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Ploërmel Communauté

Publié le 5 avril 2018

Val d’Oust. Crématorium: un projet à l’agonie?

Le retrait de la commune du Val d’Oust de la société d’économie mixte, créée pour gérer le crématorium de La Chapelle-Caro (SEM EFVO), décidé mercredi soir par le conseil municipal, est le début d’un processus qui débouchera sur la dissolution de cette SEM. Une issue inéluctable puisque cette dissolution est demandée -pour ne pas dire exigée- par le préfet. Mercredi soir, l’examen de cette question a été l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce dossier « sensible ». Vous pouvez d’ailleurs réécouter ces débats dans notre vidéo (ci-desssous, à partir de 2h 08).

Comme nous l’avions indiqué dans un précédent article, c’est la préfecture qui a décelé des anomalies, qui seraient même des irrégularités pouvant avoir des suites pénales. C’est ce qui ressort des explications fournies, mercredi soir, par la vice-présidente de la SEM récemment nommée à ce poste et qui a découvert le 10 mars dernier seulement la situation de la SEM (voir vidéo). Même s’il se déclare « prêt à assumer ses responsabilités », Michel Guégan rejette la responsabilité de ce problème sur le président de la SEM de l’époque. Mais plusieurs voix se sont élevées, mercredi soir, pour pointer du doigt la responsabilité de Michel Guégan.

De gros nuages noirs assombrissent désormais l’horizon du crématorium. Car la dissolution de la SEM ne résout pas tout. Cette Société est constituée à l’origine de 4 collectivités (Malestroit, Bohal, la Chapelle Caro et Quily, ces deux communes ayant été remplacées par le Val d’Oust) et de 56 particuliers. Or, la SEM a dépensé de l’argent depuis sa création avec notamment l’embauche d’un salarié. On comprend aisément que les actionnaires ne retrouveront donc pas leur mise au moment de la dissolution. Et ça, visiblement, plusieurs d’entres eux ne l’entendent pas de cette oreille puisque au moment de la création de la SEM, ils avaient eu la promesse qu’ils ne perdraient pas un centime. Et certains d’entres eux ont annoncé lors de l’assemblée générale qui s’est tenue il y a quelques jours, leur intention d’engager des procédures judiciaires…

Ca, c’est pour le volet Société d’économie mixte. Mais ce n’est pas le seul problème auquel se heurte le projet de crématorium sur le territoire du Val d’Oust, puisque le préfet, s’appuyant sur un avis du pays de Ploërmel a rejeté le choix du terrain pressenti pour la construction de cette structure. Dans une lettre datée du 6 mars dernier, dont nous avons eu connaissance, le préfet explique que « au regard des éléments du SCOT du pays de Ploërmel-Coeur de Bretagne arrêté le 20 décembre 2017 indiquant que l’implantation des équipements principaux et des futurs équipements supra-communaux devront respecter en priorité l’armature territoriale et ses localisations stratégiques et seront prévus dans les polarités principales, c’est à dire le pole structurant de Ploërmel ou les pôles d’équilibre de Josselin, La Gacilly, Guer, Malestroit ou Mauron, j’émets un avis défavorable à la dérogation sollicitée…/… l’implantation proposée pour le crématorium ne correspondant pas aux orientations du projet de territoire porté par le SCOT arrêté« . Voila en tous cas qui permet de comprendre que les avis formulés actuellement par les communes sur le SCOT ne sont vraiment uniquement que consultatives.

Mercredi soir, Michel Guégan a rappelé que le territoire avait besoin d’un crématorium, avançant la possibilité de relancer le projet en confiant sa gestion à une Délégation de service publique. Mais compte-tenu du contexte on comprend bien que la création d’un crématorium au Val d’Oust parait bien peu probable mais par contre qu’il est vraisemblable qu’il verra le jour à… Ploërmel!

 

3 commentaires "Val d’Oust. Crématorium: un projet à l’agonie?"

  1. Le lieu de crémation comme le lieu de sépulture d’un défunt est censé inviter au recueillement des familles et amis. Une zone artisanale choisie pour édifier un crématorium quelle tristesse !
    Répondant au développement de la crémation, il semble à la réflexion que ce projet prendrait une autre dimension si on le replaçait dans une perspective historique. En effet, nos ancêtres – même très lointains -, conscients de l’importance des rites funéraires, avaient accordé à la situation des sépultures, une place choisie pour l’inhumation ou la crémation.
    Une vaste et haute lande s’étendant de Saint-Servant jusqu’à Sérent en passant par Lizio possède, elle, une antériorité qui pourrait légitimer l’implantation de ce crématorium.
    La crémation des morts, avant d’être supplantée par le rite de l’inhumation vers les 2ème ou 3ème siècle de notre ère, a été pratiquée durant près d’un millénaire sur notre territoire.
    A l’age du fer, au temps du peuple gaulois des Vénètes, les crêtes des landes de Lanvaux devinrent des lieux de sépultures par incinération importants dont la lande de Meslan courant sur Lizio et Saint-Servant fait partie. A la fin du XIXème siècle, les archéologues y dénombrent encore plus d’une centaine de tombelles.
    Ces sépultures groupées, peu spectaculaires et donc très vulnérables, se présentent sous la forme d’un petit tumulus de quelques dizaines de cm à 1 m de haut et de 1 à 5 m de diamètre environ. Elles jouxtent parfois un lieu dédié à la crémation et sont proches des lieux de vie du peuple Vénète. Ces monticules de pierres recouvrent les cendres du défunt disposées sur le sol naturel, parfois protégées de pierres plates ou encore dans une urne en poterie. De trésor : aucun. Quelques tombelles répertoriées et surveillées sont encore visibles. Certaines en grand danger de disparaître sous les roues des vététistes.
    Le toponyme même de Meslan – médio-lanno désigne un lieu consacré, un sanctuaire central, important – nous précise que cette nécropole était bien située sur un haut lieu en relation avec les croyances et rites des populations de cette période.
    En conclusion, répétons que la crémation d’un être cher dans une zone artisanale n’invite guère au recueillement et manque pour le moins de symbolisme. Au contraire un lieu chargé d’histoire comme le site de Meslan, nous relierait à notre passé. Mêler nos cendres à celles des hommes qui ont défriché et labouré nos terres, exploité l’étain, engendré des générations nouvelles serait un geste ayant du sens.

    1. Bonsoir
      Merci RPL pour ce commentaire qui nous fait recouvrer l’histoire.
      Celui ci me renvoie au communiqué de Mme Anne-Marie Robic à propos de ce chemin en voie de déclassement par la Mairie de St Abraham. Elle citait notamment deux petites tombelles et des débris d’un dolmen ainsi qu’une urne cinéraire.

      Mais sur ce projet il semblerait que nous soyons bien loin de tous ces considérations.
      Aujourd’hui, malfaçons dans le montage, investisseurs privés lésés, plaintes (?), possible prévarication (?) et premières manifestations concrètes du SCOT voici qui -hélas- nous éloigne du sens et du symbolisme.

    2. Merci à vous RPL,
      VTTiste passionné, j’ai lu avec interêt votre post,
      Amoureux de la nature, j’aime aller rouler près des mégalithes qui parsèment nos campagnes,
      J’ai pris conscience que nos pérégrinations pouvaient avoir des effets dévastateurs sur Notre Histoire,
      Pouvez vous nous conseiller un ouvrage sur ces tombelles, un article, site internet ?

      Je termine par vous dire que je suis d’accord avec votre analyse,
      Cordialement

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