ne vous en déplaise j’aimerais que nous nous attardions quelques instants quand même sur le sujet.
    Pour bien comprendre mon propos je vais fixer le cadre.
    J’ai un gite. Je suis donc acteur du tourisme.
    Mes clients me demandent des boucles de promenade. Donc « les chemins » cela me parle très fortement.
    Ce ne sont pas les 500 mètres linéaires de ce chemin communal particulier qui m’importent, mais bien plus le processus global qui va aboutir à sa session, tranquillement, ni vu ni connu.
    Dans l’ordre de ma réflexion, d’abord le commentaire de M. Jean Marie BEY.
    Peut être que j’interprète son texte mais je le traduis ainsi :
    « Bon allez ça suffit. Vous n’allez pas nous embrouiller : Place à l’économie et au business »
    Je trouve que son commentaire est surprenant tout comme désolant.
    Si j’ai bien compris M.Bey est aujourd’hui 1er adjoint à la Mairie St Abraham. Mais je n’oublie pas qu’il fut un temps où il s’était investi pour la sauvegarde de la passerelle de La Née.
    Son commentaire sur ce chemin aujourd’hui me gêne car je me demande finalement quel était son projet à l’époque de son « combat » pour cette passerelle.
    Son commentaire me gêne aussi parce qu’il me prouve ici par ses mots ce manque de vision élargie et de compréhension qui caractérise la plupart des conseils municipaux.
    Notez que que je ne généralise pas.
    Son commentaire me gêne aussi parce qu’élu aujourd’hui, il devrait être de son devoir de porter plus encore attention aux propos et/ou écrits avant de se jeter sur son clavier.
    MmeAnne-Marie Robic a des arguments qui se tiennent.
    Quant à Mme La Maire, elle nous fait une leçon d’élevage de poule. Par contre sans y faire attention, elle certifie qu’ils ont bien abandonné le domaine public.
    Deuxième temps de ma réflexion, l’abandon du domaine public par les communes :
    Mme Gaëlle Berthevas est extraordinaire.
    Sans culpabilité aucune, elle justifie la raison de la session.
    « Ce chemin subit un défaut d’entretien par la commune depuis de nombreuses années »
    « Il est dans un état ne permettant pas une circulation régulière et normale pour les piétons comme pour les véhicules (végétaux envahissant la chaussée, nid de poules, fossés non entretenus, stockage de matériel agricole par les riverains…). Il ne fait plus l’objet d’actes de police, de conservation ou de surveillance de la part de la commune. »
    Il ne fait plus objet d’acte de police !?! Hé bien oui M SEVESTRE ou M. BEY c’est bien au Maire d’une commune avec sa casquette d’Officier de Police Judicaire qu’est dévolu le rôle de contrôler la libre circulation des voies et de sanctionner le dépôt sauvage de détritus.
    Il ne permet pas une circulation normale ? Il est clair que la propriété privé à un bout ou l’exploitation agricole à l’autre bout n’invitent pas le quidam promeneur à s’engager.
    C’est même rédhibitoire. Côté route du Coin d’Or du bout du chemin, l’impression donnée est celle d’entrer dans l’exploitation agricole. De fait on ne s’y aventure pas.
    MM SEVESTRE et BEY je vous confirme que c’est aux communes qu’il revient d’entretenir les chemins communaux et de faire le nécessaire pour qu’ils restent accessibles et praticables.
    Alors « Vu le défaut d’entretien du chemin communal N°14 depuis de nombreuses années, il serait proposé de vendre ce chemin aux riverains dont principalement (voir exclusivement) à l’exploitation EARL David. »
    C’est extraordinaire comme motivation de la part du conseil municipal de St Abraham.
    En gros c’est dire : « Heu bin comme on ne s’en est pas occupé pendant des années, alors du coup c’est prouvé que ce bout de chemin ne sert à rien, et pis surtout alors on va le donner à M. David parce qu’il est venu me voir et qu’il me dit que ça serait bien pour lui. » (C.f le CR du conseil municipal du 20 septembre 2017)
    Désolé M. BEY mais à mon sens l’ineptie n’est pas de s’opposer à ce projet mais elle se trouve dans le don d’un bien public au motif que M. David se lance dans « le bio » pour le bénéfice de sa petite entreprise.
    M. David vit tout contre son camp de concentration de poules pondeuses (47 857 places en cages) depuis des années. Alors ?
    Qu’est ce qu’il le gêne tout d’un coup ? Un remord ? Touché par la grâce ? Le remord ?
    Non non loin de là. Que nenni.
    Mme la Maire nous donne la réponse : « Afin de répondre à la demande des consommateurs, l’EARL David est en conversion au mode agriculture biologique. »
    Il faudrait donc lui céder un bien public pour sa petite entreprise privée. Notons que juste à coté il y aussi un autre éleveur de poules. Alors ? Pourquoi le favoriser ?
    Nous sommes totalement dans l’aboutissement du processus.
    Plus d’attention portée sur le patrimoine communal, plus entretien des chemins ruraux, les Mairies laissent les chemins communaux se faire phagocyter, privatiser et/ou disparaître dans des traits de charrues au profit exclusif de quelques exploitants agricoles et/ou propriétaires limitrophes. Alors on cède, on brade, on donne le bien public.
    Finalement est ce grave ou pas ?
    À mon sens cela porte à réfléchir parce que dans nos secteurs comme dans d’autres régions qui n’ont pas su y prendre garde, il n’y a plus de continuité de chemins de terre dans les campagnes.
    Il se trouve que le Comité Régional du Tourisme Bretagne a réalisé une enquête en 2016 sur « les touristes en Bretagne » (enquête Reflet 2016).
    Cette enquête d’un coût de 350 k€ révèle en autre que Destination Brocéliande – l’un des 10 pays touristiques – n’attire que 5% des touristes et que l’activité principale des touristes (90% des réponses) serait la promenade à pied.
    350 K€ et ce juste pour une enquête non exploitée, cela devrait parler pour une association qui voudrait réaménager la passerelle de la Née. N’est ce pas M. Bey.
    C’est presque drôle parce ce bout de chemin est à quelques centaines de mètres de celui qui amène à la passerelle de La Née.
    C’est presque drôle parce que ce bout de chemin pittoresque est sur le circuit du Sentier de la rivière. (Une boucle de 15 kilomêtres à partir de Malestroit)
    Dommage car ce circuit propose Pérué – Le coin D’or par la route plutôt que par le chemin. Le goudron c’est tellement mieux.
    Dommage car avec une vision plus large et une bonne compréhension de nos atouts, il y avait de quoi faire pour « fixer » nos visiteurs dans tout le territoire Destination Brocéliande.
    Trop tard … Les communes avaient de l’or vert dans les doigts, mais elles préfèrent le dilapider pour quelques privés.
    Résultat, il n’y a plus de chemins de campagne comme le fait remarquer Anne-Marie Robic.

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    • 20 mars 2018 @ 11 h 58 min jean-marie Bey

      Bonjour,étant élu je suis un « personnage » public, mais même sans cela je ne me cache jamais derrière un pseudo,je m’appelle Jean-Marie Bey et j’aimerais bien Madame ou peut être Monsieur « Sandrine » que vous ayez cette même franchise ! vous affirmez plusieurs contre vérité , dévoilez vous et je répondrais, mais il est vrai que les souffleurs sont toujours cachés derrière le rideau !

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      • 20 mars 2018 @ 15 h 17 min Maël Storit

        Certaines personnes choisissent ou aiment s’afficher publiquement sous leur nom, c’est leur choix.
        D’autres, plus discrètes ou pour préserver leur tranquillité préfèrent s’identifier sous un pseudonyme.

        Le problème qui se poserait sur les messages publiés sur le site ne réside pas dans le choix de cette identité par leur auteur, mais par le caractère médisant, vulgaire, insultant ou mensonger de ceux-ci.

        Mr J Guyon assure parfaitement le rôle de modérateur pour filtrer ce type de message, ce qui en fait l’une des marques de qualité de son site.

        Dans le cas de Sandrine, je ne vois que l’expression mesurée sans être fade, d’une professionnelle du tourisme qui se préoccupe à juste titre d’une décision de Conseil Municipal qui porte une nouvelle atteinte au patrimoine naturel public sur lequel repose beaucoup le tourisme dans le pays. Cette atteinte peut paraître anodine, mais elle semble illustrer le fait que l’environnement ne fait pas toujours le poids face aux intérêts privés et économiques.

        Dans ces conditions, Mr BEY, votre réponse (qui ne s’adresse pas uniquement à Sandrine) dans laquelle vous pourrez exprimer vos arguments et votre vérité, est la bienvenue.

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      • 25 mars 2018 @ 18 h 33 min Alain Hopernnerf

        Et donc : La vérité , toute la vérité, je vous dirais la vérité.
        Alors ?
        5 jours après ?
        Où en sommes nous de la vérité des contres vérités ?

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  3. 20 mars 2018 @ 9 h 57 min Sinistré

    La destruction inévitable de ce chemin, s’il passe dans le domaine privé, l’abattage des arbres, le comblement des fossés et l’arasement des talus… entraîneront de facto…un écoulement rapide des eaux vers la vieille rivière…qui viendra augmenter la hauteur d’eau dans les communes situées en aval, lors des prochaines inondations, et Malestroit, en premier. Peu importe…les poules du  » coin de l’or  » ne seront pas des poules  » mouillées  » !!!

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