COVID 19. Ploërmel-Loyat. Son salon à l’arrêt, la coiffeuse retourne à l’usine

“Quelle année, cette année 2020 !” Nathalie Chesneau, la propriétaire du salon de coiffure de Loyat, en aura vécu des événements, mais cette fois avec ce second confinement, la pilule est difficile à avaler, car la situation financière est de plus en plus compliquée. Certains coiffeurs et coiffeuses ont décidé de poser nus dans leur salon, pour se faire entendre, mais pour Nathalie, ce n’est pas son truc ! “J’ai choisi de retourner travailler en usine…”, avoue-t-elle, revenant sur l’enchainement des évènements qui l’ont conduit à cette solution paradoxale quand on est cheffe d’entreprise.
“Le jeudi 29 octobre, une sacrée journée ! Outre le stress de la nouvelle, nous avons répondu à la demande d’un maximum de personnes, qui accouraient au salon la veille du confinement. Sophie, mon employée, a travaillé de 9 h à 20 h pour satisfaire notre clientèle. Quant à moi, j’ai fermé le salon après 21h.”, se souvient-elle. Et puis le rideau du 2è confinement est tombé et avec lui celui de son salon.

Elle sait que le temps presse. “Bien-sûr, j’ai reçu des aides de l’État pour mon salon à 2 reprises : le fond de solidarité pour les mois de mars et avril, mais la somme couvrait à peine les charges. Ce n’est pas suffisant, et maintenant c’est à nouveau l’attente des faibles indemnisations ! Ma coiffeuse est en chômage partiel. C’est le salon qui avance son salaire et qui règle aussi le complément de sa perte de salaire… Il fallait faire quelque chose”

Alors, Nathalie contacte à nouveau l’agence d’intérim, qui lui avait permis de rejoindre l’entreprise Celluloses de Brocéliande à Ploërmel, lors du 1er confinement. Elle retrouve rapidement l’usine pour y travailler en poste : 5h – 13h ou 13h – 21h. L’entreprise ploërmelaise Celluloses de Brocéliande fabrique des couches pour bébé et des serviettes hygiéniques, pour le groupe Intermarché. Depuis septembre dernier, elle produit aussi des masques, écoulés jusqu’à 200 unités à la minute, grâce à ses 5 lignes modernes de productions : 3 pour les masques FFP2 et 2 pour les masques chirurgicaux. Il a fallu embaucher.

Nathalie fait partie des 60 recrues supplémentaires, venues compléter les 190 salariés du site. Elle est affectée au conditionnement sur l’une de ces 5 lignes. “Je vérifie les barrettes nasales et les élastiques des masques, avant qu’ils soient remisés dans des boîtes de 50. Au moins, pendant ce temps là, je suis occupée et je n’ai pas le temps de penser, de me demander comment cela va se passer avec le salon après le confinement”, soupire-t-elle. Car elle s’inquiète d’un avenir incertain. Quelques semaines avant le confinement, Nathalie avait fait appel à TF1 et à son émission SOS Villages, pour l’aider à vendre son bien. Là encore, rien ne bouge, puisque l’agence, qui a trouvé un éventuel acheteur, n’a pas l’autorisation de procéder à la visite du salon de coiffure… “Je me demande si je vais réussir à le vendre, comme je le souhaite”, murmure-t-elle.


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