Saint-Marcel. Amis du Musée: le blues des bénévoles

Les bénévoles qui se dépensent sans compter pour remettre en valeur les anciens véhicules militaires qui seront exposés au musée de la résistance de Saint-Marcel après sa réouverture en 2021 ont le blues. Samedi matin, les amis du musée de la résistance ont organisé une opération inédite, grâce au soutien et à l’autorisation exceptionnelle donnée par Tristan Leroy, le conservateur du musée. Ils ont entr’ouvert les portes de l’atelier dans lequel sont entreposés ces véhicules chargés d’histoire. Ils ont tous l’apparence de leur âge, c’est à dire plus ou moins défraichie. Certains ont besoin de pièces détachées, d’autres d’un coup de sablage et de peinture pour retrouver leur aspect d’origine. Mais cela ne serait pas possible sans main-d’oeuvre. Si les travaux de remise en valeur étaient confiés à un professionnel, ils coûteraient une fortune à l’OBC.

Mais ces travaux, ce sont des bénévoles qui s’en chargent, gratuitement, sans compter leurs heures. Certes, ce sont des passionnés, mais ils vivent assez mal le sentiment d’être un peu oubliés de la communauté de communes qui finance les travaux. Chaque dépense doit suivre une longue procédure administrative dans les couloirs de l’OBC avec l’impression de faire l’aumône…

Alors, les bénévoles en ont un peu marre d’être considérés un peu comme des fardeaux par la collectivité, alors qu’ils ont la conviction de s’investir au service de la mémoire collective de tout un territoire. Cerise sur le gâteau, samedi matin, aucun représentant de l’OBC n’est venu visiter leur atelier extraordinaire. Yves Josse, le maire de Beignon et vice-président de l’OBC en charge de la culture qui participait à une réunion du conseil de développement à Saint-Abraham à quelques kilomètres de là, aurait sans doute été bien inspiré de faire un petit détour par Saint-Marcel.

Du coup, ce sont les élus de Saint-Marcel, bien présents, qui ont été chargés de transmettre la grogne des bénévoles des Amis du musée. « En fait, ce qui manque, c’est quelqu’un qui soit chargé de faire le lien entre la communauté de communes et les bénévoles… », analysent Yannick Thibault et Jacques Mainguy qui, aux côtés du maire, Marie-Hervé Jeffroy sont bien conscients du rôle central que jouent ces bénévoles autour du devoir de mémoire. A Saint-Marcel, commune marquée dans sa chair par les terribles combats du maquis, c’est toute une population qui est mobilisée derrière ces derniers. Les habitants certes mais aussi le tissu économique comme l’entreprise Charier qui parmi d’autres apporte sa pierre à l’édifice en mettant un local à la disposition du Musée pour entreposer ces véhicules qui viennent enrichir ses collections.

Sur un panneau, les Amis du musée avaient retracé les différentes étapes de la « remise en valeur » -c’est le terme consacré- d’un de ces véhicules. Il faut imaginer que chacun d’entre eux doit être démonté presque pièce par pièce puis reconstitué à l’identique -c’est une condition sine qua non- de ce qu’il était à l’époque, avec toute la problématique de retrouver les pièces détachées qui doivent être changées. Les mécaniciens bénévoles assurent avec abnégation ces travaux de titan. « Sur ces véhiucles, tout est lourd, très lourd. Impossible de manipuler une roue sans être deux… », explique l’un d’eux.

Mais le travail avance. deux véhicules sont quasiment terminé et les autres devraient l’être dans les tous prochains mois… L’après-midi l »association des Amis du musée de la résistance tenait son assemblée générale annuelle. Nous y reviendrons.


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