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Environnement

Publié le 10 juin 2022

Environnement. Etude: les éoliennes devraient être implantées à plus de 200 m des haies

eoliennes (illustration)

Des chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO – Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université), en partenariat avec le bureau d’études Auddicé, on cherché à comprendre comment la distance de l’éolienne à des habitats favorables (ici, les haies) pouvait conditionner la réponse comportementale (attraction ou évitement) des chauves-souris. Cette équipe a évalué le niveau d’activité de ces dernières à partir d’enregistrements de leurs émissions ultrasonores sur des sites avec et sans éoliennes (65 paires) à différentes distances de haies. Elle publie aujourd’hui de nouveaux résultats dans la revue scientifique Journal of Applied Ecology.

Dans un communiqué, le museum national d’histoire naturelle explique que « cette étude prouve que la présence d’éoliennes à proximité immédiate d’habitats favorables tels que les haies (à 10-43 mètres) engendre une diminution très nette de l’utilisation de cet habitat de prédilection par les chauves-souris. Par ailleurs, des éoliennes situées plus loin des haies (43-100 m) peuvent contribuer à attirer certaines de ces espèces dont les Noctules, connues pour être particulièrement sensibles aux risques de collision. En d’autres termes, des éoliennes situées à moins de 100 m des haies peuvent causer une perte d’utilisation des habitats au niveau du site d’implantation et des risques accrus de collisions et donc de mortalité. 

Pas d’éoliennes à moins de 200 m d’une forêt ou d’une haie

Ces résultats soulignent, selon le MNHN « l’importance de placer les éoliennes à une distance suffisante des haies et des lisières boisées et corroborent les recommandations de la convention UNEP/EUROBATS qui préconisent d’éviter l’implantation d’éoliennes à moins de 200 mètres d’une lisière forestière ou d’une haie ».

Or, « cette recommandation n’est actuellement que très peu respectée », constatent les chercheurs. Selon cette étude, « en 2018, les 3/4 des éoliennes du Grand Ouest de la France installées depuis la publication de cette recommandation (2008) étaient situées à moins de 100 mètres d’une haie ou lisière forestière ». A travers cette étude, les auteurs estiment mettre ainsi en avant une solution pour mieux concilier transition énergétique et enjeux de conservation de la biodiversité.

Et pourtant, à Saint-Congard…

Les éoliennes ne présentent aucun danger significatif pour les chauve-souris. C’était un peu le constat fait à l’issue d’une étude qui avait été menée en 2020 sur le parc éolien de Saint-Congard. La société exploitante avait mis en place un dispositif permettant grâce à des capteurs de réguler la vitesse de rotation des éoliennes en fonction du vol des chauves-souris.

Un dispositif innovant que le préfet du Morbihan de l’époque Patrice Faure était venu se faire expliquer sur place, rappelant les objectifs ambitieux de l’Etat en matière d’implantation d’éoliennes. Le préfet avait alors même estimé que de tels dispositifs pouvaient être de nature à réduire l’acceptabilité des recours intentés contre ces projets. A noter que le parc éolien de Saint-Congard est entouré d’espaces boisés…

(Voir notre reportage et notre vidéo en cliquant ici)

Ce n’est pas tout à fait l’avis des scientifiques exprimé dans le communiqué du Muséum d’Histoire Naturelle où on peut lire que « dans le cadre actuel de transition énergétique, la programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de « doubler la capacité installée des énergies renouvelables électriques en 2028 par rapport à 2017 » : cette annonce soulève d’importants questionnements sur les conséquences d’une telle augmentation pour la biodiversité. En effet, il est maintenant largement documenté que les éoliennes peuvent engendrer des pertes d’utilisation des habitats par la faune, et être sources de mortalité par collisions directes ou par barotraumatismes (lésions tissulaires provoquées par un changement de pression) sur la faune volante. Ces cas de mortalité peuvent, chez certaines espèces de chauves-souris (notamment en Amérique du Nord), réduire drastiquement la taille des populations et augmenter le risque d’extinction de celles-ci. »

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