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Morbihan

Publié le 7 octobre 2026

Guer. MécaÉcoles : 700 futurs agriculteurs découvrent la « puissance du collectif »

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Des centaines de jeunes, des machines agricoles et des démonstrations grandeur nature : MécaÉcoles a rassemblé à Guer quelque 700 élèves des établissements agricoles bretons. Mais derrière le machinisme, la Fédération des Cuma de Bretagne voulait surtout leur faire découvrir un modèle parfois encore méconnu : celui d’agriculteurs qui investissent et travaillent ensemble pour réduire leurs charges et ne pas rester seuls face aux contraintes du métier.

À première vue, ce sont évidemment les machines qui attirent l’œil. Jeudi, au Bois Glé à Guer, le MécaÉcoles organisé par la Fédération des Cuma de Bretagne proposait ateliers techniques et démonstrations de matériels aux centaines d’élèves venus d’établissements agricoles.

Plus de 700 jeunes venus d’une trentaine d’établissements de l’Ouest étaient présents. Douze ateliers et quatre espaces de démonstration avaient été aménagés pour cette journée.

Mais la manifestation avait un objectif qui dépassait largement la découverte des dernières évolutions du machinisme agricole. Il s’agissait surtout de faire connaître aux futurs professionnels le fonctionnement des Cuma et de leur montrer qu’une installation agricole peut aussi se penser collectivement.

Une Cuma, c’est quoi exactement ?

L’acronyme bien connu dans les campagnes, l’est peut-être beaucoup moins en dehors : Cuma signifie Coopérative d’utilisation de matériel agricole.

Le principe est assez simple. Plutôt que chaque exploitant achète de son côté une machine coûteuse qui ne sera parfois utilisée que quelques jours ou quelques semaines dans l’année, plusieurs agriculteurs se regroupent pour investir et utiliser ce matériel en commun.

La Cuma est une coopérative gérée par les agriculteurs eux-mêmes. Elle permet notamment de mutualiser les investissements et de réduire les charges de mécanisation, mais aussi d’organiser collectivement l’utilisation du matériel.

Et en Bretagne, ce modèle occupe une place importante. Lors de l’accueil des jeunes à Guer, les représentants du réseau ont évoqué 605 Cuma et indiqué que près d’un agriculteur sur deux était engagé dans ce système.

Mais leur message était aussi que la Cuma ne se résume pas à partager un tracteur ou une ensileuse. « Au-delà du matériel, les Cuma sont surtout des collectifs », a-t-il été rappelé. Un collectif qui favorise l’entraide, les échanges de compétences et la coopération entre exploitants, tout en permettant de chercher ensemble des réponses aux défis économiques, sociaux et environnementaux de l’agriculture.

« Montrer qu’il est possible de s’installer sans être seul »

C’est précisément cette idée que la Fédération des Cuma veut désormais faire connaître avant même l’installation. Car lorsqu’un jeune reprend une exploitation, la tentation peut être forte de reprendre également tout le parc de machines de son prédécesseur ou d’investir rapidement dans son propre matériel. Avec, à la clé, des sommes parfois considérables qui viennent s’ajouter au foncier, aux bâtiments et aux autres investissements nécessaires.

« Montrer qu’il est possible de s’installer sans être seul. Sans forcément investir autour de tout son propre matériel et sans se retrouver immédiatement avec des charges trop importantes » : c’est l’un des messages adressés aux élèves. Pour les responsables du réseau, la Cuma peut ainsi constituer un « facilitateur de l’installation ».

Un responsable engagé depuis une vingtaine d’années dans le réseau résume également pourquoi MécaÉcoles intervient très en amont : attendre que le jeune soit engagé dans son parcours d’installation peut déjà être trop tard. L’idée est donc de lui faire découvrir le collectif pendant sa formation afin qu’il puisse intégrer cette possibilité à sa réflexion professionnelle.

Du CAP au BTS, parler aux agriculteurs de demain

C’est aussi ce qui explique la diversité des jeunes réunis à Guer. Des élèves de différents niveaux de formation, du CAP au bac professionnel et au BTS, ont pu rencontrer directement des professionnels et confronter les enseignements reçus en classe à des situations concrètes. Pour la Fédération des Cuma, l’enjeu est de présenter l’agriculture de groupe comme une possibilité parmi les différents modèles d’installation ou de salariat. La manifestation associe donc volontairement les démonstrations de machines aux échanges sur les coûts, l’organisation du travail et le fonctionnement du collectif. Le maire de Guer a lui aussi souligné l’intérêt d’accueillir plusieurs centaines de jeunes sur un territoire où l’agriculture conserve une place importante.

Et la journée a également permis d’aborder un autre sujet très concret : la taille croissante des machines agricoles. Un représentant de Groupama, lui-même agriculteur et ancien responsable de Cuma, a notamment évoqué les questions de poids, de sécurité et de circulation de matériels toujours plus imposants sur un réseau routier rural qui n’a pas forcément été conçu pour eux.

Mais les Cuma sont aussi confrontées à une réalité économique qui pourrait faire évoluer leur modèle. Face à la flambée des charges, du prix des matériels, du carburant, certains de leurs représentants se demandent si désormais plutôt que d’acheter le matériel, il ne serait pas plus opportun de le louer…

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