Pays de Ploërmel. SCOT : notre entretien avec Patrick Le Diffon
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Publié le 20 mars 2026
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Depuis l’accident survenu lundi à l’usine Entremont, la station d’épuration du VOSA tourne en régime dégradé. Il lui faudra près de deux semaines pour absorber les 130 m³ de lait reçus brutalement.


Une odeur lactée un peu aigre flotte dans l’air de la station d’épuration du VOSA (Vallon d’Oust Syndicat d’Assainissement) ce jeudi matin. « C’est la preuve que nous sommes confrontés à un problème. Normalement, ici il n’y a jamais d’odeur », prévient Dominique Le Moins, le directeur du VOSA qui gère l’assainissement des communes de Malestroit, Saint Marcel et Missiriac. Ce problème est complètement indépendant de la station, mais il est la conséquence d’un accident industriel qui s’est déroulé lundi dernier à l’usine Entremont de Missiriac dont les effluents sont traités par la station d’épuration.
Pour rappel une cuve contenant du lait s’est renversée et son contenu s’est déversé pour partie -30 m3- dans la rivière l’Oust provoquant l’intervention massive des pompiers pour éviter une pollution. Le président de la société de pêche de Malestroit, Pierre Jan qui s’est rendu sur le terrain pour inspecté les rives en aval de l’usine dès le lendemain, nous indique ne pas avoir constaté de mortalité de poissons. Selon lui, il n’y aura pas d’impact sur la faune aquatique.
Mais le reste, c’est à dire environ 130 m3- est partie en direction de la station d’épuration. « On a reçu d’un seul coup 17 tonnes d’effluents alors que l’industriel a une autorisation pour 3,8 tonnes et que la station une capacité de traitement de 4,7 tonnes », relate Dominique Le Moing. A la station, le technicien détecte aussitôt l’anomalie et arrête les pompes. « Il n’était pas possible d’envoyer une telle quantité de matière organique dans le système au risque de provoquer une panne majeure de la station… », souligne Stéphane Guibert, le responsable local de Véolia, qui gère la station.
Heureusement la station dispose de deux gigantesques bassins de rétention inaugurés en 2014 qui ont pu absorber cette énorme quantité de lait. « Nous allons injecter progressivement ces effluents dans les bassins de traitement », expliquent les deux hommes en regardant l’étendue blanchâtre que brassent en des aérateurs poussés à plein régime. La manoeuvre est délicate car les bactéries qui permettent d’assainir les eaux usées sont en sur-régime. « On peut dire que c’est un travail manuel ». Les techniciens ont les yeux rivés sur leurs écrans informatiques sur lesquels arrivent les données collectées en temps réel à divers endroit de la chaine de traitement. Ils suivent attentivement l’évolution des courbes qui traduisent le bon fonctionnement de la station. Dès que le travail des bactéries ralenti il faut interrompre l’injection du lait et attendre qu’elles aient tout digéré. « Heureusement on bénéficie de circonstances favorables. L’usine Entremont est à l’arrêt technique et nous envoie seulement 6 à 700 kg par jour d’effluents contre 2000 en temps normal et puis le lait qui s’est déversé est demi-écrémé donc moins chargé en matière organique », tempère Dominique le Moing. Les équipes du VOSA, de Véolia et le président du syndicat Ludovic Boulo sont pourtant sur le pied de guerre avec une obsession en tête : tout faire pour maintenir la qualité du rejet dans l’Oust après traitement. « Normalement on effectue des contrôles tous les trois jours. En ce moment, c’est trois fois par jour », explique le directeur.
Le lait qui est arrivé accidentellement est stocké dans les bassins en pré-traitement, puis envoyé dans les bassins de traitement. Les boues sont séparées de la partie liquide pour être stockées. Pour l’instant grâce à l’engagement des techniciens l’eau qui repart de la station dans la rivière est toujours d’une qualité irréprochable, bien en deçà des limites réglementaires. Mais il va falloir deux semaines à la station pour « digérer » le surplus de matière qu’elle a reçue.
Cet accident, survenu, ironie du sort, le jour où le Vosa fêtait ses 45 ans d’existence, met la station d’épuration en sur-régime pour une période assez longue. Pour autant, Ludovic Boulo est formel : cela ne coûtera rien aux usagers.
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