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Commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918

Publié le 9 novembre 2021

Campénéac. L’hommage d’une famille à Jean Perrichot, poilu de 14/18 (2)

Dossier Martine Gatti

Jean Perrichot

Depuis le 28 février 2012, le pays rend hommage à tous les morts pour la France de toutes les guerres, chaque 11 novembre…

Mais le 11 novembre demeure toujours l’anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale, en 1918!

Pour ne pas oublier les combattants de la Grande Guerre et pour rendre hommage à leur grand-père Jean Perrichot, né à Campénéac dans le village de Brambelay, le 3 février 1894, trois de ses petits-fils ont tenu à raconter ses 4 années de guerre en 14/18 !

Jean-Jacques Perrichot, Didier Perrichot et Jean-Pierre Delourme nous ont prêté le livret, dans lequel Jean Perrichot avait rédigé ses mémoires pour ses enfants et petits-enfants…

Afin d’apporter notre contribution au devoir de mémoire, Nous allons décliner en 3 épisodes cette histoire qui nous permet de revivre le quotidien de ces soldats de la « Grande guerre »…

Vous avez pu lire le 1er 

Voici aujourd’hui le 2è épisode de ce récit

Jean Perrichot est le premier, en partant de la gauche

1917 :    

L’hiver 1916-1917 est très rude avec de la neige du 5 janvier, jusqu’à la mi-février. Elle ne fond pas, car le sol et la neige demeurent gelés, en raison des très basses températures en Lorraine. Jean Perrichot dit : « Heureusement, nous sommes dans un petit bois et le jour nous nous procurons de quoi nous chauffer la nuit dans notre cagna. Avec des débris de tôles, nous avions aussi construit un petit four, car la viande, le pain et même le pinard nous arrivaient gelés. »

Fin mars, le régiment se dirige vers Montdidier, dans la Somme. Il parcourt 300 km en 10 jours, à pied et presque tous les jours sous la pluie. Jean raconte : « Nous couchions dans des granges, trempés jusqu’à la peau et beaucoup d’entre nous tombèrent malades. » Il n’était, pour autant, pas question de se faire évacuer, car le capitaine ne voulait pas se séparer de ses vieux poilus ». 
Fin avril, Jean Perrichot et ses camarades de combats prennent position à Saint-Hilaire en Champagne : « Toujours des échanges de pruneaux et des attaques. » Ils vont durer 3 mois infernales !
Début octobre, reparti en Meuse, le régiment se trouve au repos à Void-Vacon : « Le repos terminé, nous prenons position aux Eparges, puis au Four de Paris (près de Vienne-le-Château, à cheval entre la Marne et la Meuse), puis à Vauquois. Nous récoltons, là encore des gaz. Beaucoup, d’entre nous, ont été brûlés aux endroits sensibles. » Le gaz, cette arme chimique, pénètre là où il y a de la transpiration. Il prend aussi sur la peau, qui s’en va par morceaux dans d’atroces souffrances.


1918 :

En mars de cette année, Jean Perrichot est gazé une fois de plus à Vauquois : brûlé extérieurement, il a par chance, peu respiré le gaz moutarde.

Le 5 mai, pour la première fois, avec son régiment, il va combattre aux côtés des Américains, qui sont entrés en guerre. Ensemble, ils prennent position à Welles-Pérennes dans l’Oise et reprennent Cantigny dans la Somme. La bataille de Cantigny se déroule du 28 au 31 mai 1918. Elle est la première bataille américaine majeure de la grande guerre. Hélas, les Allemands ne renoncent pas et perdurent dans le lancement de gaz le 9 juin. Ils échouent, les jours suivants aussi… »

Début août, nous attaquons. » Le 10, c’est la reprise de Montdidier par le 225ème Régiment d’Infanterie. Le Génie réinstalle les ponts. « La guerre de tranchée est terminée pour nous et nous harcelons l’ennemi pendant 2 mois, enfin ! Nous avançons de 100 km, sans de grosses pertes, mais sans repos non plus… » Le moral remonte à bloc dans les troupes et la marche victorieuse continue son chemin. Les communes sont reprises, les unes après les autres : Faverolles ; Fécamp ; Popincourt ; Roye ; Guiscard ; Berlancourt. Même la ligne d’Hindenburg, pourtant réputée imprenable, est franchit le 9 octobre : Le 17 octobre, nous arrivons au canal de l’Oise. Nous sommes relevés le 24 et on embarque pour les Vosges, un secteur plus tranquille, à Breteuil ».


L’espoir grandit enfin dans les régiments, car une armistice est signée avec la Turquie le 21 octobre, puis avec l’Autriche le 4 novembre… »Oui, nous allons revoir notre terre natale. L’Allemagne capitule et signe l’armistice le 11 novembre à 11 heures. La joie des poilus est immense et indescriptible !  » écrit Jean Perrichot…

Demain : le retour du soldat à Campénéac…

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