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Ploërmel Communauté

Publié le 30 octobre 2026

Ploërmel. Dans cet élevage nouvelle génération, les poules joueront aussi du xylophone

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À Ploërmel, Jérôme et Stéphanie Monnier viennent de concrétiser un projet familial et professionnel d’envergure : la construction d’un poulailler nouvelle génération, capable d’accueillir 30 000 poules pondeuses. Avec un investissement de 1,6 million d’euros, une volière, un jardin d’hiver et des équipements largement automatisés, le couple veut montrer une agriculture moderne, attentive aux conditions d’élevage et de travail. Une installation qui constitue une première dans le Morbihan pour Huttepain Bretagne, une filiale du groupe LDC.

Pour Jérôme Monnier, 44 ans, c’est l’aboutissement d’une idée qui lui trottait dans la tête depuis longtemps. Agriculteur à Ploërmel, il exploite 80 hectares de cultures après avoir repris les terres familiales, autrefois consacrées à l’élevage de vaches laitières. Il y a deux ans, il décide de franchir le pas et de se lancer dans la production d’œufs. «A mon âge, je me suis dit que c’était le moment de tourner une page». Son épouse Stéphanie l’accompagne dans cette aventure, notamment sur le volet administratif.

Après de longs mois de préparation et de travaux, le bâtiment est désormais prêt à accueillir ses premières pensionnaires, attendues le 10 novembre.

Jusqu’à 29 000 œufs par jour

Les chiffres donnent la mesure du projet : 30 000 poules pondeuses, une production attendue de 28 000 à 29 000 œufs par jour et un investissement global de 1,6 million d’euros, du terrassement jusqu’aux équipements.

Le couple a pu bénéficier de conditions financières plus favorables en engageant son projet il y a deux ans, avant la hausse des taux d’intérêt qui pèsent sur le coût de ce type d’installation.

L’exploitation travaillera avec Huttepain Bretagne, filiale du groupe LDC. Le nouveau bâtiment constitue une première départementale pour cette entreprise : il s’agit du premier bâtiment neuf d’élevage de poules pondeuses en volière réalisé dans le Morbihan pour Huttepain Bretagne.

Une particularité qui illustre les évolutions de la filière avicole et les investissements nécessaires pour développer de nouveaux modes de production.

Une volière et un jardin d’hiver

Le poulailler relève du système d’élevage dit « code 2 », correspondant aux œufs de poules élevées au sol. Mais il ne s’agit pas d’un bâtiment traditionnel.

À l’intérieur, les poules pourront se déplacer librement dans une volière aménagée sur plusieurs niveaux. Elles auront également accès à un jardin d’hiver, un espace couvert leur permettant de profiter de la lumière naturelle et de l’air extérieur, sans sortir sur un parcours ouvert.

« C’est un peu comme un préau dans une école », explique Stéphanie Monnier. Cette configuration permet notamment de limiter les contacts avec les animaux sauvages, tout en offrant aux volailles un environnement diversifié. Le bâtiment bénéficie également d’une importante automatisation, notamment pour la collecte des œufs et certaines tâches quotidiennes.

Pour Jérôme et Stéphanie Monnier, l’objectif est de concilier les conditions de vie des animaux avec celles de l’éleveur. « On veut le bien-être des animaux, mais on veut le bien-être de l’éleveur aussi », résume Stéphanie.

Des xylophones pour les poules : une idée étonnante !

C’est l’une des anecdotes les plus insolites de cette nouvelle installation. Dans leur poulailler, Jérôme et Stéphanie Monnier souhaitent mettre à disposition des volailles différents objets pour les occuper : des balles, mais aussi… des xylophones !

L’idée leur est venue lors de la visite d’un autre élevage. « Au début, on a été étonnés en entrant dans le bâtiment d’entendre ce bruit-là », raconte Stéphanie en évoquant une éleveuse passionnée par ses animaux.

Intrigués par ces sons inhabituels, ils avaient découvert que les poules pouvaient interagir avec de petits instruments produisant des notes de musique. « Quand on a vu ça, on a rigolé », se souvient-elle, mais l’idée les a séduit au pourquoi ne pas en faire autant.

Derrière cette anecdote amusante se trouve une volonté plus sérieuse : enrichir l’environnement des animaux et leur proposer des occupations pendant leur séjour dans le bâtiment, estimé à environ treize mois.

« Montrer ce qu’est l’agriculture aujourd’hui »

Avant l’arrivée des poules, le couple a souhaité faire découvrir son installation à ses voisins, à ses proches et aux personnes intéressées. Le député, Paul Molac était également présent pour découvrir cette exploitation. Une démarche de transparence qui lui tient particulièrement à cœur. « Beaucoup de gens nous posaient la question de comment ça se passait dans le bâtiment », explique Stéphanie.

Sensible au bien-être animal, elle reconnaît avoir elle-même été surprise lorsque Jérôme lui a présenté son idée. « Quand Jérôme m’a parlé du projet, en me disant 30 000 poules dans un poulailler, je me suis dit que ça n’allait pas être possible. »

Les visites d’autres élevages lui ont permis de découvrir des installations et des pratiques qu’elle ne connaissait pas et qui l’ont convaincue. Aujourd’hui, le couple veut à son tour montrer les réalités de son métier et les transformations de l’agriculture.

Cette présentation publique a été organisée avant la mise en service du poulailler, car une fois les animaux arrivés, l’exploitation sera soumise à des règles strictes de sécurité sanitaire.

Un projet qui a mobilisé des entreprises locales

Au-delà de l’investissement agricole, cette construction a également fait travailler de nombreuses entreprises, artisans et partenaires, notamment locaux. Jérôme et Stéphanie Monnier tiennent à souligner leur contribution à la réalisation de ce projet.

Pour Jérôme, qui n’avait jusqu’à présent jamais élevé de poules, cette diversification marque aussi un véritable tournant professionnel. Le choix de la production d’œufs s’inscrit également dans un contexte de demande pour cette source de protéines relativement accessible.

Avec ce projet de 1,6 million d’euros, Jérôme et Stéphanie Monnier entendent démontrer qu’une agriculture moderne peut chercher à conjuguer performance économique, évolution des pratiques, conditions de travail et attention portée aux animaux.

Retrouvez notre entretien vidéo avec Jérôme et Stéphanie Monnier, qui nous expliquent les choix qui ont guidé leur projet.

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