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Oust à Brocéliande

Publié le 23 décembre 2020

Missiriac. Il y a 80 ans, Jacques Bonsergent était fusillé

Ce mercredi 23 décembre 2020, la maire de Missiriac Christelle Marcy la rendu hommage à Jacques Bonsergent, un enfant de la commune, fusillé il y a 80 ans. La cérémonie s’est déroulée en présence de Claude Dejammes président de la section UNC, des anciens combattants et porte-drapeaux, ainsi que de Tristan Leroy conservateur du musée de Saint-Marcel. Dépôt de gerbe et prises de paroles ont été observés en sa mémoire, devant la stèle érigée à son nom à côté du monument aux morts.

Né à Missiriac le 14 septembre 1912, Jacques Bonsergent fut le premier civil à avoir été fusillé à Paris, au début de l’occupation allemande le 23 décembre 1940, considéré comme le premier auteur d’un fait de résistance à Paris. Il avait 28 ans !

Retour sur l’histoire tragique de Jacques Bonsergent:
Jacques est le benjamin des 10 enfants de Gabrielle et Charles Bonsergent et vit au village de Foveno à Missiriac. Ses parents sont négociants en farine et céréales. Il reçoit une éducation morale et religieuse. Le père de famille meurt en 1921, alors que Jacques n’a que 9 ans. C’est son frère aîné Gabriel qui a, maintenant, la charge de la famille. Jacques fait ses études à Lorient puis à Angers où il décroche en 1930 un diplôme d’ingénieur à l’École nationale supérieure des Arts et Métiers. Mobilisé en 1939 durant la drôle de guerre, il est affecté à la Courneuve dans une fabrique de chaudières, avant d’être embauché dans une usine de métaux en Seine-Saint-Denis. Il est domicilié à ce moment-là dans le 5ème arrondissement de Paris, boulevard Magenta.
Le 10 novembre 1940, il revient d’un mariage avec des amis. Il est 21 h, près de la gare Saint-Lazare, quand le groupe marche dans l’obscurité et croise une patrouille allemande. Il y a bousculade et affrontement. Un soldat allemand reçoit un coup de poing. Tout le monde s’éparpille, mais Jacques Bonsergent, plus grand que les autres, est vite repéré, frappé à la tête et arrêté.
Conduit à l’hôtel Terminus, il est interrogé, questionné… Il refusera toujours de donner les noms de ses camarades. Il est transféré à la Prison du Cherche-Midi, cellule 175. Le lendemain de son arrestation, Paris assiste à la première manifestation contre les Allemands. 25 jours plus tard, la condamnation de Jacques Bonsergent servira d’exemple dans ce contexte de rébellion : Jacques est condamné à mort. La veille de son exécution, il est assisté par l’aumônier allemand des prisonniers de guerre : Franz Stock. L’abbé célèbre une messe et donne la communion à Jacques Bonsergent, qui lui confie son insigne des Gadzarts. Jacques Bonsergent est fusillé au fort de Vincennes le 23 décembre, sans obtenir la grâce présidentielle… Des affiches sont placardées sur les murs de la capitale et on peut lire : L’ingénieur Jacques Bonsergent a été condamné à mort par le tribunal militaire allemand pour acte de violence envers un membre de l’armée allemande.
A Missiriac, la stèle en l’honneur de Jacques Bonsergent avait été dévoilée, en présence de nombreuses personnalités et membres de sa famille, pour l’anniversaire de sa naissance le 14 septembre 2019 (lire en cliquant ici). Une rue, de la commune, porte également son nom !
Jacques Bonsergent repose au cimetière de Malestroit. En 2000, l’artiste André Monclus a sculpté son buste en bronze. Il trône depuis dans le hall de la mairie de Malestroit… Une station de métro et une place portent son nom boulevard Magenta à Paris.

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