Guer. Au coeur de l’exercice « 2.0 » des élèves de Coëtquidan

La guerre moderne n’a plus grand chose à voir avec les conflits d’antan. Les techniques, les stratégies, les enjeux, les ennemis… tout change très vite. Le soldat d’aujourd’hui et de demain doit savoir évoluer sur un champ de bataille intégrant de nouvelles inconnues, très complexes à maitriser. Les attaques terroristes qui projettent des adversaires déterminés au coeur des villes rebattent les cartes. Comment déployer une réplique militaire dans un univers peuplé de civils?

Cette problématique, les écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan l’intègrent dans la formation qu’elles dispensent à ceux qui demain commanderont les forces militaires de l’Armée de Terre. Le soldat du futur doit savoir comment se fondre dans ces zones urbaines, y trouver de nouveaux repères, contacter et travailler avec les élus locaux, les responsables administratifs, les services de sécurité classiques (gendarmerie, police municipale ou nationale, sapeurs-pompiers). Rien de tel pour se préparer à une telle situation que de la tester en conditions réelles. C’est l’objectif d’un exercice inédit construit par les écoles de Coëtquidan en cette fin janvier.

Des élèves officiers de Coëtquidan sont donc sortis de leur camp pour aller mener des exercices sur le terrain aux alentours des communes de Guer, Beignon et Augan. L’annonce de cet exercice hors normes a donné lieu à une certaine confusion. Non, il ne s’agissait pas d’un exercice Sentinelle et non, il n’y pas de scènes de combats dans les villes. Cet aspect pratique a été réservé à l’intérieur du camp de Saint-Cyr qui disposent des équipements adaptés.

Dans sa partie civile, l’exercice consistait surtout à une prise de contact avec les interlocuteurs locaux, à quelques patrouilles, à des repérages et à la mise en place de postes de commandement dans des lieux insolites. C’est ainsi qu’on a pu voir un campement militaire se construire près du gymnase Saint-Gurval à Guer. Cette stratégie de l’immersion dans la population fait partie du savoir-faire militaire français, celui que les américains appellent « la french touch », mais qui avait été un peu délaissée. Les formateurs des écoles veulent relancer cette expertise qui colle si bien aux contextes des conflits modernes.

Chef du service communication des écoles de Coëtquidan, le lieutenant-colonel Franck a organisé, mercredi à Guer, une conférence de presse en compagnie du lieutenant-colonel Cyrille, commandant le 2ème bataillon de Saint- Cyr, concepteur et directeur de l’exercice pour dissiper les malentendus qui subsistent parmi la population sur la nature de cet entrainement.

L’occasion de découvrir les coulisses d’un exercice qui est une première et qui met aussi des oeuvres des technologies d’avant-garde. Car si l’environnement du soldat moderne change, son équipement s’adapte aussi à l’évolution technologique. C’est le cas du système de communication cryptée et hyper-réactif sur téléphone portable Auxylium développé après l’attentat du Bataclan à partir d’une idée d’un élève de l’EMIA (une des composantes des écoles de Coëtquidan). C’est aussi le cas de l’équipement Félin qui rend le soldat plus mobile, plus performant. C’est encore le cas des nouveaux véhicules Masstech qui viennent tout juste d’être livrés à certaines unités opérationnelles.

Des équipements que les élèves officiers de Coëtquidan ont eu la chance de pouvoir découvrir en avant-première grâce à la participation à leur exercice d’une compagnie du 1er Régiment de chasseurs parachutistes. Ces soldats aguerris, rompus à l’utilisation de ces outils modernes, sont venus tout spécialement de Pamiers dans l’Ariège, histoire de rendre cette opération encore plus réaliste et de plonger les futurs officiers dans ce qui est aujourd’hui l’Armée de Terre « 2.0 ».

Découvrez en vidéo les coulisses de cet exercice et les nouvelles technologies du soldat « 2.0 »:


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