Pays de Ploërmel. Ce déconfinement qui inquiète les soignants

Voila nous y sommes. Ce lundi 11 mai marque donc le début d’une nouvelle étape de l’épidémie de Coronavirus qui affecte la France depuis des semaines. L’heure du déconfinement est arrivé. Pour certains c’est le signal d’une liberté retrouvée, pour d’autres c’est le début d’une période périlleuse comme en atteste cet appel téléphonique que nous avons reçu jeudi en tout début d’après-midi. Un appel angoissé venant d’un proche d’un membre du personnel médical de Ploërmel. « Les gens ne se rendent pas compte de la situation. Je vois des foules qui se pressent aux portes des magasins. On dirait que les gens pensent qu’à Ploërmel on n’est pas concerné par l’épidémie, qu’il n’y a aucun cas de Covid-19. C’est faux. A l’hôpital, il y a des cas, il y a deux soignants qui sont infectés, et personne n’en parle… C’est une situation qui inquiète le personnel », nous expliquait cet interlocuteur, dénonçant une stratégie de communication du « tout va bien » qui alimente l’insouciance et le relâchement de la population face à l’épidémie.

L’actualité de ces dernières heures avec la découverte de deux foyers de contamination en Dordogne et dans la Vienne montre bien que la menace invisible du COVID-19 est pourtant bien réelle et omniprésente, même en zone verte. Et on comprend le désarroi de ces soignants de la première ligne. Une inquiétude du personnel soignant de l’hôpital de Ploërmel qui est bien réelle, nous a confirmé une autre source proche de ce milieu hospitalier, selon laquelle il y aurait « au moins trois soignants » infectés parmi le personnel, tout en reconnaissant que l’hôpital reçoit un nombre très limité de cas. Le fait qu’aucun dépistage n’est fait à Ploërmel -ils sont réalisé à Vannes- alimente selon ce dernier une certaine angoisse.

« La réalité, c’est qu’il y a seulement 5 cas de patients infectés et aucun en service de réanimation. Lundi je n’avais connaissance que de 2 cas de soignants infectés (ndlr: une infirmière et un aide-soignant). L’hôpital de Ploërmel est une structure annexe de l’hôpital de Vannes et n’est pas en première ligne, mais tout est prêt pour recevoir des malades d’une façon optimale en cas d’affluence. Je fais le point avec la direction de l’établissement tous les lundis et je peux attester que toutes les mesures de protection sont mises en place pour permettre au personnel de travailler dans les meilleures conditions possibles », explique de son côté Patrick Le Diffon, maire de Ploërmel et président du conseil de surveillance de l’hôpital. Il relativise l’inquiétude que peut ressentir le personnel. « Je comprends qu’il y ait une inquiétude. Les soignants sont en première ligne, ils sont directement exposés et du coup, ils ont une vision exacerbée de la situation. C’est normal que l’on ne parle pas tous les jours de l’hôpital de Ploërmel, car il n’est pas sur le front. Il n’y a pas d’explosion des cas. Je suis témoin du travail sérieux qui est fait par les soignants et du fait que tout se passe bien… », ajoute Patrick Le Diffon.

Quand au « relâchement » observé et dénoncé par notre interlocuteur, « il n’est pas pire qu’ailleurs en France », estime Patrick Le Diffon. « Cette ouverture progressive est indispensable et elle doit intégrer le respect des règles acquises. Je suis confiant, car j’ai pu constater comment de nombreux secteurs d’activités avaient bouleversé leurs habitudes de travail quasiment du jour au lendemain. J’ai vraiment le sentiment qu’il y a des réflexes nouveaux de comportement qui sont acquis par la population… », analyse le maire.

Dans quelques heures, nous entrons tous dans une nouvelle période pleine d’incertitudes. Surtout, restez prudents et prenez soin de vous et de vos proches en respectant les consignes et les gestes barrières qui accompagnent ce lent retour vers une vie presque normale…

 


'Pays de Ploërmel. Ce déconfinement qui inquiète les soignants' a 6 commentaires

  1. 10 mai 2020 @ 18 h 59 min berry

    Attention à ne pas tomber dans la dictature de la sécurité et de l’hygiène. Vivre, être heureux, accepter les riques de la vie, c’est le plus important. On peut aussi multiplier les exemples des victimes du confinement (enfants et femmes battus, chômage, faillites, senirs qui meurent de SOLITUDE : demandez-leur s’ils veulent encore passer 2 mois comme ça).
    D’un point de vue économique, notre système de santé public ne vit pas « par magie » : il faut des recettes pour payer les hôpitaux, les médecins, les infirmiers…. ça coûte TRES cher ( et c’est justifié) mais cet argent provient de l’ensemble des taxes et autres impôts quoditiens (IS, IR, TVA…) donc : il faut que la vie reprenne pour pouvoir encore sauver des vies !!!
    Autant mourir que de vivre enfermé pour l’éternité !

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  2. 10 mai 2020 @ 19 h 49 min Rolland

    Membre du personnel de l hôpital de Ploermel, je vous fais part de mon inquiétude et celles de mes collègues face à la fin du confinement. Ns avons l impression de ne pas être totalement protégée, mais nous sommes personnels hospitaliers donc on ne montre pas nos inquiétudes seulement à notre famille : notre peur face aux comportements du public qui ne respecte pas tous les précautions d usages. Surtout ne jouer pas avec cet ennemi invisible, porter un masque ds tous les lieux et respecter les gestes barrières. Prenez soin de vous et des aures

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    • 10 mai 2020 @ 20 h 58 min UBU

      Réponse à Rolland: Bravo à vous et bon courage , en lisant les propos de Berry on peut voir le chemin qu’il vous reste à faire pour éduquer et convaincre…..réservez lui une place en réa….au cas où car la covidiotie est toujours là et bien ancrée.

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      • 11 mai 2020 @ 8 h 15 min Berry

        Merci UBU… votre réflexion illustre parfaitement bien la peur semée par ce virus, comme je l’ai dit.
        N’en vous déplaise, la vie est une maladie mortelle. 25 000 morts en 3 mois. Rien d’incroyable.
        Dans une grande majorité de départements français, la mortalité, par rapport à 2019, sur cette période est même en baisse…
        Par contre, la crise qui s’annonce – sociale et économique – ce sont les actifs et les enfants qui vont la payer (chômage, dette, impôt…), pas les anciens. Elle fera des victimes qui ne seront pas comptés dans le bilan final…
        Sans vouloir opposer les générations, il faut savoir regarder la réalité en face (ce que vous semblez refuser). La covid n’a réellement touché que deux ou trois régions françaises… mais parmi ces régions : l’Ile de France : Alors bien sûr, le travail de nos médias parisiens a fait un « effet loupe » qui a propagé la peur dans tout le pays.
        Pour la place en réa, je vous la laisse : le covid touche gravement une infime partie de la population : des personnes de plus de 80 ans… et/ou fragiles. Bref, comme toutes les maladies.
        La pollution atomosphérique tue des millions de terriens chaque année : on se confine ?
        L’alcool et le tabac tue des millions de personnes chaque année : est-ce interdit ?

        L’ONU annonce que les pays pauvres vont connaître des mois/années critiques après ce virus… pour raison économique : bref, on a sauvé quelques riches pour condamner des millions de pauvres (mais ces derniers seront invisibles dans votre TV, vous pourrez dormir tranquille)… comme d’hab’

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  3. 11 mai 2020 @ 1 h 16 min somotipep56140

    Ce déconfinement va être d’une complexité à toute épreuve à gérer et quand on voit l’attitude des gens lors du marché de Ploërmel vendredi dernier, votre (notre) anxiété est légitime !!! Je suis un peu choqué de l’attitude de mr le maire qui nous dit que tout est géré quand j’ai pu constater le laxisme de la police municipale présente sur les lieux et qui était plus occupée à discuter qu’à faire respecter les gestes barrières, le sens unique du marché ou le contrôle à l’entrée ! Le message de nos élus devrait être beaucoup plus ferme afin de rappeler que si nous ne faisons pas ce qu’il faut (et je ne parle pas des commerçants, dont je fais partie) nous allons droit vers une 2ème vague, alors pensons au personnel hospitalier qui est en 1ère ligne et veillons à (faire) respecter chacun les gestes barrières !

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  4. 15 mai 2020 @ 13 h 43 min Cancouet michel

    Premier marché d’après deconfinement ce matin à Ploermel. Bizarre, plus de gel à l’entrée,plus de sens unique de circulation, pas d’obligation de port du masque. Je pensais au contraire que ces gestes simples avaient un sens au moment de la sortie du confinement…ou alors je n’ai rien compris?

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