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Publié le 21 août 2026
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En déplacement à Vannes ce vendredi 21 août pour poser la première pierre du futur établissement pénitentiaire, le ministre de la Justice Gérald Darmanin doit rencontrer dans l’après-midi des victimes de Joël Le Scouarnec. Interrogé par la presse sur cette rencontre et sur les attentes des victimes, le garde des Sceaux a détaillé plusieurs évolutions qu’il souhaite porter, notamment l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des enfants et un durcissement des peines lorsque les viols sont commis en série.
« D’abord, je vais les écouter. » Gérald Darmanin a insisté sur le sens qu’il entend donner à sa rencontre avec des victimes de Joël Le Scouarnec, l’ex-chirurgien condamné pour des viols et agressions sexuelles commis sur de très nombreux patients, notamment des enfants.
« Je vais prendre le temps, cet après-midi, de les entendre, de les écouter », a expliqué le ministre devant la presse à Vannes. Mais Gérald Darmanin a également profité de cet échange pour répondre à certaines des revendications portées par les victimes.
La première concerne l’imprescriptibilité des crimes commis sur des enfants. Sur ce point, le garde des Sceaux s’est montré catégorique : « Je suis favorable comme eux à l’imprescriptibilité des crimes contre les enfants et singulièrement les crimes sexuels. »
Une évolution qu’il indique porter désormais dans le débat parlementaire. Le ministre souhaite également que la justice puisse prononcer des peines plus lourdes lorsque les crimes sexuels ont été commis sur de nombreuses victimes. Il a notamment pris l’exemple de l’affaire Le Scouarnec pour défendre cette évolution.
Selon lui, le système actuel ne prend pas suffisamment en compte la « sérialité » des faits dans le niveau maximal de la peine encourue. « Quand on a violé autant de personnes, d’enfants, de petits-enfants, on ne peut pas se contenter d’une certaine durée de peine », a-t-il estimé.
Gérald Darmanin se dit ainsi favorable à ce que la multiplicité des viols et des victimes puisse constituer un élément permettant d’augmenter la peine maximale encourue.
L’autre sujet longuement développé par le ministre concerne l’accompagnement des victimes. Une question particulièrement sensible dans l’affaire Le Scouarnec compte tenu des traumatismes subis et de la façon dont certaines victimes ont découvert, parfois des années plus tard, ce qui leur était arrivé.
Gérald Darmanin reconnaît la violence particulière de cette situation : certaines personnes ont appris qu’elles avaient été victimes à la suite du travail des enquêteurs et de la découverte des archives conservées par l’ancien chirurgien. Et de nouvelles investigations sont encore susceptibles de faire apparaître d’autres victimes.
Le ministre souhaite plus largement faire évoluer leur place au sein de l’institution judiciaire. « On ne met pas la victime au centre du procès pénal, on ne met pas la victime au centre de l’accompagnement des services publics », a-t-il estimé.
Il évoque notamment la nécessité de mieux informer les victimes sur l’évolution des procédures et défend une transformation de l’organisation de son ministère autour de cette question.
Gérald Darmanin est également revenu sur la longueur et la complexité des investigations dans l’affaire Le Scouarnec. Il souligne la difficulté de concilier deux impératifs : conduire suffisamment rapidement une instruction afin qu’un procès puisse avoir lieu, tout en poursuivant les investigations lorsque de nouvelles victimes sont découvertes.
Le ministre décrit une affaire « tout à fait hors normes », notamment en raison des carnets et fichiers dans lesquels Joël Le Scouarnec consignait ses actes.
Il a par ailleurs reconnu l’existence de difficultés en matière de moyens. Policiers et gendarmes spécialisés, magistrats et greffiers, mais également psychologues, médecins légistes et experts sont concernés. « Il y a aussi des manques du côté du ministère de la Justice, absolument incontestables », a-t-il déclaré.
Gérald Darmanin estime qu’il faut désormais examiner ces dysfonctionnements et renforcer les moyens consacrés aux enquêtes concernant les violences sexuelles faites aux enfants.
La rencontre prévue ce vendredi après-midi avec les victimes de Joël Le Scouarnec devrait donc permettre au ministre d’entendre directement leurs attentes. Une rencontre qui intervient alors qu’un nouveau volet judiciaire de cette affaire tentaculaire est toujours en cours.
Retrouvez dans notre vidéo l’intégralité des réponses de Gérald Darmanin aux questions de la presse.
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