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Publié le 13 mars 2015

Malestroit. Ce qu’il faut savoir sur les frelons asiatiques

M. Emeraud de la FDGDON en compagnie de Alain Brogard et du maire, Bruno Gicquello
M. Emeraud de la FDGDON en compagnie de Alain Brogard et du maire, Bruno Gicquello

Selon une estimation récente, le nombre de nids de frelons asiatiques présents dans le Morbihan pourrait avoisiner 1500 en 2014. Un chiffre à mettre en regard du nombre recensé en 2013 : 235 et en 2012 : 63… Cette évolution donne une idée de l’ampleur du phénomène auquel la France est confrontée avec l’apparition de cet insecte invasif et sans prédateur détecté pour la première fois il y a une dizaine d’années. On sait que l’un des problèmes majeurs qu’il pose est le fait qu’il se nourrit en grande partie des abeilles, mettant en péril l’équilibre de notre environnement. Les abeilles, comme d’autres insectes sont indispensables pour assurer la polinisation des végétaux dont les légumes ou les arbres fruitiers. Leur disparition, voire même seulement leur affaiblissement serait catastrophique.

Le département du Morbihan a décidé de s’engager dans une opération de piégeage sélectif à laquelle l’ensemble de la population est invitée à participer en posant des pièges pour capturer les reines fondatrices avant qu’elles ne reconstituent de nouveaux nids.

Les scientifiques divisés sur le piégeage

C’est une technique sur laquelle on n’a pas de recul et qui doit être abordée avec prudence. Si le piégeage est présenté par certains comme la solution susceptible de freiner l’expansion du frelon asiatique, elle est contestée par certains spécialistes, notamment du Muséum national d’histoire naturelle. Selon ces derniers, les pièges « sélectifs » (c’est à dire qui permettent de ne pas détruire d’autres insectes) n’existe pas et même si certains insectes réussissent à en sortir, leur survie est compromise par leur passage dans ce piège. Or, toujours selon ces experts les atteintes aux autres insectes peuvent profiter au frelon asiatique. Enfin, ces derniers expliquent que c’est au printemps que la mortalité des reines est la plus importante en raison de la compétition entre elles. La réduction artificielle du nombre de reines pourrait donc avoir un effet inverse à celui recherché en limitant cette sélection naturelle.

J. G.

Le FDGDON (fédération départementale des groupements de défenses contre les organismes nuisibles) est chargé d’organiser la lutte contre le frelon asiatique. Ses représentants participent à des réunions d’information pour expliquer notamment comment piéger les frelons et fabriquer ces fameux pièges sélectifs. Il y en a eu, à Saint-Abraham, à Questembert, à Sérent.

jeudi soir, Patrice Emeraud, technicien du FDGDON est venu à Malestroit à la rencontre du public, assez peu nombreux d’ailleurs. Il a d’abord rappelé quelques caractéristiques du frelon asiatique. Avec d’abord cet avertissement : le frelon aisatique est désormais bien installé en France et il faudra vivre avec…

Le cycle de vie et de reproduction. Patrice Emeraud à retracer le cycle de vie du frelon asiatique. Les reines construisent des nids primaires l’hiver à l’abri (sous un toit, un appenti…). La Reine est seul et sa première ponte donne naissance à des ouvrières. Courant juin, elles construisent un  nid secondaire dans lequel elles donnent naissance à de futures reines. Du 15 août au 15 octobre ces nids peuvent contenir entre 5 et 6000 individus. De 2 à 400 d’entres elles seront fécondées et vont quitter les nids. Il y a alors une très forte mortalité jusqu’au printemps et seules quelques reines surviront. Un nid peut donc entrainer la création de 5 à 6 autres nids. Mais c’est un coefficient multiplicateur très important.

L’alimentation des frelons asiatiques. Au printemps et à l’automne, les frelons cherchent des aliments plutôt sucrés. De juin à l’automne, il adopte un régime carnassier car il a besoin de protéines pour nourrir le nid. C’est à de moment-là qu’il attaque les abeilles dont il prélève le thorax, très riche en protéine. Les abeilles constituent la moitié de son alimentation.

Les risques

Pour l’homme. les frelons asiatiques ne seraient pas plus dangereux pour l’homme que le frelon européen. ATTENTION, toutefois. Une idée très répandue veut que les frelons asiatiques construisent des nids très haut dans les arbres. Ce n’est que partiellement vrai. « On en trouve dans des haires, dans des troncs d’arbres creux, dans des niches à chiens… », précise Patrice Emeraud. Dans ce cas la destruction par inadvertance d’un de ces nids peut entrainer une attaque aux conséquences très graves.

Pour les abeilles. Elles commencent à organiser leur défense en s’agglutinant autour du prédateur qui meurt étouffé. Mais cette adaptation est surtout observée dans le sud-ouest où le frelon asiatique est présent depuis une dizaine d’années. Il semblerait que l’abeille noire qui est l’espèce originaire de Bretagne -elle avait été délaissée au profit d’espèces plus dociles- se défende mieux. Mais les attaques des frelons les stressent et les fragilisent.

La destruction des nids. Elle prend plusieurs formes. La destruction des nids soit être confiée à des professionnels agrées par le FDGDON . En 2015, le conseil général a décidé de prendre en charge 50 % du coût de destruction d’un nid.

Comment réussir le piégeage

Il doit être sélectif pour éviter de détruire d’autres insectes tels que les syrphes ou les chrysopes. Il doit être mis en place de la mi-mars jusqu’à fin avril-début mai. Il faut surtout retirer les pièges à cette époque pour éviter de détruire les faune utile.

Les pièges peuvent être achetés tous prêts. Vous pouvez les fabriquer en coupant le haut d’une bouteille en plastique. Vous retournez la partie du goulot à l’envers dans la bouteille. Prévoyez un « couvercle » pour éviter que la pluie de le remplisse. Pour permettre aux insectes utiles de s’échapper il faut percer le pourtour du haut de la bouteille d’une quinzaine de trous de 5 mm de diamètre, à l’aide d’une pointe métallique chauffée. 

Ne pas oublier de mettre dans le fond de la bouteille un morceau de mousse ou un caillou qui évitera aux insectes la noyade. Remplissez le fond d’un mélange composé d’un tiers de bière, d’un tiers de vin blanc et d’un tiers de sirop de grenadine ou fraise. La présence du vin blanc permet de repousser les abeilles qui ne se feront pas prendre.

Posez les pièges près des composteurs ou des arbres à fleurs, mais aussi autour d’un ancien nid s’il y en avait un.

Pour tous renseignements : FDGDON Morbihan : tel 02.97.69.28.70.

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Un piège que l'on peut acheter tout fait
Un piège que l’on peut acheter tout fait
des exemples de pièges fabriqués par soi-même
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L'assistance
L’assistance
L'assistance
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Un caillou au fond pour éviter la noyade des insectes utiles
Un caillou au fond pour éviter la noyade des insectes utiles
Un auditoire passionné
Un auditoire passionné
Un piège sélectif c'est ça
Un piège sélectif c’est ça

 

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