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Morbihan

Publié le 14 octobre 2026

Morbihan. Andouille de Guéméné : les sénateurs montent au créneau, la préfecture rassure

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Yves Bleunven (à droite) et Benoît Rivalan, président de la Maison de l’Andouille Rivalan-Quidu

Faut-il menacer un savoir-faire traditionnel quand une simple mention sur l’emballage pourrait informer le consommateur ? C’est la question posée ce jour par Yves Bleunven, sénateur du Morbihan, à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors des Questions d’actualité au Gouvernement. Il s’exprimait au nom de ses collègues, Simon Uzenat et Muriel Jourda.

Au cœur du problème : depuis 2016, les analyses françaises des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) prennent en compte la peau de l’andouille de Guémené, alors même qu’elle n’est pas destinée à être consommée. Cette pratique fragilise une production traditionnelle, fondée sur un fumage lent au bois de hêtre, et menace les emplois d’une entreprise familiale emblématique du territoire.

La solution défendue par le sénateur : informer plutôt qu’interdire. Yves Bleunven demande au Gouvernement d’abroger l’instruction imposant de mesurer les HAP avec la peau et de la remplacer par une mention d’information sur l’emballage. L’objectif : protéger la santé des consommateurs sans condamner des savoir-faire transmis de génération en génération.

Au-delà de l’andouille de Guémené, c’est aussi l’avenir de tout un patrimoine charcutier artisanal qui est en jeu estime Yves Bleunven dont les services soulignent que «Contrainte de multiplier des analyses de conformité coûteuses et de faire face à une incertitude persistante sur ses productions, l’entreprise morbihannaise productrice de l’andouille est passée de 19 à 15 salariés depuis la rentrée».

La vidéo et le communiqué d’Yves Bleunven :

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«Faut-il menacer un savoir-faire traditionnel quand une simple mention sur l’emballage pourrait informer le consommateur ? C’est la question posée ce jour par Yves Bleunven, sénateur du Morbihan (Union Centriste et Indépendants), à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors des Questions d’actualité au Gouvernement.

Le droit européen impose en effet de contrôler la teneur en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) des produits fumés. Or, depuis 2016, les analyses françaises effectuent ces mesures en prenant en compte la peau de l’andouille de Guémené, alors même qu’elle n’est pas destinée à être consommée.

« Nous avons comme d’habitude décidé de laver plus blanc que blanc et de faire une lecture plus stricte que nécessaire », a dénoncé le sénateur Yves Bleunven, qui appe le le Gouvernement à revoir cette pratique. D’autres pays, à l’instar de la Finlande et de la Suède, ont su défendre leurs produits fumés avec des garanties adaptées.

Cette approche traduit aussi une défiance injustifiée envers le consommateur. Pourquoi ne pas lui faire confiance en l’informant clairement ? À suivre cette logique, combien d’autres produits, présentant des risques bien plus importants, faudrait-il interdire ?

L’argument sanitaire doit également être apprécié à l’aune des quantités réellement consommées. Pour que l’exposition aux HAP devienne préoccupante, il faudrait pousser la consommation d’andouille à des niveaux difficilement imaginables, en en mangeant tous les jours, au petit-déjeuner comme au goûter ! Faut-il rée lement fragiliser tout un savoir-faire artisanal au nom d’un risque lié à une consommation théorique aussi excessive et irréaliste ?

Pour Yves Bleunven, l’enjeu dépasse largement le Morbihan. « Demain, ce sera peut-être la saucisse de Morteau ou le figatellu Corse : tout un patrimoine charcutier artisanal qui pourrait disparaître au profit de la standardisation », a-t-il alerté.

Yves Bleunven demande donc à la ministre d’abroger l’instruction imposant de mesurer les HAP avec la peau de l’andouille et de la remplacer par une mention d’information sur l’emballage, afin de concilier protection des consommateurs et sauvegarde du patrimoine gastronomique.

« Indiquer clairement que la peau n’est pas destinée à être consommée plutôt que d’interdire, c’est faire confiance aux Français. C’est bien cela, la liberté alimentaire », a défendu le sénateur. »

La préfecture assure qu’une solution est en vue

Ce mercredi après-midi, la préfecture du Morbihan a diffusé un communiqué rappelant qu’une seule entreprise est concernée et qu’une solution est sur le point d’être fiabilisée :

«L’andouille est l’un des plus anciens savoir-faire charcutiers de France. La famille dite « des andouilles de Guémené » se caractérise par des boyaux soigneusement choisis, fumés et cuits lentement, puis assemblés à la main en une spirale de lanières qui donne ces cercles concentriques très reconnaissables.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) se forment lors de la combustion du bois, notamment au cours du fumage. Des teneurs maximales s’appliquent depuis 2014 à tous les fabricants de produits fumés afin de protéger la santé humaine.

Dans le Morbihan, la production d’une seule société est concernée par le dépassement de ces seuils. Les services de l’État, notamment la direction départementale de la protection des populations, accompagnent l’entreprise concernée depuis 2016 pour qu’elle puisse, comme les autres fabricants d’andouilles de Guémené aujourd’hui, garantir un produit de tradition tout en préservant la santé humaine.

Pendant 10 ans, des améliorations notables ont été constatées au sein de cette andouillerie pour tendre vers un respect progressif des taux de HAP. Grâce à l’appui d’un institut technique agricole avec lequel l’entreprise travaille, un procédé de fabrication est en passe d’être fiabilisé pour garantir une parfaite qualité sanitaire de ses produits.»

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